Portrait : André Désiré Loutsono Kinzéguélé : «Moi, la photo me nourrit»

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ANDRE DESIRE LOUTSONO KINZEGUELE

La cinquantaine révolue et père de famille, André Désiré Loutsono Kinzenguélé est un passionné de la photo qui ne passe plus inaperçu dans la ville de Brazzaville. Il est reconnaissable par son appareil photographique en bandoulière, toujours présent dans le hall de l’Institut français du Congo et autres lieux événementiels.

«La photo est pour moi une passion qui est partie de mon oncle, photographe de son état, Edouard Biantouma, qui travaillait à l’Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique (INRAP)», a-t-il confié. Il affirme avoir suivi ses traces.

Au début de cette passion, Kinzenguélé a commencé son travail par la photo commerciale avant de migrer vers l’événementiel. C’est à travers Nicolas Bissi du Rocado-Zulu de Sony Labou Tansi, qu’il est entré dans la photo d’art et conséquemment, dans le monde de la culture. Il y faisait la photo en couleur et du Noir et blanc.

Forgé par trois stages de formation

Dans ce domaine qu’il a adopté comme profession, Kinzéguélé a bénéficié de trois stages de formation à Brazzaville et à Pointe-Noire. Il a été formé par trois grands formateurs, le français David Damason, l’espagnol Hector Sabatique et la finlandaise Morrea.

Ces stages étaient financés par l’Union européenne pour le compte du Projet d’Appui aux Arts Plastiques (PSAP) en collaboration avec l’association Nouvel’Art. «Ce sont ces stages qui m’ont propulsé», reconnaît-il avant d’ajouter que c’est à l’issue de ces stages qu’il est devenu archiviste de l’art.

Il indique qu’il possède dans sa photothèque plusieurs photos de plusieurs artistes congolais et d’ailleurs qui sont passés par Brazzaville. Et c’est également de ces moments que lui est venue l’idée de mettre sur pied le Collectif Elili qui fait aujourd’hui le bonheur des photographes congolais.

Le collectif Elili compte aujourd’hui 23 membres

Le Collectif Elili, c’est au départ des retrouvailles entre les cinq photographes ayant participé aux différents stages avec lui. Ce collectif a pour objectif, la promotion de la photographie contemporaine au Congo. Baudoin Mouanda en est à ce jour le grand maître. Il fait donc la fierté du Congo.

Pour lui, il ne s’agit pas d’oublier des jeunes talentueux comme Armel Louzala, François Ntolo, Francis Nkodia, Romaric Bakoua et Eloge Samba. A la naissance, le collectif ne comptait que cinq membres et est passé à 23 membres au fil des années. Le Collectif Elili a organisé beaucoup d’activités et selon Kinzenguélé, c’est une manière de maintenir le cap de la photographie congolaise et africaine.

Le collectif Elili est actif. Il a déjà organisé des expositions dans les villes de Brazzaville et Pointe-Noire. Le vernissage de l’exposition mobile avait eu lieu à l’Institut français du Congo et avait duré une quinzaine de jours. Elle avait traversé les arrondissements de Brazzaville et de Pointe-Noire. Le Collectif a également organisé des expositions hors des frontières nationales. Bamako au Mali a été une de leurs destinations où ils ont fait une exposition sur le thème, «Mémoires et fragments». Il salue pour cela le prix du jeune talent obtenu par son compatriote Ulrich Mahoungou.

L’art me nourrit

«Je m’oppose à cette assertion qui consiste à dire que l’art ne nourrit pas son homme», a dit Kinzenguélé. Pour lui, il faut se battre. Ce n’est pas avec de l’argent d’autrui qu’il a bâti sa maison. Il disait à quiconque qui voulait l’entendre au début des travaux de sa maison qu’il se battait.

«C’est avec les recettes de la photographie que je disais que je me battais. C’est avec la photographie que je nourris mes enfants, que je supporte leur scolarité», fait-il savoir. A la question de savoir s’il n’envisageait pas une école de photographie, Kinzenguélé a déclaré que l’idée n’a jamais traversé son esprit. Il préfère des stages, s’arcboutant à la pensée de John Harry qui estime que tout se passer par des échanges, ainsi affirme-t-il : «connu de toi, inconnu de moi. Connu de moi, inconnu de toi».         

Il a cependant déploré le manque de financement et annoncé l’existence d’une galerie chez lui dans l’arrondissement 8, Madibou à Brazzaville.

Florent Sogni Zaou

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