Point de vue : mettre fin à la tragédie du pool

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Isidore Mvouba, Président de l'Assemblée nationale.

La décision du chef de l’Etat d’initier un dialogue avec Ntumi pour sortir le pays de la tragédie que vit la région du Pool fait couler beaucoup d’encre et beaucoup de salive. Faut-il oui ou non considérer cette idée du chef de l’Etat comme salutaire ?

La solution militaire s’avère sans issu ; aussi Tsalissan Okombi, se disant « centriste » et qui vient d’être débarqué du Gouvernement Mouamba 1 s’est clairement opposé à l’initiative du dialogue annoncé par le président de l’Assemblée nationale sur fond d’une idée du chef de l’Etat. Comment peut-on avoir une tellement position au moment où le pays traverse une crise financière et économique qui a mis les travailleurs et les retraités à genoux. Soit ! Démocratie oblige, chacun peut avoir sa propre opinion sur une question donnée. Mais devons-nous vraiment continuer à acheter les munitions de guerre (demandez aux spécialistes militaires, le prix d’une balle de kalachnikov), quand on sait combien cela coûte au contribuable congolais pour continuer cette sale guerre du Pool ? Une guerre sans issu en dehors des souffrances des populations du Pool et de nos enfants  militaires en mission dans cette région qui subissent les effets de cette guerre avec mort d’homme. Voilà des situations dramatiques qui devraient faire réfléchir les décideurs politiques car ce qui doit nous unir est plus fort que ce qui nous divise. Et la guerre du Pool en est un exemple frappant. Comment peut-on continuer à divertir le peuple congolais (populations du Pool en détresse et nos jeunes soldats et « rebelles » qui ont perdu leur vie dans cette sale guerre). Il faut faire un tour sur la RN1 Brazzaville-Pointe-Noire pour constater au niveau du Pool, les mauvaises conditions dans lesquelles nos braves soldats assurent la sécurité de la région pendant que leurs chefs se pavanent dans la capitale, loin de la réalité des intempéries du Pool. Il faut les voir, moroses, la mort dans l’âme, l’inquiétude sur leur face, le manque de sommeil dans leurs yeux, faire la cuisine (quelques morceaux de poulet au feu) pour comprendre que « la guerre, c’est pas bon » comme le chante l’artiste Casimir Zao dans son emblématique Ancien combattant. Si le président de l’Assemblée nationale, en clôturant récemment une session de sa tutelle, a affirmé que le père de la nation a accédé à la demande des élus du peuple d’instaurer une plate-forme d’échange, la classe politique, toutes tendances confondues, devrait réfléchir à propos. Une nouvelle Assemblée nationale est née, et avec elle devrait surgir une réflexion pour trouver une solution à cette guerre du Pool qui persiste. Surtout que le président de la République a autorisé l’ouverture du dialogue avec le pasteur Ntoumi. Il a demandé au président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, qu’il connait très bien,  de préparer les conditions d’un dialogue avec ce dernier. « M. Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntoumi, j’espère qu’il va saisir cette perche qui lui est généreusement tendue », dixit Isidore Mvouba. Dans un dialogue, on arrondit les angles pour que chaque partie y trouve son compte. Le chef de l’Etat était-il convenablement bien conseillé avant d’autoriser la traque de Ntoumi ? Quelques chefs militaires n’ont-ils pas profité de cette situation pour se faire de l’argent avec le fonds de guerre ? Voilà des questions qui méritent une réflexion. Au moment où l’idée de dialogue a germé dans la classe politique, force est de réaliser qu’une guerre intramuros n’amène à rien sinon à des dégâts entre fils d’une même nation. Triste réalité d’une Afrique qui se cherche ! Aussi, dans une conditionnalité de dialogue, surtout quand il faut chercher à retrouver la paix souvent mise en cause par des considérations subjectives de certains acteurs politiques, propositions et contre-propositions précèdent toujours l’aboutissement des conditions d’un dialogue. Que les jusqu’au boutistes qui s’opposent à cette idée de dialogue aillent faire un tour sur le terrain des hostilités pour voir comment se décime sous le feu réciproque de leurs armes, la jeunesse censée construire le futur de notre nation.

C’est le moment de comprendre les signes du temps et le chef du village « qui ne voit jamais le diable », a vu plus loin que nous tous. Au Pool, est en train de se jouer l’acte I d’une tragi-comédie que l’on pourrait intituler La Tragédie du Pool qui risque d’appeler l’acte II. Aussi, devons-nous nous efforcer à être réalistes devant ce tableau sombre du Pool en laissant nos passions mourir de leur propre mort. Et le chef de la nation a pleinement raison quand il a demandé au nouveau président de l’Assemblée nationale de préparer les conditions d’un dialogue avec Ntumi. Qui pourrait dire mieux ?

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