Pénurie de carburant et de gaz butane.

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Photo d'archive.

Des maisons transformées en dépôts

Plusieurs habitations de la ville de Brazzaville et de ses environs sont depuis quelques temps, transformées en dépôts de carburant (essence et gas-oil) et de gaz butane en prévision des pénuries intermittentes et récurrentes que connaît la ville capitale depuis des mois.

Une race de citoyens a développé cette mauvaise habitude qui consiste à faire des provisions en carburant et en bouteilles de gaz qu’ils gardent dans des chambres qu’ils ont aménagées pour la circonstance. Ces provisions sont  conservées dans des cuisines, dans des maisons en tôles ou derrière des maisons dans lesquelles vivent des familles entières. Ces provisions ont pour objectif d’éviter de souffrir de ces pénuries chaque fois qu’elles surviennent reviennent.

Ces provisions se font avec la complice de certains agents des stations-services et des boutiques de vente de gaz butane, qui en tirent de véritables gains. C’est l’occasion pour ces agents de garnir leurs poches et de garantir les deux bouts du mois. Les agents des stations-services vendent un bidon de 25 litres avec un supplément financier de 2000 FCFA.

Il n’est pas rare de voir un véhicule 4×4 occuper une pompe d’une station-service pour se faire servir une dizaine ou une vingtaine de bidons de 25 litres, ce qui leur fait 250 litres ou 500 litres d’essence ou de gas-oil pour leur dépôt. Le gas-oil ne pose pas trop de problèmes, le plus grand danger vient du liquide hautement inflammable, à savoir, l’essence.

Des chauffeurs tant de taxi que d’autobus circulent avec des bidons vides dans les coffres de leur voiture. Ils surveillent, par téléphones interposés, les stations qui vendent, pour les remplir afin de les garder chez eux, toujours dans l’intention de se mettre à l’abri des pénuries. Ces provisions que font les chauffeurs s’expliquent aussi par leur désir de maximiser leurs recettes dès que la pénurie revient sur la scène.

Dès que des signes de manque de ce produit sont visibles, ils revoient leurs programmes de travail. Ils ont à ce moment la latitude d’embarquer dans leur voiture quatre à cinq usagers qui payent chacun la somme de 1000 FCFA pour se déplacer. Les vendeurs de gaz butane agissent de la même manière. Ils vendent des dizaines de bouteilles de 12 ou 20 kilogrammes à des clients qui viennent en voitures de huit ou douze places ou des autobus de seize places.

Ces personnes ont fait le choix de systèmes de conservation de cette denrée. Ils enterrent ces bidons pour les soustraire des rayons solaires, soulignant qu’ils s’agissent ainsi pour prévenir d’éventuels incendies et d’autres pénuries. Un agent de Total E&P conseille d’éviter ce genre de pratiques qui met en péril la vie des familles et celle des voisins.

Pour un citoyen qui a choisi de s’exprimer sous couvert d’anonymat, ce sont les conditions de vie qui dictent ces pratiques. «Il n’y a rien de stable. L’électricité avec ses délestages nous oblige à acheter du carburant pour alimenter les groupes électrogènes, la pénurie du gaz butane, du pétrole, de l’essence, du gas-oil et autres pénuries à répétition, ne peut donner que des idées de survie, d’où la naissance de ces habitudes. On ne compte que sur Dieu pour nous éviter des accidents».

«Ces personnes partagent les risques avec les membres de leurs familles et les voisins en stockant ces produits dangereux dans leurs maisons», a dit Simplice Guémolé Ibara, habitant de la ville de Brazzaville.  Il a témoigné avoir vu sur les antennes d’une télévision un incendie causé par un stock d’essence et qui avait tout ravagé sur un rayon de 200 à 300 mètres.

Les mises en garde de certains agents du domaine des hydrocarbures ne sont que de l’eau versée sur le dos d’un canard. Un chauffeur de taxi a confié que ces accidents n’arrivent qu’aux gens qui ne croient pas en Dieu. Pour lui, le responsable de ce qui se passe est déjà connu. Pour lui, c’est le gouvernement responsable de cette situation de stockage de produits pétroliers. Pour mettre un terme à cela, il faut commencer par rassurer en ce qui concerne la permanence du produit à la pompe et dans les dépôts.

La part des vendeurs à la sauvette ou kadhafis

Ce sont des jeunes qui bénéficient des faveurs des agents des stations-services. Ils achètent facilement et développent une activité commerciale non loin de ces stations-services ou dans les quartiers.

Ils revendent le litre d’essence à 1000 FCFA contre 595 FCFA à la pompe. Des mécaniciens préviennent que ce carburant subit des traitements dans des laboratoires et est nocif pour les moteurs.

Certains propriétaires préfèrent laisser leurs voitures et faire leurs déplacements à pieds ou dans des autobus. Ils économisent ainsi leur carburant pour quitter et rejoindre leur domicile.

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