Patrick Eric Mampouya : « Le temps de la transparence et de l’alternance est venu »

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Eric Mampouya

« Le refus de changer la constitution est d’abord et avant tout une volonté de faire respecter les règles et les lois de notre pays », a soutenu Eric Mampouya dans un entretien accordé au journal La Griffe.

Ce militant, connu pour son franc-parler, estime que « le non-respect des règles et des lois est la caractéristique principale des républiques bananières et nous ne voulons pas que notre République soit catégorisée comme telle ».

A propos de l’actuelle Constitution qu’il reconnaît avoir combattue lors du débat en 2002, Eric Mapouya explique son volte-face en ces termes : « une loi de la République, quand elle est adoptée n’est ni bonne ni mauvaise, elle s’applique à tous, c’est le principe même de la REPUBLIQUE. Une foi adoptée la loi s’applique à tous et même à ceux qui la trouvaient mauvaise ». Ainsi, poursuit-il, « une fois adoptée contre mon gré, elle est devenue Ma constitution puisque c’est la loi de mon pays, la loi fondamentale de Ma République et donc je la défends ».

Par ailleurs, « bien qu’imparfaite, et régulièrement violée, cette constitution a remplie au moins un de ses objectifs : la stabilité du pays », ajoute-t-il.

Quoi qu’en dise, il assure que le refus de changer la Constitution ne vise pas le départ du président Denis Sassou N’guesso. Et pour cause : « les règles, les lois et les institutions sont plus fortes que les individus, si autre que monsieur Denis Sassou Nguesso voulait violer notre loi fondamentale, notre réaction serait la même », dit-il. Avant de rappeler qu’il n’y a pas si longtemps que ça lui-même avait déclenché la guerre parce que notre président de l’époque ne voulait pas respecter les règles ».
Persuadé que le temps du changement est arrivé, Eric Mampouya fait observer qu’ « on peut retarder l’alternance de quelques années au plus, mais elle se fera, c’est une certitude ».

A ceux qui soutiennent que le Congo n’est pas le Burkina Faso, ce dernier note que « le Congo n’est pas le Burkina faso, je rajouterais que le Congo n’est pas le Zimbabwe non plus ».

Concernant le dialogue politique tant réclamé par l’opposition, il précise que’« il s’agit du dialogue en vue de l’organisation de l’élection la plus importante : l’Élection Présidentiel ». Et que celui-ci « sera différent de tout ce qui s’est déjà fait dans notre pays parce que les acteurs sont plus aguerris et ils savent très précisément ce qu’ils veulent au vu des atermoiements ou des échecs du passé ».

A la question de savoir comment il entrevoit l’issue de ce dialogue et l’avenir du pays, si les violons ne s’accordaient pas sur cette question du changement de la constitution ? La réponse est on ne peut plus claire : « Si le dialogue n’aboutit pas pour une raison ou pour une autre, cela voudra dire la politique aura failli et comme toujours dans ce genre de situation c’est la rue qui aura hélas le dernier mot avec tout ce que cela comporte d’incertitudes pour le pays et pour la population. Notre pays qui a déjà beaucoup de retard n’a vraiment pas besoin de ça ».

Par contre, assure-t-il, « Si le Président de la République annonce publiquement qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2016, la majorité de l’opposition regardera avec bienveillance la question de la modification de la constitution et cela d’autant plus que l’article 86 l’autorise ».

 

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