Page d’histoire : Une conférence sur la valorisation de la Baie de Loango à Pointe-Noire

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Baie de Loango le village des pêcheurs. Crédit Ph: www.geo.fr/

Le cabinet de conseil SBV Consulting et la plateforme visiter le Congo organisent le 24 août 2018 à Pointe-Noire, en partenariat avec l’Office du Tourisme du Congo, une conférence sur la valorisation de la Baie de Loango, sous le thème « Comment valoriser la Baie de Loango et en faire un lieu de mémoire majeur en Afrique ? », selon un communiqué de presse parvenu à la rédaction de Pagesafrik.  

Cette conférence aura lieu dans le cadre de la commémoration pour la première fois au Congo Brazzaville de la Journée du Souvenir de la Traite négrière et de son Abolition. De nombreux spécialistes affirment que le port d’embarquement de Loango a été l’un des sites voire même le site où est parti le plus grand nombre de captifs pendant la Traite négrière Transatlantique. Issus de toute l’Afrique centrale, ils y étaient embarqués de force pour être réduits en esclavage dans les Amérique, dans les Antilles et la Caraïbe.

Cette tragédie a eu pour conséquence l’émergence d’une des plus importantes diasporas africaines au monde : les afro descendants d’origine de l’Afrique centrale. En effet, des centaines de millions d’afro descendants savent qu’ils ont des origines congolaises. Ils ont gardé dans leurs patronymes, dans leur culture et leur identité à travers des chants, des danses et des rites religieux des liens avec la sous-région.  Une anthropologue américaine, Sheila Walker, dans une interview qu’elle a accordée dans l’hebdomadaire Les Dépêches de Brazzaville il y a quelques années, affirmait que « Congo » était le mot africain le plus répandu dans les Amériques, les Antilles et la Caraïbe.

Des pays comme le Ghana ou le Sénégal et plus récemment le Bénin ont vite compris l’intérêt que constitue cette diaspora en construisant des ponts avec ces afro descendants. De nombreuses commémorations, des festivales et des activités y sont organisées pour les attirer. Ce qui génère un tourisme mémoriel non négligeable que chacun de ces pays cherche à développer.

Le Congo reste malheureusement encore en marge de ce processus. La mémoire sur la Traite y est peu entretenue et encore moins valorisée comme-si cette histoire était encore taboue et que le Congo avait honte de cette mémoire.

Il faut, pourtant, comme les autres pays s’approprier cette histoire. Il faut la valoriser et attirer tous les enfants du Congo qu’ils soient américains, antillais ou caraïbéen.

Deux des plus grands spécialistes congolais de la question, Arsène Francoeur Nganga, chercheur et auteur et Frédéric Pambou, conservateur du patrimoine culturel et président du centre d’études des civilisations Loango en sont les conférenciers.

Florent Sogni Zaou

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