OMS: 2,2 milliards de personnes sont atteintes de déficience visuelle ou de cécité (rapport)

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L’OMS lance son premier Rapport mondial sur la vision. OMS/Sebastian Liste.

A l’échelle mondiale, plus d’un milliard de personnes vivent avec une déficience visuelle parce qu’elles ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin pour des affections comme la myopie, la presbytie, le glaucome ou la cataracte. Tel est le constat du premier Rapport mondial sur la vision publié par l’Organisation mondiale de la Santé. 

Lancé en amont de la Journée mondiale de la vue, qui a eu lieu le 10 octobre, ce rapport constate que le vieillissement des populations, l’évolution des modes de vie et les problèmes d’accès aux soins oculaires, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, comptent parmi les principaux facteurs responsables de l’augmentation du nombre des personnes atteintes de troubles visuels.  

« Les affections oculaires et les troubles de la vision sont très répandus et, bien trop souvent, ils ne sont pas traités », déclare le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

« Les personnes qui ont besoin de soins oculaires doivent pouvoir bénéficier d’interventions de qualité sans être exposées à des difficultés financières. L’inclusion des soins oculaires dans les plans nationaux de santé et les ensembles de soins essentiels constitue, pour chaque pays, une étape importante sur la voie de la couverture sanitaire universelle », a-t-il poursuivi.

Et d’ajouter : « Il est inacceptable que 65 millions de personnes soient aveugles ou malvoyantes alors que leur vision aurait pu être corrigée du jour au lendemain par une opération de la cataracte, ou que plus de 800 millions de personnes éprouvent des difficultés dans leur vie quotidienne parce qu’elles ne possèdent pas de lunettes. »

Au moins 2,2 milliards de personnes dans le monde sont atteintes d’une déficience visuelle ou de cécité, parmi lesquelles au moins 1 milliard présente une affection qui aurait pu être évitée ou qui n’est toujours pas traitée.  

Parmi les autres grands constats du rapport, mentionnons les suivants :

  • La charge des affections oculaires et des déficiences visuelles n’est pas répartie de manière égale : les plus touchés sont généralement les personnes vivant en milieu rural, les personnes à faible revenu, les femmes, les personnes âgées, les personnes handicapées, les minorités ethniques et les populations autochtones.
  • D’après les estimations, dans les régions à revenu faible ou intermédiaire, les besoins non satisfaits de correction pour la vision de loin seraient quatre fois plus élevés que dans les régions à revenu élevé.
  • Dans les régions à revenu faible ou intermédiaire situées dans l’ouest et l’est de l’Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, le taux de cécité est huit fois supérieur à celui des pays à revenu élevé. L’incidence de la cataracte et du trichiasis trachomateux est plus élevée chez les femmes, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Quelque 14,3 milliards de dollars sont nécessaires pour traiter le milliard de personnes atteintes de déficiences visuelles ou de cécité dues à la myopie, à la presbytie ou à la cataracte.

Principaux facteurs responsables de l’augmentation des cas de déficience visuelle

Toujours selon le rapport, les affections ophtalmologiques qui peuvent entraîner une déficience visuelle et la cécité, comme la cataracte, le trachome ou les défauts de réfraction, sont au cœur des stratégies nationales de prévention et d’autres stratégies relatives aux soins oculaires. Il ne faut toutefois pas sous-estimer l’importance des affections ophtalmologiques qui ne perturbent généralement pas la vision, comme la sécheresse oculaire et la conjonctivite, car elles représentent l’un des principaux motifs de consultation dans tous les pays.

La croissance démographique et le vieillissement de la population vont fortement accroître le risque de voir davantage de personnes développer des troubles oculaires ou une déficience visuelle, étant donné que la prévalence augmente avec l’âge.

Parmi les autres grands facteurs à l’origine des affections oculaires les plus courantes, mentionnons :

  • La myopie : La réduction du temps passé à l’extérieur et l’intensification des activités en vision de près entraînent une hausse du nombre de personnes atteintes de myopie. Il est possible de réduire ce risque en passant davantage de temps à l’extérieur.
  • La rétinopathie diabétique : un nombre croissant de personnes sont atteintes de diabète, en particulier de type 2, qui, s’il n’est pas détecté et traité, peut avoir des conséquences sur la vision. Presque tous les diabétiques développeront une rétinopathie sous une forme ou une autre au cours de leur vie. Des examens oculaires réguliers et une bonne surveillance du diabète peuvent s’avérer utiles à cet égard.
  • La détection tardive : En raison de la médiocrité ou du manque d’intégration des services de soins oculaires, de nombreuses personnes n’ont pas accès à des examens systématiques permettant de détecter les maladies et de dispenser les soins ou les traitements préventifs appropriés.  

Accès aux services

Le rapport fait observer qu’il est impératif de mieux intégrer les soins oculaires dans les services de santé nationaux, y compris au niveau des soins de santé primaires, et ce dans le but de satisfaire les besoins d’un plus grand nombre de personnes, notamment par la prévention, le dépistage précoce, le traitement et la réadaptation.

Pour la Dre Alarcos Cieza, qui dirige les travaux de l’OMS sur la cécité et les troubles visuels : « Des millions de personnes souffrent de déficiences visuelles graves et ne peuvent participer pleinement à la société car elles n’ont pas accès à des services de réadaptation. Dans un monde fondé sur la capacité de voir, les services de soins oculaires, y compris la réadaptation, doivent être fournis plus près des communautés pour que les individus puissent réaliser tout leur potentiel. » 

Le rapport affirme que toutes les personnes atteintes de cécité ou de troubles visuels graves qu’il est impossible de traiter peuvent tout de même rester autonomes à condition qu’elles aient accès à des services de réadaptation. Les solutions vont des loupes optiques à la lecture tactile en Braille, en passant par les services de localisation pour smartphones ou les cours d’orientation et de mobilité à l’aide d’une canne blanche.

Avec OMS

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