La jeune pianiste marocaine Nour Ayadi.

La musique classique au Maroc est en pleine ébullition, et nous devons mettre en œuvre les moyens nécessaires pour la propulser à l’échelle internationale.

Nour Ayadi est la première Marocaine à remporter le prestigieux  Grand Prix du Concours international de piano de S.A.R la Princesse Lalla Meryem. Une récompense plus que méritée pour cette jeune pianiste aux talents immenses, qui a fait ses premières classes au piano à 6 ans auprès de Nicole Salmon à Casablanca, et a participé aux différentes catégories de cette compétition très convoitée.
A seulement 18 ans, la jeune pianiste arbore un impressionnant parcours artistique, jalonné de nombreux prix nationaux et internationaux.
La pianiste, qui a intégré le Conservatoire national supérieur de musique de Paris depuis septembre dernier, a reçu aussi le premier Prix au concours des Clés d’Or en 2014. Autre récompense, celle du premier Prix à l’unanimité avec les félicitations du jury au Concours national de musique du Maroc en 2015.
Preuve de son génie, elle a reçu, la même année, le Prix d’honneur et le diplôme d’Etat du Conservatoire national du Maroc avec la plus haute distinction.
Nour Ayadi a également obtenu cette même année, le Grand Prix
au concours FLAME- Paris.

Pagesafrik.info : Vous avez remporté le Grand Prix de S.A.R. la Princesse Lalla Meryem le 24 novembre dernier à Rabat. Quelles sont vos impressions ?

Nour Ayadi: Il faut souligner tout d’abord que le Concours international de piano de S.A.R la Princesse Lalla Meryam existe depuis 25 ans. Créée et suivie par la talentueuse Ghizlane Hamadi, cette plateforme extraordinaire offre une expression musicale pianistique unique pour toute la jeunesse marocaine.
J’ai un rapport très particulier avec ce concours que je fais depuis ma tendre enfance. J’ai participé à différentes catégories, au cours des dernières années, jusqu’à arriver à la catégorie virtuosité, la plus élevée de la compétition.
Gagner le Grand Prix de l’ultime catégorie est un réel aboutissement pour moi. Ce concours m’a vue grandir et gagner le Grand Prix de S.A.R Lalla Meryem qui m’a permis de clôturer mon passage avec un beau succès.
Je suis très fière d’être la première Marocaine à avoir remporté ce prix. C’est une façon pour moi de représenter la jeunesse marocaine investie et impliquée dans la musique et toutes les activités culturelles. Porter la voix du Maroc dans un concours international prouve au monde entier que nous, jeunes Marocains, avons du potentiel et toutes les capacités nécessaires pour réussir dans notre pays et à l’étranger. La musique classique au Maroc est en pleine ébullition, et nous devons mettre en œuvre les moyens nécessaires pour la propulser à l’échelle internationale.

Comme les précédentes, cette 12ème édition était très relevée. Aviez-vous l’impression d’avoir une chance parmi les candidats en lice ?
Participer à ce concours a été tout d’abord l’occasion pour moi de jouer devant un jury de qualité, et d’exécuter un programme musical très dense en plusieurs tours. Jouer en public me procure beaucoup de plaisir et en cela, je n’ai jamais cherché à me comparer aux autres candidats, tous très talentueux. Chacun avait sa manière de jouer, d’interpréter les œuvres, de gérer son stress… Je suis restée concentrée sur mes propres prestations.
La dimension internationale du concours nous a tous mis dans une atmosphère où la musique et le partage prenaient le dessus sur tout le reste.
Je n’étais donc pas du tout dans un esprit de compétition mais surtout de partage et d’amour pour la musique avant tout.

Vous allez bénéficier de tournées au Maroc et à l’étranger. Comment comptez- vous mettre à profit cette consécration ?
Je pense que les tournées de concerts sont une immense opportunité pour moi de découvrir de nouveaux pays et de nouveaux univers dans lesquels je peux partager la musique que j’aime.
Je vais travailler dur pour préparer des programmes de qualité pour ces concerts qui commencent dès le mois de mars.
C’est une immense joie pour moi de faire ces concerts car je découvrirai de nouvelles scènes et de nouvelles audiences qui je l’espère aimeront mes prestations.
Ce Concours me donne l’opportunité de me produire à pas mal de concerts au Maroc et en Europe. Je tiens à remercier l’ambassade de France pour la tournée de concerts qu’elle m’offre au Maroc. C’est un nouveau programme que je prépare et j’ai vraiment hâte de le présenter au public marocain!

NOUR-AYADI5Vous vous êtes mise au piano à l’âge de 6 ans à Casablanca.  Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers pas au piano ?

D’excellents souvenirs. J’ai commencé le piano grâce à ma sœur, de 10 ans mon ainée. J’adorais écouter les œuvres qu’elle jouait. J’ai jusqu’à ce jour des émotions très particulières lorsque je réécoute les œuvres qu’elle a pu jouer. Ballades, études, ….un répertoire qui me rend nostalgique de mes années d’enfance et me rappelle ma relation fusionnelle avec elle.
Je me souviens, qu’à 3 ou 4 ans, je m’empressais d’attendre qu’elle finisse de jouer pour me mettre au piano, les jambes pendant du haut de mon tabouret, essayer d’imiter ma sœur et reproduire quelques mélodies qui me restaient en tête.
J’ai commencé le piano avec Nicole Salmon à Casablanca. Cela presque 10 ans que j’ai travaillé avec ce professeur formidable qui m’a beaucoup appris. Son intransigeance et ses exigences m’ont toujours poussée à me surpasser et effectuer un travail efficace. Je n’ai jamais été en horaires aménagés jusqu’à cette année, j’avais donc très peu de temps de travail, et les examens s’enchaînaient. Les œuvres devaient être apprises et assimilées rapidement, et je pense que le travail qu’on faisait avec Madame Salmon était très fructueux. J’ai également travaillé avec Jacques Lagarde, professeur à l’Ecole Normale de Paris qui venait souvent au Maroc pour donner des cours à l’Ecole de Musique Salmon.

11 ans plus tard, diriez-vous que vous êtes satisfaite de votre jeune carrière ?
Je suis heureuse de voir que toutes ces années de travail portent leur fruit. Etre pianiste nécessite un travail acharné et de longue haleine. Je suis très passionnée et heureuse de partager ma passion.
Gagner des prix comme celui-ci est un véritable élan à tous les niveaux. Cela me donne encore plus envie de me surpasser et de donner le meilleur de moi-même.   Je dirai que ma carrière n’est qu’à ses débuts aujourd’hui, que j’ai encore énormément de choses à apprendre. Le piano est un instrument tellement riche que toute une vie ne suffit pas à explorer tout ce qu’il peut nous offrir…

Quel rôle vos parents ont pu jouer dans votre carrière ?
Mes parents m’ont toujours soutenue en toute situation : concours, concerts, stages… je ne peux les remercier assez pour tout ce qu’ils ont sacrifié pour moi. Mais leur soutien est irremplaçable puisqu’il constitue aujourd’hui une de mes principales sources d’énergie. Je remercie ma maman pour m’avoir accompagnée la où je vais, partout en Europe! Et bien sûr mon papa aussi qui arrive toujours à détendre l’atmosphère en ces moments de petit stress !
Avez-vous des projets en cours ?
Pour l’instant, j’ai besoin de m’améliorer, de renforcer mon répertoire et d’être coachée par mes professeurs qui m’accompagnent au quotidien.
Le plus important pour moi est de gagner en maturité musicale et de me perfectionner aussi bien au piano que dans toutes les disciplines musicales qui l’entourent.

Proposés recueillis par Alain Bouithy

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