Nicole Mballa Mikolo : «Mon roman peut intéresser toute femme et tout homme progressiste»

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«Mon roman, Les calebasses brisées, peut intéresser toute femme et tout homme progressiste», a fait savoir récemment la journaliste-écrivaine du bord de la mer, Nicole Mballa Mikolo. Pagesafrik (ex Starducongo) l’a rencontrée.

Pourquoi avoir choisi le livre comme moyens de communication pour vous exprimer alors qu’il y en a plusieurs?

Nicole Mballa Mikolo : Je suis une passionnée du livre que j’ai toujours aimé. Un livre est une chose très importante transportable à souhait. C’est, comme on le dit, pour préserver la parole parce qu’on nous enseigne que verba volent, scripta manent, en d’autres termes, les paroles s’envolent et les écrits restent. Je rappelle que j’écris depuis la classe de Terminale. J’écris également depuis une vingtaine d’années des nouvelles publiées dans le magasine Amina que je représente au Congo Brazzaville.

Le titre «Les calebasses brisées» n’est-il pas trop fort quand on sait qu’un objet brisé laisse la place à la douleur ?

Nicole Mballa Mikolo : La calebasse, c’est le symbole des traditions ancestrales. C’est également un symbole de la féminité, un objet esthétique. Vous savez qu’une calebasse peinte est exposée au regard, c’est un récipient dont se servent beaucoup de femmes au foyer elles y conservent des aliments et des liquides et une calebasse brisée symbolise à contrario, un monde qui s’effondre.

Peut-on avoir une idée de la trame ?

Nicole Mballa Mikolo : Dans le roman «Les calebasses brisées», je parle des femmes et des hommes. J’évoque, sur fond d’adultère, la situation des enfants de la rue, de la souffrance des femmes à cause du machisme des hommes et de certaines traditions que les femmes appliquent sur les femmes. Je fais aussi allusion à la polygamie, à l’excision, aux enfants délaissés par leurs pères. Vous savez qu’un père est le pilier d’un ménage et lorsqu’un père n’est pas là, les enfants s’égarent facilement.

Quelle est la particularité du message que vous voulez faire passer dans ce roman aux allures féministes ?

Nicole Mballa Mikolo : Dans ce roman, j’invite les femmes à revendiquer leurs droits. J’attire leur attention sur le fait que ce sont les femmes qui se plaignent du machisme des hommes mais que ce sont les femmes qui perpétuent ces traditions. Il leur revient de les dépoussiérer. On ne peut pas tout attendre des hommes. Vous ne pouvez pas vous imaginer que lorsqu’on parle de l’excision, ce sont les femmes qui tiennent le couteau pour exciser. Ce ne sont pas les hommes qui spolient les veuves, ce sont les femmes qui le font. Quand on parle de polygamie, c’est une femme qui va chasser dans un territoire déjà occupé par une autre.
Je pense qu’il revient aux femmes d’être un peu plus solidaire. Il leur revient de se donner la main pour repousser certaines traditions.

Comment envisagez-vous le combat pour la promotion avec tout ce qu’il y a comme tracasseries ?

Nicole Mballa Mikolo : Je n’ai pas encore rencontré de tracasseries. Mon manuscrit a été facilement accepté par les éditions l’Harmattan. Je commence la promotion à Pointe-Noire, précisément à l’IFC, qui a accepté de m’accueillir dans ses locaux. Le centre culturel Tati Loutard également. La seule difficulté, c’est faire acheter le livre qui coûte 12 000 FCFA. Selon la librairie Paillet, le livre est plus acheté par les occidentaux.

Des stratégies pour faire acquérir l’œuvre malgré le prix jugé élevé ?

Nicole Mballa Mikolo : Je crois qu’il y a un problème de faiblesse de lecture et de coût. Les africains ne lisent pas, il faut le reconnaitre. Il faut donc une campagne de sensibilisation et des stratégies pour attirer les jeunes vers le livre et la lecture. C’est ce que tente de faire la directrice de l’IFC.

Qui est donc Nicole Mballa Mikolo ?

Nicole Mballa Mikolo : (Rire) Eh bien, Nicole Mballa Mikolo est une journaliste qui s’intéresse à l’écriture. Elle est mariée et mère de deux enfants. Elle vit à Pointe-Noire. Elle prépare actuellement une cérémonie de présentation-dédicace, qui aura lieu, le 29 octobre 2016 à l’IFC de la ville de Pointe-Noire. C’est l’occasion d’inviter les amoureux du livre à venir m’écouter et acheter le livre, «Les calebasses brisée», paru aux éditions l’Harmattan, en janvier 2016. Je garantie qu’ils trouveront leur compte e la déception ne sera pas au rendez-vous.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou

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