Mise à jour des perspectives économiques du FMI

Les pays de la région MOANAP appelés à s’engager en faveur de réformes visant à renforcer la résilience

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Les pays importateurs de pétrole connaissent des difficultés budgétaires persistantes: la dette publique dépasse les niveaux recommandés dans nombre d'entre eux (pourcentage du PIB)

Le Fonds monétaire a revu à la baisse ses perspectives économiques pour les pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP). 

La mise à jour des perspectives économiques régionales du FMI fait suite au ralentissement de l’économie mondiale, à l’instabilité des cours du pétrole et aux incertitudes nées des tensions commerciales qui touchent cette partie du monde. 

Si d’ordinaire, les pays de la région MOANAP auraient fort à faire pour créer des emplois pour les millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, tout porte à croire qu’aujourd’hui, « ils doivent accomplir cette tâche alors que l’économie mondiale ralentit, que les cours du pétrole sont instables et que les tensions commerciales alimentent les incertitudes», a relevé l’institution bancaire internationale. 

Pour le Fonds, il est urgent plus que jamais pour ces pays de s’engager résolument en faveur de réformes visant à renforcer la résilience et à assurer une croissance plus forte et plus inclusive, tirée par le secteur privé.

Selon les conclusions de la mise à jour de ses perspectives économiques régionales,  la croissance devrait rester modérée par rapport à 2018 dans les pays exportateurs de pétrole.

En effet, elle devrait connaître une légère augmentation dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), passant de 2 % en 2018 à 2,1 % en 2019.

Cependant, le taux de croissance pour 2019 n’est que de 0,4 % dans les pays exportateurs de pétrole de la région du fait de la forte baisse de l’activité en Iran (6 %) à la suite de sanctions économiques.

En revanche, en raison du ralentissement de l’économie mondiale et de facteurs intérieurs, la croissance devrait enregistrer un recul de 4,2 % en 2018 à 3,6 % au cours de cette année dans les pays importateurs de pétrole.

« Cette projection globale ne rend pas compte des fortes disparités entre les pays importateurs de pétrole », a indiqué le Fonds monétaire notant ainsi que l’Egypte continue de connaître une croissance vigoureuse, alors que la faible croissance du Pakistan pèse sur celle moyenne de la région. 

De cette mise à jour, il ressort aussi que les perspectives économiques de la région dépendront fortement de la volatilité des prix pétroliers, qui a atteint récemment des niveaux inédits depuis les chocs de 2014–15.

Le FMI affirme que « cette tendance pourrait se poursuivre compte tenu des incertitudes liées aux tensions commerciales mondiales, aux sanctions contre l’Iran et à la stratégie de production OPEP ». 

L’institution financière ajoute que les aléas géopolitiques, les préoccupations sécuritaires et les incertitudes entourant les conditions financières mondiales constituent d’autres risques pour la région. 
Selon les nouvelles perspectives, la baisse des prix pétroliers, avec des poussées de volatilité, et le ralentissement du rééquilibrage des finances publiques pèseront sur les soldes budgétaires des pays exportateurs de pétrole.

A en croire le FMI, « certains signes laissent à penser que les dépenses publiques ne parviennent plus à soutenir la croissance comme elles le faisaient lorsque les prix pétroliers et l’investissement étaient à un niveau élevé et que l’environnement externe était porteur ». 

Face à cette situation, le Fonds souligne la nécessité de reprendre l’assainissement des finances publiques tout en soutenant la croissance.  Et assure que « l’intégration de la politique budgétaire, dont les dépenses publiques, dans un cadre à moyen terme contribuerait à protéger l’économie des variations brutales et marquées des prix pétroliers et à reconstituer progressivement de l’espace budgétaire ».

Selon l’organisation, les ratios de dette publique ont continué d’augmenter dans plusieurs pays importateurs de pétrole, au cours des dernières années. Et ce en dépit des efforts d’assainissement des finances publiques.

Ainsi, « en moyenne, ils ont même augmenté de 20 % du PIB depuis 2008, et dans deux tiers des pays, la dette publique s’élève à au moins 70 % du PIB, soit un niveau associé à un risque élevé de surendettement », a relevé le Fonds.

Pour reconstituer des marges de manœuvre et renforcer la résilience, le FMI exhorte les pays concernés « à poursuivre l’assainissement des finances publiques, tout en favorisant la croissance ». 

En outre, le Fonds monétaire estime qu’il devient plus urgent que les pays mènent des réformes favorisant une croissance tirée par le secteur privé, du fait « des limitations considérables de l’action des pouvoirs publics, en particulier dans le domaine budgétaire ».

Concrètement, le FMI plaide pour la promotion d’un environnement propice à la croissance inclusive, qui soit attrayant pour les investisseurs, génère des emplois et suscite l’innovation.

Renforcer la qualité de l’éducation, réformer le marché du travail, pallier les principales lacunes infrastructurelles et améliorer le climat des affaires, notamment en luttant contre la corruption et en étayant les systèmes juridiques.

Telles sont les principales priorités sur lesquelles ils devraient s’appuyer, selon le FMI,  assurant également qu’une amélioration de l’accès au crédit pour les PME favoriserait la création d’emplois et la diversification économique.

Alain Bouithy

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