Martial Panucci, le rappeur qui déclame la glauque réalité du Congo

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Le rappeur Martial Panucci.

Le jeune rappeur talentueux est manifestement en passe de devenir la voix des sans voix. Il s’inscrit résolument dans la vocation originelle du rap consistant à mettre la musique au service militantisme politique, notamment par la dénonciation du mal vivre, des inégalités et injustices sociales, les abus de pouvoir et la mégestion; le tout sur fond d’une contestation en règle du pouvoir dictatorial, tyrannique, oppressif et répressif. Dans des chants particulièrement puissants et sulfureux quand ils ne véhiculent des messages au vitriol qui ne manquent pas d’émouvoir, d’interpeller les consciences et de responsabiliser le public. Sous ce rapport, il peut également être perçu comme un journaliste étale sur la place publique les méfaits du pouvoir ainsi que les infortunes de ces nombreux laissés-pour-compte que ne cesse de fabriquer le régime.

Martial Panucci est incontestablement le porte drapeau du rap hardcore, militant et contestaire s’illustrant par des textes percutants, poétiques et bien élaborés (alliance rythme et rime). Son éducation y est pour quelque chose, car il est titulaire d’une licence ès lettres. Jeune diplômé confronté au chômage, a l’instar d’une multitude d’autres jeunes abandonnés sur le bas côte de la route par les pouvoirs publics, il n’a eu d’autre choix que d’embrasser la musique. Mais, il est important de le souligner, le rappeur ne vit pas de son art, en raison du fait qu’il subi une censure implacable sur tous les médias locaux; publics et confondus.

Nous apprécions cependant le courage singulier de cet artiste qui évolue au Congo-Brazzaville où il ose braver une dictature des plus féroces au monde. Nous ne pouvons qu’apprécier son sens aigu du patriotisme et l’amour du pays qui lui instillent de l’audace.  S’il est convenu que la musique adoucit les mœurs, par contre le rappeur s’en sert comme une arme susceptible de galvaniser les consciences dans la lutte contre la dictature, la tyrannie et l’oppression.

René Mavoungou Pambou

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