Maroc: Recul de la croissance au premier trimestre de l’année

Le taux se serait établie à 2,9%, au premier trimestre 2018, au lieu de +3,8%, l’année précédente, selon le HCP

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Au premier trimestre 2018, le taux de croissance a enregistré une baisse par rapport à l’année dernière. Il se serait établi à 2,9% durant les trois premiers mois de l’année au lieu de +3,8% une année auparavant, selon les estimations du Haut-commissariat au plan (HCP). 
La croissance économique nationale a pâti d’une baisse de 0,5% de la valeur ajoutée agricole, a expliqué l’organisme public dans sa note de conjoncture du mois en cours.
Selon le Haut-commissariat, la demande étrangère adressée au Maroc se serait consolidée au premier trimestre de l’année de 5,2%, profitant de l’orientation favorable des importations des pays de la zone euro.
Ainsi, en augmentation estimée à 8%, les exportations de biens auraient profité de la relance des expéditions du secteur automobile, dans son segment construction, a-t-il indiqué précisant qu’elles auraient contribué pour près de 3,8 points à la hausse des exportations globales, suivies par les ventes du secteur aéronautique, du textile et du cuir et de l’agro-alimentaire.
En hausse de 0,3% en variation annuelle, les exportations des phosphates et leurs dérivés auraient de leur côté pâti du recul des expéditions de l’acide phosphorique, en particulier à destination de l’Asie.
En ce qui concerne les importations, les estimations du HCP font état d’une augmentation de 12,5% au premier trimestre 2017, sous-tendues par l’accroissement de la demande intérieure.
Il en ressort aussi que «les importations hors énergie auraient contribué pour près de 75% à cette hausse, alimentées, en premier lieu, par les achats de biens d’équipement, suivis par ceux des produits alimentaires, des produits bruts et des biens de consommation».
Dans sa note, le HCP a estimé aussi que le renchérissement de la facture énergétique aurait continué de peser sur la balance commerciale, dont le déficit se serait creusé de 18,9% lors de la même période.
«La hausse plus prononcée des importations par rapport aux exportations aurait engendré un repli de 2,4 points du taux de couverture, pour se situer à 55,9% », a indiqué l’organisme public.
Commentant l’évolution de la demande intérieure, le HCP a indiqué qu’en volume, la consommation finale des ménages se serait accrue de 3,6%, en variation annuelle, contribuant pour environ +2,1 points à la croissance globale du PIB, au lieu de +2,4 points un an plus tôt.
Selon le HCP, «les dépenses de consommation auraient continué de profiter aux produits importés ; les importations de biens finis de consommation auraient progressé d’environ 5,1%, en glissement annuel. Elles auraient été tirées, entre autres, par un accroissement de 14,3% des recettes des MRE et une progression de 4,5% des crédits à la consommation».
Quant à la consommation des administrations publiques, le HCP a noté qu’elle se serait affermie de 6,3%, sous l’effet d’une hausse des dépenses de fonctionnement (+8,7%, à fin février 2018).
D’après le HCP, l’investissement public en infrastructures de base se serait renforcé par rapport à l’année précédente, tandis que l’investissement en bâtiment aurait poursuivi son ralentissement entamé depuis la mi-2012, pâtissant de la faiblesse de la demande adressée à l’habitat de moyen et haut standing.
Quant à l’activité agricole, elle serait restée relativement dynamique au premier trimestre 2018, bien qu’en repli de 0,5% par rapport à la même période de 2017.
« Le revirement du régime climatique vers une saison plus humide au cours de l’hiver et au début du printemps aurait été favorable à l’amélioration des rendements des cultures précoces, malgré une sensible baisse de leurs superficies ensemencées », a expliqué le HCP.
C’est ainsi et bien qu’en léger retrait par rapport à 2017, la production végétale serait la troisième plus élevée depuis 2011, grâce notamment aux perspectives favorables de récolte des céréales, des maraichères de saison et des rosacés.
La production animale  resterait, pour sa part, soutenue, tirée par le raffermissement des activités d’élevage, dans le sillage de l’amélioration des parcours végétaux et de la baisse des prix des aliments de bétail.
A noter qu’au cours du premier trimestre, la valeur ajoutée hors agriculture se serait accrue de 3,2%,  au lieu de +2,4% une année auparavant.
Le secteur tertiaire, qui contribue pour près de 1,6 point à la croissance globale du PIB, «aurait continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la bonne orientation du commerce, du transport et des activités touristiques».
La valeur ajoutée du secteur secondaire se serait améliorée de 2,8% au premier trimestre 2018, portée notamment par la hausse de 9,5% de la valeur ajoutée minière, au lieu de +16,8% un trimestre auparavant.
Pour leur part, les industries manufacturières auraient poursuivi leur raffermissement, pour le deuxième trimestre successif, marquant un accroissement de 2,4%, au premier trimestre 2018, au lieu de +2,3% la même période une année auparavant.
Soulignons également qu’au titre du premier trimestre, les prix à la consommation auraient augmenté de 2%, en variation annuelle, après une hausse de 1,2% un trimestre auparavant.
Le HCP a attribué cette évolution à la fois à la hausse de 2,2% des prix des produits alimentaires et de 1,6% de ceux des produits non-alimentaires.
Le Haut-commissariat a enfin noté que les prix des produits alimentaires se seraient accélérés au premier trimestre 2018, avec la hausse des prix des produits frais et la remontée de ceux des tabacs (+13%), suite au relèvement de leur TVA.
Alain Bouithy

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