Maroc: L’emploi encore en berne

Les chefs d’entreprise s’attendent à une stagnation de la création de postes de travail

0
1109

C’est une réalité dont il va bien falloir s’accommoder : la création d’emploi demeure en berne. A en croire les résultats des enquêtes de conjoncture menées par le Haut-commissariat au plan (HCP) auprès des opérateurs des secteurs industriel, de la construction, des services marchands non financiers et du commerce de gros, la situation n’a pas été du tout rose durant le quatrième trimestre de 2018. 

Ainsi, 60% des chefs d’entreprise opérant dans les secteurs des services marchands non financiers estiment que l’emploi aurait connu une stagnation dans ce secteur au cours des trois derniers mois de l’année écoulée. 

Dans le secteur du commerce de gros, l’enquête du HCP révèle également que l’emploi aurait connu une stabilité, selon 67% des grossistes. 
Il est évident, au regard de ces appréciations, que la possibilité de résorption du chômage n’est pas pour demain comme en atteste le fait que la courbe de l’emploi est restée quasiment timide. Ceci d’autant plus que les anticipations des chefs d’entreprise pour le premier trimestre 2019 n’augurent aucune amélioration. 

En effet, il apparaît que la majorité des chefs d’entreprise (68%) opérant dans le secteur des services marchands non financiers anticipent une stagnation des effectifs employés. Ce qui n’est pas toujours de bon augure. 
C’est pareil du côté du secteur du commerce de gros où 67% des chefs d’entreprise pensent que l’emploi connaîtrait une stabilité des effectifs alors qu’ils sont 27% à s’attendre à une baisse. 

S’agissant des anticipations de l’emploi au premier trimestre de l’année en cours, il convient de rappeler que les industriels prévoient globalement une stabilité des effectifs employés. Tandis que celles avancées par les chefs d’entreprise du secteur de la construction font état d’une stabilité des effectifs employés. 

Soulignons, en ce qui concerne le reste des anticipations des chefs d’entreprise du secteur des services marchands non financiers au titre du premier trimestre, que l’enquête révèle que 58% d’entre eux s’attendent à une stabilité de l’activité globale. Ils sont 22% à croire à une hausse de celle-ci. 

Selon le Haut-commissariat, ces anticipations s’expliquent, d’une part, par l’amélioration prévue des activités de l’«Entreposage et services auxiliaires des transports» et des «Transports terrestres et transport par conduites» et, d’autre part, par la baisse prévue dans les activités des  «Transports aériens» et des «Activités de location et location-bail». 

Il ressort également que 60% des chefs d’entreprise anticipent une stabilité de la demande. 

Quant aux patrons du secteur de commerce de gros,  les anticipations de 22% d’entre eux « affichent une baisse du volume global des ventes pour le premier trimestre 2019 et une hausse selon 20% », relève le Haut-commissariat. 

A en croire l’institution gouvernementale, cette évolution serait principalement attribuable à la baisse des ventes dans les «Autres commerces de gros spécialisés» et le «Commerce de gros de produits alimentaires, de boissons et de tabacs». 

Le HCP ajoute qu’elle serait aussi due à la hausse des ventes dans le «Commerce de gros de produits agricoles bruts et d’animaux vivants» et le «Commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication».  Et d’ajouter que les commandes prévues pour le premier trimestre 2019 seraient d’un niveau normal selon 74% des chefs d’entreprise et inférieur à la normale selon 16%. 
 

A noter qu’au quatrième trimestre de l’année écoulée, le taux d’utilisation des capacités de prestation des services marchands non financiers (TUC) se serait établi à 78%. 

L’activité du secteur aurait connu une hausse selon 40% des patrons et une baisse selon 38%, tandis que l’évolution de l’activité globale des services marchands non financiers aurait été accompagnée d’une légère hausse des prestations à l’étranger. 

S’agissant des ventes du secteur du commerce de gros sur le marché local au titre de ce même trimestre, il apparaît qu’elles auraient connu une hausse selon 36% des grossistes et une baisse selon 32 % d’entre eux. 
Par ailleurs, « les stocks de marchandises se seraient situés à un niveau normal selon 79% des grossistes et supérieur à la normale selon 15% », indique le HCP soulignant que la tendance observée des prix de vente aurait affiché une baisse, selon 39% des chefs d’entreprise et une augmentation selon 7% d’entre eux.

Alain Bouithy

LAISSER UN COMMENTAIRE