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Maroc. Le chômage poursuit son envolée au deuxième trimestre sous l’effet du Covid-19

L’économie marocaine a perdu 589.000 postes d’emploi entre le deuxième trimestre de 2019 et la même période de 2020.

Le Haut-commissariat au plan vient de rendre publics les chiffres du chômage au deuxième trimestre 2020. Sans surprise, il en ressort assez clairement que le marché du travail demeure dans une situation précaire, sous l’effet de la propagation de la pandémie du coronavirus (Covid-19), de l’état d’urgence et du plein confinement.

Selon l’institution publique, l’économie marocaine a perdu 589.000 postes d’emploi, entre le deuxième trimestre de 2019 et la même période de 2020,  résultant d’une perte de 520.000 postes en milieu rural et de 69.000 en milieu urbain, contre une création annuelle moyenne de 64.000 postes au cours des trois années précédentes.

Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre 2020, le Haut-commissariat indique que cette perte a touché tous les secteurs d’activité, particulièrement dans l’«agriculture, forêt et pêche», l’«industrie y compris l’artisanat», les «services» et dans le BTP.

Concernant le secteur de l’«agriculture forêt et pêche», il ressort que son volume d’emploi a baissé de 477.000 postes, entre le deuxième trimestre de 2019 et la même période de 2020 (12,7% du volume d’emploi dans ce secteur), contre une perte annuelle moyenne de 90.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes.

De son côté, le secteur de l’«industrie y compris l’artisanat » a perdu 69.000 postes d’emploi (5,1%), 37.000 en milieu urbain et 32.000 en milieu rural, contre une création annuelle moyenne de 32.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes, selon les données analysées par le HCP.

Quant au secteur des «services», il apparaît qu’il a perdu 30.000 postes d’emploi (0,6%), contre une création annuelle moyenne de 149.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes, souligne l’institution. 

S’agissant du secteur du BTP, les données font état de la perte de 9.000 postes d’emploi (0,8%), contre une perte annuelle moyenne de 27.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédentes.

Le HCP fait état également de la baisse de 45 à 22 heures du nombre moyen d’heures travaillées par semaine et par personne.

«En outre, 265 millions d’heures de travail par semaine ont été perdues par rapport au deuxième trimestre de 2019, ce qui équivaut à 5,5 millions d’emplois à temps plein», poursuit-il expliquant que cette baisse, de 53% au niveau national, a touché tous les secteurs, le BTP (71%), l’industrie y compris l’artisanat (63%), les services (54%) et l’agriculture, forêt et pêche (41%).

Dans ce contexte, le Haut-commissariat note que le nombre de chômeurs a augmenté de 496.000 personnes entre le deuxième trimestre de l’année 2019 et celui de 2020, passant de 981.000 à 1.477.000 chômeurs. Ce qui, précise-t-il, correspond à une augmentation de 50,6%.

A en croire le HCP, « cette hausse, résultant d’une augmentation de 311.000 chômeurs en milieu urbain et de 185.000 en milieu rural, a été enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé».

En outre, il ressort des chiffres du HCP que cinq régions concentrent 70,3% des chômeurs. Il s’agit de «Casablanca-Settat avec 22,9% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,1%), de l’Oriental (13,1%), de Fès-Meknès (12,1%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,1%)».

Durant cette même période, les données recueillies montrent que le taux de chômage s’est accru de 4,2 points, passant de 8,1% à 12,3%, relève l’institution rappelant que la dernière fois où il avait franchi la barre des 12% remonte au deuxième trimestre de 2001.

A en croire le Haut-commissariat, «ce taux a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3% à 7,2% et de 11,7% à 15,6%». 

Selon toujours le HCP, ce taux a également enregistré une forte hausse parmi les hommes, de 7,2% à 11,3% et les femmes, de 11,1% à 15,6% ; et a connu une forte hausse de 11,2 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 22,2% à 33,4%.

Il est à souligner que le taux de chômage des diplômés a enregistré une hausse de 3,7 points, passant de 14,5% à 18,2%. Elle « est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (+11,7 points et un taux de 37%), de diplômes et certificats de l’enseignement fondamental (+4,6 points et un taux de 14,9%) et de diplômes en qualification professionnelle (+3,8 points et un taux de 20,3%) », explique-t-on.

Notons enfin qu’entre le deuxième trimestre de l’année 2019 et celui de 2020, la durée moyenne de chômage est passée de 38 mois à 24 mois; le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 365.000 personnes, passant de 994.000 à 1.359.000 personnes au niveau national ; tandis que les secteurs ayant connu une forte hausse du taux de sous-emploi sont l’« industrie y compris l’artisanat» (+6,9 points), le «BTP» (+5,9 points) et les «services» (+3,8 points). 

Alain Bouithy

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