Le Maroc fixé ce week-end sur sa demande d’intégrer la CEDEAO

Enjeux et perspectives de l’adhésion du Royaume au marché économique ouest-africain

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Le Maroc jouit déjà du statut d’Etat observateur au sein de ce groupement.
Le Maroc devrait être fixé ce week-end sur sa demande d’intégrer la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), cinq mois après son retour triomphal au sein de l’Union africaine (UA). 
Les chefs d’Etat ouest-africains pourraient, en effet, se prononcer sur sa demande d’adhérer cet espace économique en tant que membre à part entière à l’occasion du 51ème Sommet de la CEDEAO prévu dimanche 4 juin à Monrovia au Liberia.
Le Maroc, qui jouit déjà du statut d’Etat observateur au sein de ce groupement, « espère vivement intégrer la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », au prochain sommet des chefs d’Etat, a affirmé  l’ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire, Abdelmalek Kettani, rapporte le site Connectionivoirienne.net notant que le diplomate marocain s’était ainsi exprimé lors d’une conférence-débat tenue récemment à Abidjan (Côte d’Ivoire).
Pour rappel, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Nasser Bourita, a rencontré vendredi 26 mai dernier le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, au cours d’un entretien qui a porté sur plusieurs questions régionales dont celle, justement, du prochain Sommet de la CEDEAO.
La veille, jeudi 25, le chef de la diplomatie marocaine s’était entretenu avec le président ivoirien, S.E.M. Alassane Ouattara, sur plusieurs sujets d’intérêt commun entre les deux pays, notamment celui concernant le prochain Sommet de la CEDEAO.
C’est en février dernier que le Maroc a officiellement formulé sa demande d’adhérer à la CEDEAO.
Si l’intégration  était actée, elle représenterait un enjeu économique important pour le Royaume et ce groupement sous-régional. Elle renforcera les relations commerciales et boosterait les échanges entre les deux parties.
L’intégration du Maroc, le premier investisseur africain dans cette partie du continent, devrait consolider son leadership dans cet espace qui compte plus de 300 millions d’habitants et regroupe 15 pays. A savoir : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana,  la Guinée Conakry, la Guinée Bissau, le Liberia, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Togo. Autant dire un marché important pour une économie nationale qui ne demande qu’à créer de nouveaux débouchés.
Les pays de la CEDEAO, qui est le premier au niveau commercial du Maroc, ne seront pas en reste. L’adhésion du Maroc à la CEDEAO devait donner une impulsion remarquable à ce groupement sous-régional, pense The Ghanaian Times.
Cité par la MAP, le quotidien ghanéen a fait observer récemment   que le Royaume, fort de sa position stratégique et de son économie performante, servira de plateforme incontournable pour la CEDEAO et permettra au groupement ouest- africain un accès aisé aux marchés européen, américain et arabe.
A ce propos, Les-yeux-du-monde.fr, un groupe de réflexion indépendant décryptant l’actualité internationale, affirmait il y a un mois que « la CEDEAO serait considérablement renforcée par une adhésion du Maroc puisque l’organisation, actuellement dominée par le poids du Nigeria, deviendrait la 16ème puissance mondiale en termes de PIB, juste devant la Turquie ».
Si l’intégration était actée, ce site estime que la CEDEAO bénéficierait également d’un accès stratégique à la Méditerranée et ne serait donc plus cantonnée à sa rive atlantique.
Un avis partagé par le journal ghanéen qui souligne que cette adhésion pourrait changer la dynamique de la production, des exportations et du commerce des pays membres de la CEDEAO et renforcer leur croissance économique. Ce qui, assure-t-il, soutiendra l’introduction d’une monnaie régionale unique.
Comme l’a relevé récemment l’ambassadeur du Maroc au Ghana, Hamid Chabar, lors d’une rencontre à Accra, le Maroc dispose d’une grande expérience et expertise dans différents secteurs qu’il s’est engagé à mettre à la disposition des autres pays africains. Ce qui sera une excellente chose pour les économies de cette région.
Pour Cheikh Tidiane Dieye, directeur exécutif du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le Développement (CACID), il n’y a donc pas de doute que l’entrée du Maroc  dans cet espace économique servira les deux parties. L’expert économique sénégalais rappelle d’ailleurs que le Maroc met à la disposition des pays africains des capitaux, investit dans le continent et jouit d’une expérience importante sur le plan technologique, ce qui, selon lui, ne peut être que « très bénéfique » pour cette région.
Enfin, dans sa dernière lettre mensuelle « Maroc Conjoncture », consacrée justement à la perspective d’intégration du Maroc à la CEDEAO, le Centre marocain de conjoncture (CMC) souligne que l’initiative d’adhésion à cet espace économique vise à ouvrir pour le Maroc de nouveaux horizons plus prometteurs à travers le développement de ses relations avec les pays subsahariens et peut être évaluée à travers la dynamique d’exportation, rapporte la MAP.

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