Maroc: Exposition Krifla Ahmed «Hommage au printemps»

Du 3 mai au 3 juin 2018 à la galerie d’art B & S Art Gallery de Casablanca

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Pour faire bon poids bonne mesure, la galerie B&S Art Gallery de Casablanca a choisi de rendre un vibrant hommage à l’une des figures emblématiques de la peinture au Maroc : Ahmed Krifla. Ce plasticien autodidacte, natif de Taza, y dévoilera  ses œuvres sur le thème « Hommage au Printemps».

Prévue du 3 mai au 3 juin 2018 prochain, cette exposition se veut une rétrospective qui,  au-delà du déploiement temporel des travaux de l’artiste, met l’accent sur la genèse de l’œuvre, son évolution au niveau même du processus créatif.

Du 3 mai au 3 juin, l’artiste peintre autodidacte Ahmed Krifla  expose ses œuvres  à la galerie  B &S  Art Gallery  de Casablanca autour du thème «Hommage au Printemps ». C’est l’occasion pour les passionnés de découvrir une palette riche à plus d’un titre et une démarche artistique singulière, exigeante et poétique.

Natif de Taza en 1936, Ahmed Krifla présente un parcours exemplaire fait de recherches et d’investigations, de trouvailles et d’expériences vécues en diverses périodes, qu’il réactive de manière synchronique dans l’indifférence de la linéarité temporelle.  Il porte les questionnements de la vie, célèbre son entourage et propose un émerveillement aux regards, même les plus blasés. Sa palette hisse ses engagements,  sa gestuelle large taraude les flous et sa mémoire retient les vérités perçues à Taza. C’est d’ailleurs ses pairs l’ont surnommé le «Douanier Rousseau».

Sa peinture est résolument figurative présente des paysages, des scènes de famille, des champs de blé, un coin boisé, une oliveraie, des poteries… Il est aussi un peintre surréaliste puisqu’il utilise à profusion les couleurs vives notamment le rouge, le violet et l’orange.

Ahmed Krifla travaille aussi sur les ombres et lumières pour laisser se manifester la dualité entre le réel et l’imaginaire. Cette exposition met en lumière cette démarche créatrice dans sa complexité artistique et sémantique, doublée d’une quête poétique sans cesse interrogative. Cette intensité anéantit brutalement les nuances et les tons intermédiaires.

Plus qu’une technique, plus qu’un effet, c’est un concept qui élève le principe fondamental du rapport  entre l’artiste-peintre et son entourage. Un concept immuable qui animera, indéfiniment, les passions. D’où l’importance de cette exposition à travers laquelle le galeriste Boubker Kadiri manifeste son attachement depuis plusieurs années à l’œuvre de son ami Krifla.

Entre les deux, une belle histoire d’amitié qui est célébrée aujourd’hui par le biais de cet hommage à la palette riche et variée de notre artiste. Boubker Kadiri, un an après l’ouverture de la galerie décide aujourd’hui de mettre en œuvre une idée qui a germé depuis bien longtemps : rendre hommage à son vieux complice et retracer le parcours pictural de ce dernier.

Merveilleusement dominée par les mains de l’artiste, la série de tableaux que propose cette exposition  transperce tout amateur d’art plastique. La manière que notre peintre déploie dans la distribution des éléments rend ses œuvres très attractives. Celle-ci pourrait être comprise comme une rationalisation de l’espace.

««Chez Krifla, le réalisme et le naïf s’entremêlent pour créer un univers particulier. Les compositions de paysages sont nettes, presque géométriques, dans des couleurs claires (vert, jaune, orangé). La nature, Au bord de la rivière et le monde rural, La récolte, restent ses thèmes de prédilection. L’artiste ou «l’artisanpeintre » s’inspire de la vie quotidienne et propose des scènes intimes ou de la vie sociale, Kissaria (a): On pourrait parler de figuration narrative. Krifla, dans ses oeuvres, raconte sa vie, rend présents les paysages de sa région ou du sud ; ses tableaux mettent en lumière la peur, la vieillesse, la dureté de la vie», souligne la critique d’art Dounia Benqassem, auteur du «Dictionnaire des Artistes Contemporains du Maroc» paru aux Editions Africarts.

Bio-express

Né en 1930 dans la région de Taza, Ahmed Krifla, enfant, aide sa mère en peignant des poteries qu’elle fabriquait. Les pièces décorées remportent du succès et il finit par s’occuper seul des pigments et des dessins. Il commence vraiment à peindre des tableaux en 1946 et il est sollicité pour orner les murs des maisons. Il expose dès 1946 dans une école privée. Sa première exposition a lieu à Casablanca en 1957. Il exposera ensuite douze années de suite au théâtre municipal de Casablanca (détruit depuis les années 1980). Il vit et travaille à Taza.

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