Maroc: Aggravation du déficit commercial de 8,6% en début d’année

Accroissement des importations à +2.580MDH plus important que celui des exportations (+1.329MDH), selon l’Office des changes

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Le Maroc peine toujours à réduire son déficit commercial qui s’est à nouveau creusé à fin janvier 2019, selon des chiffres publiés récemment par l’Office des changes.

A en croire l’établissement public, les échanges commerciaux au titre des biens ont enregistré à fin janvier dernier un accroissement des importations de +2.580MDH, plus important que celui des exportations qui s’est établi à +1.329MDH.

Dans une note sur ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois de janvier, l’Office des changes fait ainsi état du creusent du déficit commercial de 8,6% qui s’est alourdi de 1.251MDH, établissant ainsi le taux de couverture à 60,1% au lieu de 60,7% un an auparavant. 

L’analyse des données recueillies par l’Office montre que la hausse des importations de biens est imputable à l’accroissement des importations de la majorité des groupes de produits, principalement des achats de demi-produits (+1.008MDH), de produits bruts (+727MDH) et de produits finis de consommation (+573MDH). 

Dans sa note, l’Office a relevé également la baisse de 5,4% de la facture énergétique qui a  atteint 5.875MDH contre 6.208MDH une année auparavant, soit un recul de 333MDH. Ainsi, la part de celle-ci dans le total des importations s’est située à 14,8% (dont 7,5% des achats de gas-oils et fuel-oils) contre 16,8% un an auparavant. 

Quant aux approvisionnements en gasoil et fuel-oil, les indicateurs du commerce extérieur de l’Office les ont établis à 2.965MDH contre 3.003MDH à fin janvier 2018, soit 39MDH en moins. 

Pour l’Office, cette évolution est due essentiellement à la baisse des quantités importées (560mT contre 583mT, soit -4%), notant cependant un accroissement des prix de 2,8% (5.295 DH/T à fin janvier 2019 contre 5.151 DH/T un an auparavant). 

Commentant l’évolution des importations de biens d’équipement au titre de cette même période, l’Office a noté que celles-ci ont enregistré un accroissement de 3% à +280MDH par rapport à janvier 2018, passant ainsi de 9.410MDH à 9.690MDH. 

S’agissant des importations de demi-produits, elles ont progressé également en s’établissant à 9.035MDH contre 8.027MDH un an auparavant, ce qui correspond à un accroissement de +12,6% soit +1.008MDH. 

A noter que la part des achats de ces deux groupes de produits dans le total des importations a connu une amélioration de 0,2 point au cours du même mois, ce qui représente une hausse de 47,3% contre 47,1% une année auparavant. 

D’après l’Office, «les exportations progressent suite à la hausse des ventes de la majorité des secteurs, essentiellement celles des phosphates et dérivés (+637MDH), du secteur de l’agriculture et agroalimentaire (+177MDH) et du secteur de l’automobile (+135MDH)», a-t-il expliqué notant, en revanche, une baisse de 29,1% équivalant à 30MDH du secteur de l’industrie pharmaceutique. 

Des données recueillies par l’Office, il apparaît que «la dynamique des exportations du secteur automobile à fin janvier 2019 résulte essentiellement de la progression des ventes du câblage (2.795MDH au lieu de 2.752MDH une année auparavant, soit +1,6% ou +43MDH) et dans une moindre mesure de la construction automobile (3.231MDH contre 3.204MDH, soit +0,8% ou +27MDH) ». 

Selon l’Office des changes, la part de ce secteur dans le total des exportations s’est alors élevée à 30% contre 31,1% un an auparavant. 
Ainsi, a-t-il précisé, «l’écosystème de la construction automobile représente la part la plus importante : 45,3% à fin janvier 2019 en baisse de 0,5 point par rapport à janvier 2018, suivi du câblage avec 39,2%». 

Quant à la hausse des exportations des phosphates et dérivés constatée à fin janvier dernier, elle provient de la progression des ventes d’acide phosphorique (+385MDH) et celles des engrais naturels et chimiques (+321MDH), a expliqué l’Office, indiquant toutefois qu’elle a été atténuée par le recul des ventes des phosphates. 

Au final, la part de ce secteur dans le total des exportations s’est située à 14,3% contre 12,3% à fin janvier 2018. 

A noter que les données relatives aux exportations des principaux secteurs se basent, désormais, sur la nouvelle nomenclature des «Ecosystèmes», mise en place dans le cadre du Plan d’accélération industrielle 2014-2020. 
D’après les précisons de l’Office, «cette nouvelle approche permet de mettre à la disposition des décideurs publics et des opérateurs économiques un outil de suivi de ce plan stratégique notamment par l’élaboration d’indicateurs de pilotage de l’offre exportable». 

A noter que l’analyse des échanges de services fait apparaître que les exportations et les importations ont reculé respectivement de 6,4% (-973MDH) pour atteindre 14.207MDH contre 15.180MDH et de 8,3% (-750MDH) pour s’établir à 8.253MDH contre 9.003MDH. 

«Ainsi, la balance commerciale au titre des services fait ressortir un excédent en baisse de 3,6% ou -223MDH : +5.954MDH contre +6.177MDH à fin janvier 2018», a fait observer l’Office indiquant, en outre, que les recettes voyages ont atteint 5.888MDH à fin janvier 2019 contre 6.339MDH à la même période de l’année précédente (-451MDH ou -7,1%). 

Quant aux dépenses voyages, elles ont connu une amélioration de 120MDH à fin janvier 2019, équivalant à une progression de +7,8% ou 1.653MDH. 
Notons enfin que les envois de fonds effectués par les MRE se sont établis à 5.402MDH contre 5.950MDH à la même période de l’année précédente, soit une baisse de 9,2%. 

Alain Bouithy

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