Le magistère d’une femme

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La présidente du Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a prêté serment jeudi à Bangui.

Pourquoi faut-il toujours trouver une caractéristique masculine à une femme qui accède à la magistrature suprême ? Ne saurait-elle pas seulement présider au destin de son pays avec une nature propre à la femme, et surtout propre à elle-même ? On fait dans les qualificatifs comme « femme de poigne » ou « maire la rigueur » dans certains médias, quand on ne trouve pas simplement des similitudes de l’hégémonisme bien-pensant entre Catherine Samba Panza (RCA) et Margareth Thatcher (Grande-Bretagne), pour accoler à celle-là, le qualificatif trouvé naguère à celle-ci, comme pour se résoudre à accepter le fait de se faire diriger par une femme.

En tout cas, cela nous ramène à l’analyse du pouvoir politique que nous avons proposée aux critiques dans Le Conseiller du Prince (paru en 2009, aux éditions l’Harmattan), sans qu’ils s’en soient forcément saisi, occupés certainement par l’impétigo de l’esprit de raccourci que leur impose le politiquement machiste.

A l’évidence, le complexe machiavélien à la dent dure sur les imaginaires culturels masculins en ce qui concerne la gestion des affaires politiques ; tant l’ombre du Prince de Machiavel plane sur le monde depuis plus de cinq siècles. C’est comme si le monde ne pourra jamais se défaire de ce schéma du pouvoir politique ; quand bien même l’évolution des mœurs nous montrent qu’il faut miser femme pour apaiser l’Etat de guerre que favorise à bien des égards la virilité masculine au pouvoir. L’expérience Sirleaf est plus que probante.

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