Ma rencontre avec Jacques CHIRAC

0
475

TRIBUNE. En 1980 Jacques Chirac est invité au congo Brazzaville pour célébrer les cent ans de la ville de Brazzaville. Je fus à cette époque étudiant en licence de sociologie à l’université de Brazzaville.

Dans la délégation française Jacques Chirac était accompagné de Pierre Mesmer ancien premier ministre et Pierre Bas ancien député maire du 6 e arrondissement , ancien collaborateur du général de Gaulle.

Mr Pierre Bas a connu mon père dans le mouvement gaulliste où celui ci s’occupait du journal Étincelle , journal de propagande du mouvement gaulliste , puis délégué général du R P F ( rassemblement du peuple français ) parti gaulliste avant de devenir député uddia parti de Fulbert Youlou. 

Lorsque Jacques Chirac arrive à Brazzaville en 1980 , il demande à Pierre Bas de retrouver les anciens gaullistes locaux et c’est dans cette circonstance que mon père n’étant pas à Brazzaville , un émissaire vient au campus universitaire nous apporter l’invitation mon frère aîné paul Alexandre Mapingou et moi. 

En me rendant à l’hôtel méridien de Brazzaville, Pierre Bas m’a présenté à Jacques Chirac et Pierre Mesmer en ces termes : ” Marc est le fils de l’un des nôtres “. J’étais impressionné par le charisme de Jacques Chirac et sa bienveillance car il me posera des questions sur mes études. 
C’était un grand honneur de rencontrer celui qui se presentait déjà à l’époque comme l’héritier du Gaullisme. 

Pour l’anecdote , cette rencontre m’a provoqué beaucoup d’ennuis car la sécurité d’État dirigée à l’époque par le général Emmanuel Gouelendele me traquera en utilisant des agents comme Gaston Azodie et Goma Mouko qui durant toute cette année scolaire me chargeront avec des interrogatoires à la sécurité d’État. 

Arrivé en 19 81 à Paris , où le député maire du 6e arrondissement de Paris et me recommandant à la mission universitaire de France où je fus hébergé rue mabillon dans le 6e arrondissement. 
C’est ici l’occasion de remercier mr Steve Gentili , actuel président de la banque populaire bred auprès de qui Pierre Bas m’avait confié pour m’introduire dans le milieu de la jeune garde gaulliste. 

J’ai à cette occasion fait la connaissance de Jacques Godefrain ancien ministre de la coopération et actuel président de la fondation Charles de Gaulle. 
Je n’oublie pas Nicolas Sarkozy , Michel Roussin , Eric Raoul , Devaquet ,Toubon et bien d’autres. 

J’avais souvent revu Jacques Chirac à la mairie de Paris en compagnie de Steve Gentili. 
En 1990 , lorsque pascal Lissouba me fait l’honneur de diriger sa campagne électorale , mon frère aîné paul Alexandre Mapingou et moi le presenterons à Raymond Barre dans ses bureaux du boulevard Saint-Germain des prés et aussi à Pierre Mesmer. 
La droite française se reconciliait avec Pascal Lissouba considéré par les gaullistes comme un communiste. 

C’est mr Phillipo un proche de Chirac qui nous pretera ses bureaux rue villersexel dans le 7 e arrondissement pour travailler et préparer le retour de pascal Lissouba pour briguer la présidence de la république du Congo. 

Elu président de la république en 1992 , pascal Lissouba n’a pas su bien gerer sa relation avec les gaullistes car il considérait Jacques Chirac comme un grand ami de Sassou Nguesso. 
L’homme d’affaires Alexandre Djouri un proche de Jacques Chirac et de Dominique De Villepin aura tout fait devant moi pour rapprocher pascal Lissouba de Jacques Chirac en vain.
Lorsque Jacques Chirac se présente en 1995 à l’élection présidentielle , il dépêche jacques Godefrain à Brazzaville en compagnie d’un ancien de la libération pour deposer une gerbe de fleur au monument de Gaulle à Brazzaville. 

Avant ce voyage Jacques Godefrain à l’époque député m’invite à l’assemblée nationale pour faire passer le message suivant à pascal Lissouba : ” Marc , je vais à Brazzaville avec un message du candidat Jacques Chirac au président de la république pascal Lissouba. 
Chirac assume et confirme ses relations avec Denis Sassou Nguesso mais reconnait que le Congo a désormais un chef qui est pascal Lissouba .

La France et le Congo ont une longue histoire , et une fois président de la république française , Jacques Chirac aura des rapports conviviaux avec Pascal Lissouba pour le respect et les intérêts de deux pays”.
Le message était clair , il s’agissait de garantir pascal Lissouba qui avait des préjugés sur Jacques Chirac. 

Quelques mois plutard Jacques Chirac sera elu président de la république française et Jacques Godefrain sera nommé ministre de la coopération. 

Jacques Chirac organise un voyage officiel à Brazzaville et pascal Lissouba me demande de revoir le milieu Gaulliste pour faire partie de ce voyage. 

Je rencontre un de mes amis , Denis Tillinac l’écrivain proche de Jacques Chirac et par la même occasion je revois Jacques Godefrain. 
À Brazzaville , la rencontre Denis Tillinac Pascal Lissouba est un grand moment où deux intellectuels s’apprécient et d’ailleurs Denis Tillinac reconnaîtra que pascal Lissouba était une promesse pour l’Afrique. 
Cette appréciation me rappelle la rencontre que pascal Lissouba avait eu avec Raymond Barre en 1991.

Ce sont des moments particuliers où on est fier d’être congolais lorsque l’un des vôtres est considéré comme une intelligence particulière. 
Pascal Lissouba est un homme de grande culture. 

Je ne nie pas en évoquant mon histoire personnelle avec le Gaullisme ou Jacques Chirac que celui ci n’ait pas fait du mal aux congolais en soutenant le coup d’État de Sassou Nguesso en 1997.

Sa déclaration imprudente et malheureuse où il remerciait la force expéditionnaire voire mercenaire angolaise d’être intervenue pour chasser pascal Lissouba , un président elu democratiquement est une grande tâche noire dans la politique africaine de Chirac. 
Beaucoup de congolais auront des avis mitigés sur un personnage que son peuple rend hommage. 

Dans ce récit , je n’ai pas voulu soulever des polémiques surtout que depuis que j’écoute les oraisons funèbres , je vois rarement des hommes civilisés étalés leurs contentieux avec les morts.
L’histoire de la France et mon pays est très complexe. 

En 1997 après que pascal Lissouba ait perdu le pouvoir , j’ai eu le privilège de discuter souvent avec lui à Paris. Un jour , visage pensif il nous dira:
4 personnes m’on fait du mal , il ya Omar Bongo , Edith Bongo , Jacques Chirac et Sassou Nguesso. Tous ces quatre iront avant moi.
À la mort de son épouse Omar Bongo m’a reçu et j’ai encore l’image d’un homme qui voulait se repantir après avoir lâché son frère pascal Lissouba. 

Après tout quoi que l’on dise la vie d’un homme politique est faite d’une part d’ombre et de lumière.

Que la famille Chirac trouve ici ma grande émotion lorsque j’ai appris cette nouvelle et que les gaullistes puisent dans cette expérience les armes d’une refondation et d’un nouveau regard sur l’Afrique car depuis le départ du général de Gaulle , l’Afrique a beaucoup changé avec des générations nouvelles qui se prennent en charge et militent pour une Afrique digne et libre.

Marc MAPINGOU

LAISSER UN COMMENTAIRE