Loin de nos cimetières et pourtant ils veillent sur nous

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Marc Mapingou

TRIBUNE. Beaucoup d’entre eux sont morts sans que nous les ayons revus. Ils sont partis emportant quelquefois avec eux , leurs secrets , sans transmettre. Nous n’étions pas là , c’est le prix à payer lorsque vos convictions politiques vous condamnent à l’exil .

Les absents ont toujours tort .
Le Congo Brazzaville notre pays est rempli de cimetières qui ne seront pas fleuris en ce début de mois de Novembre. Notre pays a aussi des fosses communes creusées par des miliciens, pour enterrer leur honte, je veux dire la petitesse de leurs actes odieux. La légende nous raconte que Ange Diawara et son ami Ikoko sans oublier d’autres victimes ont été jetées et assassinées dans des fosses communes, aujourd’hui balayées par ces grandes pluies du mois de Novembre.

La famille du président Alphonse Massamba Débat, médite dans le silence , car comme tous les Congolais, difficile de savoir ce que les bourreaux du président Alphonse Massamba Débat avaient fait de son corps.

Ce début du mois de Novembre est aussi triste pour le général Jean Marie Michel MOKOKO qui n’a pas pu participer aux obsèques de sa mère de façon digne , et qui malheureusement repose seulement à quelques mètres de sa cellule de prison, au cimetière du centre ville.

À la Conférence nationale souveraine de 1991, j’avais compris qu’un pays était la rencontre des vivants et de morts, et que la réconciliation d’une nation devait obligatoirement passer par cette association.
J’ai compris aussi que je ne pouvais pas terminer ce texte sans penser aux disparus du beach, ces jeunes sacrifiés, assassinés du simple fait d’appartenir à une région.
Les disparus du beach n’ont pas aussi des tombes, leur âme en errance réclame toujours la Vérité et les poètes iront jeter des roses ou plutôt les myosotis sur le fleuve Congo pour leur dire :
« NOUS NE VOUS OUBLIERONS JAMAIS ».

On dit souvent que le meilleur Refuge pour ceux qui sont morts, c’est notre cœur. Nombreux n’iront pas fleurir les tombes des leurs proches aujourd’hui. Voilà pourquoi j’ai pensé particulièrement aux victimes de l’intolérance politique qui ont été assassinées et jetées dans des fosses communes, ou dans la nature sans que l’on repère leurs corps.

J’ai pensé à mes amis en exil , loin des leurs , et qui ne fleuriront pas les tombes des parents.
Une seule assurance : « CEUX QUI SONT PARTIS VEILLENT SUR NOUS ».

Marc MAPINGOU

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