Loi de finances 2018 : Le projet d’exercice arrêté en ressources 1 602 619 295 029 FCFA et en dépenses à 1 383 619 295 029 FCFA

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Le ministre Thierry Moungalla

Le Conseil des ministres du 27 décembre 2017 a arrêté la loi des finances exercice 2018 en ressources, à mille six cent deux milliards six cent dix-neuf millions deux cents quatre-vingt-quinze mille vingt-neuf (1 602 619 295 029) francs CFA, et en dépenses, à mille trois cent quatre-vingt-trois milliards six cent dix-neuf millions deux cent quatre-vingt-quinze mille vingt-neuf (1 383 619 295 029) francs CFA soit un excédent budgétaire prévisionnel de deux cent dix-neuf milliards (219 000 000 000) de frs CFA, destiné à résorber le déficit en ressources de trésorerie.

Au plan de la trésorerie, la loi de finances pour l’année 2018 projette un déficit de trésorerie estimé à sept cent soixante-dix-huit milliards neuf cent millions (778 900 000 000) de frs CFA, qui fera l’objet d’un financement selon les modalités suivantes soit un financement intérieur (apport solde budgétaire excédentaire) : 219 000 000 000  frs CFA et un financement extérieur (apport bailleurs de fonds internationaux) : 559 000 000 000 frs CFA.

Evoquant la situation économique internationale, le ministre Nganongo a d’emblée relevé que les principales institutions financières, dont le Fonds Monétaire International, ont constaté une légère amélioration de la croissance du PIB mondial, et ce grâce entre autres à l’affermissement de l’activité économique des pays émergents et en développement. En conséquence, la croissance mondiale passera de 3,6% en 2017 à 3,7% en 2018.

Pour ce qui concerne les pays les plus avancés, le FMI prévoit pour 2018 une stabilité du taux de croissance à 2%, comme en 2017. A cet égard, avec un taux de croissance de 2,3%, les Etats-Unis connaitront une situation un peu plus favorable que la zone euro, laquelle connaitra un léger fléchissement de sa croissance, qui descendra à 1,9% en 2018 contre 2,1% en 2017, et que le Japon qui devrait subir un ralentissement plus prononcé.

La meilleure performance prévue des pays émergents et en développement s’expliquera, en premier lieu, par l’amélioration des cours mondiaux des produits de base (pour les pays exportateurs) et, en second lieu, par un rebond important de l’Inde, qui aidera à porter le taux de croissance des pays de cette catégorie à 4,9% en 2018, contre 4,9% en 2017.

A contrario de cette conjoncture internationale plutôt favorable, l’économie congolaise a continué à subir les effets de la récession constatée en 2016 et accentuée en 2017, avec une croissance négative de 4,6%.

Cependant, le Congo devrait renouer avec une légère croissance, dont le taux prévisionnel est fixé à +0,7% en 2018, et ce grâce à un regain d’activité du secteur pétrolier, caractérisé entre autres, par l’entrée en production du nouveau champ Moho Nord.

C’est dans ce contexte relativement déprimé que le projet de loi de finances soumis à l’examen du Conseil des ministres a été élaboré.

Le timide retour à la croissance doit permettre une résorption des déséquilibres des finances publiques.

Prenant la parole, M. Clément Mouamba, Premier ministre, chef du gouvernement, a mis en perspective le projet de loi de finances soumis à l’examen du Conseil des ministres. Il a rappelé qu’il s’inscrivait dans les grandes lignes du programme qui sera bientôt conclu avec le Fonds monétaire international, ce dont les experts récemment de passage dans notre pays ont pu convenir avec les autorités.

Le Premier ministre a ajouté que le projet de budget s’articulait autour de quatre axes essentiels, à savoir, le maintien d’un niveau d’investissements permettant de soutenir une certaine activité économique, malgré la crise, le préservation des filets sociaux, notamment en faveur de nos compatriotes les plus fragiles ; l’engagement pris auprès du FMI de ne pas impacter les salaires et traitements des fonctionnaires et agents de l’Etat dans le futur programme ; les efforts rendus nécessaires de réduction substantielle du train de vie de l’Etat.

Prenant à son tour la parole, M. Denis Sassou N’Guesso, président de la République, chef de l’Etat, tout en rappelant la nécessité pour tous et pour chacun de prendre acte des grandes masses du projet présenté, a appelé l’attention des membres du gouvernement sur la nécessité d’enclencher, malgré la conjoncture difficile, une politique vigoureuse de diversification de l’économie congolaise.

Ce projet est attendu en lectures et adoption par les deux chambres du Parlement.

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