Lizbeth Mabiala plaide pour l’existence de salles de cinéma dans les quartiers

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Lizbeth Mabiala, artiste comédienne et réalisatrice.

Communicatrice de formation, Mlle Lizbeth Mabiala est également artiste comédienne et réalisatrice. Elle vient de réaliser an compagnie de plusieurs artistes congolais et étrangers à Pointe-Noire et à Brazzaville un film intitulé Kinkoko avant de plaider à travers la rédaction de Pagesafrik (ex-Starducongo) à Brazzaville en faveur de l’existence de salles de cinéma dans les quartiers des villes du Congo Brazzaville.

Pagesafrik/Starducongo: Peut-on avoir une idée du titre et du contenu de ce film que vous réalisez ? 

Lizbeth Mabiala:
Je suis entrain de réaliser un film intitulé Kinkoko. Il porte sur les droits des enfants et les conséquences des guéguerres autour des Kinkokos sur la vie des enfants. Le choix de ce titre s’explique par le fait que je suis née dans une région, la région du Kouilou et à Pointe-Noire, où on parle beaucoup de ce pouvoir. Il y aussi le caractère national de ce pouvoir qu’on retrouve dans tout le pays à travers différentes dénominations.Peut-on dire que c’est le premier film ?

Lizbeth Mabiala : Non, c’est le sixième comme actrice et le troisième en tant que réalisatrice. Le premier porte le titre «Au secours» que j’ai réalisé en 2012 ; le second est intitulé « Dilemme» en 2014 et le troisième en cours de réalisation, je veux parler de Kinkoko.

Pourquoi avoir fait venir des acteurs étrangers aux côtés des congolais pour le réaliser ?

Lizbeth Mabiala: Je crois que pour aider notre cinéma à émerger, il faut mettre en place des stratégies. J’ai remarqué qu’on s’engloutissait par manque d’accompagnement.J’ai pensé que c’était peut-être nous qui ne proposions pas de produits de qualité. Alors, j’ai voulu faire quelque chose d’assez grand et de mieux, ce n’est pas pour dire que je fais mieux que les autres, mais j’ai voulu innover en créant une certaine interactivité entre les pays d’Afrique, ça aiderait d’autres nations et pourquoi pas la nôtre.
Je pense qu’une Afrique unie est une Afrique plus forte. C’est à cet effet que, pour ce premier film, j’ai fait venir Michel Bohiri. Toutefois, j’ai un projet plus grand qui sera une série télévisée avec des acteurs d’autres pays. Ce qui est sûr, c’est qu’on a besoin de travailler avec d’autres pays pour que nous produisions mieux que ce que nous faisons actuellement.Ce sera également l’occasion de faire valoir notre cinéma.

Peut-on penser que la présence de Michel Bohiri est une sorte de caution pour le succès de ce film ?
Lizbeth Mabiala:
Même à Hollywood, il existe des têtes d’affiche. Lorsqu’on veut faire un cinéma à vendre, il faut étudier toutes les stratégies possibles et choisir la meilleure. Utiliser une tête d’affiche est une très bonne chose et c’est important dans le cinéma. Il faut souligner que je n’ai pas seulement fait appel aux services de Bohiri comme tête d’affiche. D’abord, c’est un acteur que j’apprécie beaucoup depuis lorsque je regardais le film Ma famille à la télévision.La présence de Michel Bohiri a crédibilisé le projet. Je crois que cela aidera à ouvrir d’autres portes.
En réalité, je m’étais dit que j’écrivais un film sur mesure. En écrivant ce film, j’avais déjà un acteur dans la tête. Cette manière de faire a facilité le contact entre ces acteurs et chacun dans son rôle.
Je suis à ce jour à 75% de réalisation de ce film, et j’en suis fière. Je sais que nous allons faire une grande œuvre.

Quel est l’apport des sponsors en tant que troisième main ?

Lizbeth Mabiala: Je n’ai malheureusement pas cette troisième main. Il faut le dire clairement, je m’endette. Je puise également dans les fonds propres et j’ai quelques amis qui m’accompagnent parce que le projet coûte des millions de FCFA. Je suis déjà à 22 millions FCFA de dépenses et ça me donne des maux de tête mais il faut tenir. J’aime tellement ce que je fais et je suis certaine que ça ira de l’avant et du coup, je ne vois pas le sacrifice mais je crois en l’avenir.
Je vais dans le sens du goût du risque et c’est ce qui m’attire chez les anglophones. On dit souvent que celui qui ne risque rien n’a rien. J’en profite pour lancer un appel à des personnes qui peuvent aider d’une manière ou d’une autre, nous les recevons à bras ouverts.

Comment vivez-vous la sélection de vos films aux différents festivals et qu’envisagez-vous dans les jours à venir ?

Lizbeth Mabiala: Je parle des festivals du cinéma. Le premier auquel l’un de mes premiers films a été sélectionné, c’est le festival Yara au Cameroun. Il m’a permis de voir le travail des autres. Ce que j’aime dans les festivals, c’est l’échange avec les professionnels. On apprend beaucoup et ce n’est pas bien de rester enfermés dans notre cercle du Congo.On ne découvre pas de nouvelles choses. Il faut reconnaitre que mon premier contact à un festival n’a pas été facile mais tenant compte du fait que j’ai fait communication, théâtre et musique, ça n’a pas été difficile de me retrouver au milieu des gens. C’est l’expérience acquise aux festivals qui a fait que je fasse ce film. Il est même mieux fait que les autres.

Avez-vous un plan de communication pour soutenir votre production ?

Lizbeth Mabiala: Le plan de communication se prépare. Si je me suis permis de déplacer Michel Bohiri et une vingtaine d’acteurs, ce n’est pas pour faire un film que je mettrai dans un tiroir. Nous préparons une forte stratégie de communication, pour qu’à la sortie du film, que tout le monde sache qu’un film est sorti à Brazzaville. C’est un film qui sera distribué par une maison de distribution française et sortira en France. Il suffit de lui livrer un produit fini.

Un coup d’œil vers le futur ?

Lizbeth Mabiala: Je serai comblée de constater la présence de salles de cinéma dans tous les quartiers. Je me pose la question de savoir comment on peut parler de cinéma sans salles.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou

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