Livre : «Le suffrage du placenta» de Florent Sogni Zaou, un roman-hymne à l’amour du prochain

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«Un enfant, une femme, deux destins. Saint Timothée Tchississi, à l’âge de onze ans, se voit réveillé par un esprit extraordinaire. Attiré par la présence d’une femme en haillons qui marque, à tout moment, un arrêt devant le portail de leur domicile, le héros Saint Timothée Tchississi se confronte à un questionnement. Pourquoi son attachement inexplicable et inexpliqué à cette femme en haillons et qui souffre de démence ? Une interrogation qui trouve sa réponse à travers la vie tumultueuse du héros qui va découvrir, par la force du destin, que cette femme qui souffre de folie, n’est autre que sa mère biologique. Et se révèle dans ce récit plein de rebondissements le pouvoir du placenta entre l’enfant et sa mère qui n’a pu l’élever pour des raisons indépendantes de sa bonne volonté» peut-on lire sur la quatrième de couverture de ce nouveau titre.

Le suffrage du placenta  publié par les éditions Langlois Cécile à Paris en France compte 210 pages et dix-sept chapitres. Il s’ouvre par une citation de son père qui estimait qu’il pouvait mourir en paix après avoir réussi à éduquer ses enfants, considérant qu’il venait ainsi de transformer un grain de sable en pépite d’or. L’auteur n’a pas jugé utile de faire préfacer son ouvrage. «Si personne ne vous indique le bon chemin ou ne vous oriente, vous allez droit aux murs» est un proverbe en langue Vili, une sorte de conseil à la jeunesse qui pense toujours avoir raison en tout. 

Dans ce roman, l’auteur rapporte l’histoire d’un enfant nommé Saint Timothée Tchississi retrouvé un matin devant le portail du maire de la ville de Ponteville. Il est confié à une famille en qui l’officier d’état civil a confiance avec la bénédiction du curé de la paroisse de la localité. A onze ans, l’enfant remarque le passage d’une folle avec un baluchon qu’elle ne quitte jamais. Il prend l’habitude de partager son sandwich avec elle et éprouve le plaisir de l’attendre devant le portail chaque matin. 

Ne connaissant pas son identité réelle, il lui attribue le nom de Lilahou qui renvoie à une personne souffrant de folie. Il l’appelle ainsi à un des rares moments de lucidité. Ce nom provoque un électrochoc avec pour conséquence la disparition de la jeune femme de la circulation.

Saint Mathieu Tchississi entame une recherche vaine dans tous les coins et recoins de la ville. Il y associe toute la famille, ne comprenant pas la raison de cet attachement maladif. Revenant de l’école, il la reconnait dans un dépotoir  et la voit plongeant les mains dans des bacs à ordures. Il la hèle et lui demande de cesser de se disputer des morceaux de viande faisandée avec les chiens, les oiseaux et les lézards.

C’est dans cette ambiance de recherche de cette jeune femme qu’il réussit à son baccalauréat. Il quitte la localité contre son gré, toute sa pensée tournée vers cette femme, pour l’université dans la capitale politique Latanda où se trouve l’unique université. Du fait des grèves à répétition des enseignants, des personnels non-enseignants et des étudiants qui revendiquent le salaire et la bourse, le gouvernement proclame une année blanche. Il est obligé de rentrer à Ponteville où il recommence à ses recherches pour retrouver Lilahou.

Il finit par la retrouver un matin faisant l’objet d’une agression par des bandits pour avoir pris une patate sur un étal.

Ne supportant pas de voir un être humain ainsi maltraité, il engage une bagarre sans savoir l’identité de la personne qu’il défend. Il réussit à assommer le bourreau de la jeune femme avant de la conduire à l’hôpital où elle est prise en charge par le service médical.

Elle y passe quelques jours avant de quitter la chambre d’hospitalisation sans saluer. Un sentiment de haine la traverse et vit assez mal cet acte d’ingratitude. Il se remet toutefois à sa recherche pendant que ses parents cherchent le moyen de lui annoncer que cette débile est sa mère biologique. Devant la peur d’une réaction négative, le curé conseille de recourir aux services d’un psychologue. Des mois plus tard, il apprend que cette folle est sa mère biologique. Cette annonce ne le terrasse pas outre mesure. Il est heureux d’être le fils de deux femmes, d’avoir deux mamans et un père.

Il poursuit ses recherches pour retrouver sa mère, la folle dont la véritable identité est Natliane. Il ne la voit plus. Une nuit, il la voit en rêve lui annonçant qu’elle a été tuée par des inciviques, tout en lui demandant de lui donner une sépulture digne. 

Le roman de Florent Sogni Zaou est un véritable hymne à l’amour du prochain.

Né à Pointe-Noire dans la région du Kouilou, Florent Sogni Zaou est journaliste de formation. Il a travaillé au lycée Lumumba comme professeur d’anglais, à l’Agence Congolaise d’Information comme journaliste, à Caritas Congo comme responsable du département de la communication, au ministère des transports maritimes et de la marine marchande comme responsable de l’unité de lutte contre le Sida, comme Consultant en Communication au bureau de la Banque mondiale de Brazzaville.

Ancien stagiaire au département de l’information publique (DPI) au siège des Nations Unies à New York et au siège de Caritas Africa à Lomé au Togo, Florent Sogni Zaou est actuellement attaché au cabinet du Chef de l’Etat au département de la culture, des arts et du tourisme. Ils l’auteur de deux pièces de théâtre, deux essais, quatre nouvelles dans la presse et deux recueils de poèmes. Le suffrage du placenta est son quatrième roman après Les Goyaves amères, La saison des chenilles et La noisette de la cité insipide.

Tchessess Eléazar

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