Livre : Les Caprices de Monna Lisa, un récit jeunesse pour agrémenter la rentrée scolaire

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Ramsès bongolo.

« Tant qu’un romancier est en vie, il y a toujours comme une odeur de manuscrit qui s’échappe du four », dixit Ramsès Bongolo. Pagesafrik (Ex-Starducongo) l’a rencontré à Brazzaville où il réside.

La production rapide d’un nouveau roman aux éditions Edilivre, quelques semaines seulement après la publication des Sorciers de l’île Tibau 3, nous incite à explorer une autre dimension du système littéraire d’un romancier congolais de haute volée, Ramsès Bongolo. Nous parlons des Caprices de Monna Lisa, un récit jeunesse palpitant de 100 pages, émaillé de nombreuses citations, dont les fragments ci-dessous mettent l’eau à la bouche. Mais avant d’en savourer la substance, une interview édifiante nous en dit long sur les motivations de l’auteur et sur son âme d’éducateur.

Starducongo : Quelles sont les raisons qui vous ont conduits à écrire ce récit jeunesse ?

R.B : Cet hymne à l’amour a été écrit pour éveiller dans l’esprit des élèves le besoin dévorant et insatiable de consommer le livre et de le pratiquer, autrement dit susciter en eux la faim et la soif de lire et de s’exercer au noble métier de l’écriture. L’élève attentif remarquera sans doute que le corps du texte est truffé de citations, et que chaque nom renvoie à une note de bas de page qui, tels des feux de signalisation, procure des indications non exhaustives, mais précises sur l’auteur de l’extrait.

Starducongo : Au-delà du prévisible éloge de l’amour, quelle autre notion véhicule ce récit ?

R.B : La notion communiquée en filigrane est l’honnêteté intellectuelle. J’aide ainsi les apprenants à comprendre de façon intuitive qu’on ne peut s’autoriser à reproduire les propos d’un auteur, sans avoir eu l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître ou d’en indiquer la source ; car chaque citation a une identité. Elle porte le visage « virtuelle » de celui qui la compose. De même qu’il est conseillé aux voyageurs d’avoir un passeport ou aux élèves de posséder une carte scolaire, le bon sens voudrait que celui qui greffe un texte « extérieur » dans ses écrits personnels (ou son discours) ait la franchise d’en décliner la source et, si possible, le titre de l’ouvrage – pour faire valoir le propriétaire légitime –, au risque d’être accusé de plagia ; car un texte publié est une propriété intellectuelle ni plus ni moins.

Starducongo : Nous avons remarqué que votre livre est truffé de citations. Que représente-t-elle pour vous ?

R.B : Les citations sont des branches sur lesquelles on peut librement s’agripper lorsqu’on n’est pas tout à fait sûr de pouvoir prendre la bonne décision ou la bonne direction. Ce sont des béquilles morales et intellectuelles qui aident à surmonter les conditions « d’inaptitude » passagère ou de blocages situationnels dont souffre très souvent la jeunesse inexpérimentée. Pour parler plus simplement, les citations sont des conseillères invisibles ; elles constituent la somme de l’expérience, des réflexions et du discernement des auteurs, de ceux qui ont été confrontés aux mêmes situations, aux mêmes difficultés, aux mêmes risques, donc aux mêmes douleurs morales ou physiques avant nous, et qui ont largement eu le temps de philosopher, de débattre sur les questions, les épreuves, les faits qui nous paraissent plus ou moins insolites ou les sujets qui nous semblent nouveaux.

Starducongo : Avez-vous une production littéraire en perspective ?

R.B : Naturellement, tant qu’un romancier est en vie, il y a toujours comme une odeur de manuscrit qui s’échappe du four. Pour ma part, j’ai presque fini de cuisiner un manuscrit intitulé Le Rastaquouère, un savoureux cocktail littéraire alcoolisé au sexe, au reggae, à la drogue et au révolver, servi dans les rues de Brazzaville, de New York et de Kingston, et destiné à un public adulte. C’est tout ce que je peux dire pour l’instant.

Starducongo : Un dernier mot pour vos lecteurs ?

R.B : Oui, je leur demande de rester scotchés. Car l’ancre de ma machine à écrire n’a pas encore tari. De nombreuses surprises restent à venir. En attendant, prenez soin de vous, et rendez-vous dans une semaine pour une nouvelle aventure.

Propos recuiellis par Florent Sogni Zaou

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