Littérature : Hem’sey Mina a rêvé d’une entreprise «4 étoiles»

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«Tout au long de mes études, j’ai envié mes professeurs et ces chefs d’entreprises qui nous racontaient des choses incompréhensibles. Je voulais leur ressembler, me prouver que leur monde était à portée de main. C’est donc ainsi que je me suis engagé sur ce chemin sinueux qu’on définit comme étant ‘’la réussite’’. Tout ce que j’ai entrepris, c’était à travers de solides barrières que m’imposait la banlieue», peut-on lire sur la quatrième de couverture de ce récit de 220 pages sorties des entrailles du jeune congolais Hem’sey Mina, paru aux éditions L’Harmattan de Paris.

Ce premier produit d’Hem’sey Mina est un récit de trente et trois chapitres, chacun portant un titre. La particularité de cette œuvre d’Hem’sey est que deux chapitres de cette œuvre sont suivis de poèmes de 17 vers pour le premier et 20 vers pour le second. Il met en scène un groupe de jeunes gens d’une banlieue parisienne dont la réussite dans la vie est leur but principal à atteindre à travers les études. Il porte le sous-titre de «Parcours de jeunes auditeurs financiers».
Chaque chapitre s’ouvre par une citation ou un proverbe. Il attire également l’attention des jeunes émigrés en France venant d’Afrique pour aller chercher le bien-être, les diplômes et pour fuir la pauvreté quant à ce piège qui souvent se referme sur eux sans qu’ils s’en rendent compte. Les trente-trois chapitres, précédés par un avant-propos, retracent avec rebondissements, l’histoire du jeune Eden, qui fait face à des problèmes liés aux réalités de l’existence et découvrent les maux cachés comme la contrariété, l’anxiété, l’ennui ou encore de manière générale, la souffrance et la face cachée du cœur de l’homme.
Eden est en effet un auditeur financier, employé dans une entreprise 4 étoiles pendant deux ans. Il a atteint son objectif, celui de réussir dans la vie avec des diplômes, un emploi respectable, un bon salaire et conséquemment beaucoup d’argent. Eden gagne plus même plus d’argent que sa mère. Comme tous les jeunes de son âge, il se laisse avaler par la société avec le comportement que génère le semblant de bien-être, en compagnie de ses amis et promotionnaires.

Des noms porteurs 
Dans le chapitre premier de cette œuvre, l’auteur qui emploi la première personne du singulier cache mal la confusion qui peut naitre dans les esprits entre son être physique et le protagoniste qui joue le grand rôle du livre. Les différents noms qu’on lui donne lui prédisent déjà un avenir radieux. Il se nomme Eden qui, en hébreux, renvoie au paradis. C’est la personne qui lui a donné le jour après neuf mois de grossesse qui le lui donne. Personne n’ignore que vivre au paradis suppose mener une vie harmonieuse, belle et paisible. Tout y est beau.
De son père, il tient le nom Elikia. Ce mot signifie Espoir en Lingala, une des langues nationales du pays d’origine de ce jeune auteur, le Congo-Brazzaville. Le troisième qu’utilisent ses amis, Mignon, revoie à un beau, gentil et coquet garçon dans ce cadre, ce personnage qu’on peut rapprocher de l’auteur était destiné au succès dans la vie. Toutes les portes lui avaient été ouvertes pour une vie décente.

Plaidoyer pour l’égalité des métiers 

Hem’sey Mina aborde la délicate question qui oppose souvent les parents et leur progéniture. Celle de l’éducation à travers laquelle il fait une espèce de plaidoyer en faveur de tous les métiers. Il déplore le classement les métiers d’agriculteur, de boulanger, de charpentier, d’éboueur, de mécanicien, de menuisier, de serrurier, de vitrier et tout un lot d’autres liés au travail manuel sur une liste noire pendant que d’autres sont présentés comme de vrais métiers, notamment le fait d’être agent de la fonction publique, ingénieur, médecin, politicien et militaire pour faire un coup d’Etat et accéder aux hautes fonctions de chef de l’Etat.
Il partage aussi sur le comportement négatif de la jeunesse qui s’adonne à des affrontements violents entre groupes. Il ne manque de pointer du doigt les différences salariales dans le travail. A la page 37, il écrit ce qui suit : «la politique de promotion dans une entreprise 4 étoiles est similaire à la perspective d’évolution scolaire. En effet, elle est basée sur un système d’évaluation qui détermine la performance d’un auditeur en fonction des notes qui lui sont attribuées. Ainsi un auditeur ayant obtenu de bonnes évaluations pourrait difficilement se voir refuser l’accès au grade supérieur »
Dans cette œuvre, l’auteur découvre l’autre facette de la vie professionnelle ave des agents capables de présenter leur démission net d’aller vers d’autres horizons. Il raconte aussi les retrouvailles et rencontres avec plusieurs de races différentes.
L’œuvre s’ouvre par un conseil à la jeunesse : «Jeune homme, jeune femme, si tu chavires, ne méprises pas ta jeunesse et va au bout de tes rêves».

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