Littérature : Hélène Lobé : «Je dirais que le Sénégal est une école»

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Hélène Lobe a reçu jeudi 7 novembre le prix Sembène Ousmane du roman.

L’écrivaine ivoirienne, Hélène Lobe, a reçu le 7 novembre 2019 à Dakar au Sénégal, de l’Association des Ecrivains du Sénégal, le prix Sembène Ousmane du roman à l’occasion de la 27ème édition de la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain. Elle a répondu aux questions de Pagesafrik.info. Elle est auteure de six titres dont trois romans et trois livres de lecture pour enfants.

Pagesafrik.info : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, chère madame ?

Hélène Lobé : Je suis Hélène Lobé de la Côte d’Ivoire, et je suis écrivaine.

Pagesafrik.info : Pouvez-vous nous parler du prix que vous avez récemment ici à Dakar ?

Hélène Lobé : J’ai reçu le prix Sembène Ousmane du roman à l’occasion de la 27ème édition de la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain. Je suis complètement heureuse d’avoir été ainsi primée. Je précise que Sembène Ousmane est un écrivain sénégalais aujourd’hui disparu. il a laissé une oeuvre grandiose. 

Pagesafrik.info : Quelle lecture faites-vous de ce prix ?

Hélène Lobé : Merci. Je dirais que ce prix est piégé. Ce prix est un piège. Un prix est une reconnaissance du travail que vous avez fait mais également une invitation à se tenir plus haut. C’est aussi une manière de dire qu’on n’a pas démérité en le recevant et qu’on n’a plus de droit de reculer.

Pagesafrik.info : Quelle  est votre appréciation de la littérature ivoirienne, c’est-à-dire celle de votre pays et celle de l’Afrique qui n’est autre que votre continent ?   

Hélène Lobé : La littérature ivoirienne est en pleine mutation, je dirais qu’elle est en plein développement. Il y a de plus en plus de jeunes écrivains qui émergent et qui utilisent leurs ainés tant ivoiriens qu’africains comme des modèles. Ils s’abreuvent à cette école pour essayer d’imiter. Ils tentent même de faire mieux mais la question est de savoir s’ils le peuvent. Je ne sais pas s’il est possible d’égaler les Senghor, Bernard Dadié et Birago qui sont comme la base de la littérature ivoirienne et africaine.

Pagesafrik.info : Vous ne semblez pas, à vous entendre parler, être dans la logique d’autres temps, autres mœurs et vous rendre à l’évidence que ces écrivains ont fait leur temps et que c’est le tour de la nouvelle génération ?

Hélène Lobé : Il n’est pas possible de faire comme cela. Ces auteurs que je viens de citer constituent les bases de la littérature africaine. Quelle que soit la taille d’un enfant, il ne peut jamais égaler son père ou sa mère ou mieux, les dépasser. Les oreilles ne dépassent jamais la tête. Ce n’est pas possible. Ces monuments sont les appuis de la jeune génération. Ce sont des modèles pour nous et nous devons nous en inspirer pour aller de l’avant.

Pagesafrik.info : Quelle lecture faites-vous du dynamisme du Sénégal dans la célébration de la Journée Internationale de l’Ecrivain africain ?

Hélène Lobé : Je pense que Dakar est à imiter. Dakar et l’Association des Ecrivains du Sénégal deviennent incontournables dans la célébration de la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain. Je crois que tous les gouvernements africains devraient s’inspirer de ce dynamisme. Pendant notre séjour, nous avons côtoyé des personnalités mais qui nous ont éduqués par leur humilité. Les gouvernements africains devraient s’abreuver aux mamelles du Sénégal pour permettre à la littérature et l’art de s’exprimer. Je dirais que Dakar est une école en la matière.           

Pagesafrik.info : En perspective ?

Hélène Lobé : En perspective, j’attends un roman et un livre de littérature enfantine avant la fin de cette année. Un autre roman est attendu au début de l’année prochaine. Cela fait beaucoup de satire sociale parce que je m’abreuve du quotidien.

Pagesafrik.info : Ne faites-vous pas partie des personnes qui nourrissent de la haine pour le sommeil avec cette abondante production et surtout le rythme de publication ?

Hélène Lobé : Je ne dirais pas ça mais comme tout écrivain, tant qu’on a quelque chose à dire ou à saisir, ce n’est pas possible de dormir. C’est comme une femme dans une maternité et qui est en train d’accoucher, elle ne peut pas dire qu’elle a sommeil. Ce n’est pas possible. L’enfant doit naître. C’est le cas pour l’écrivain, les idées doivent sortir lorsqu’elles sont là.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou   

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