La littérature congolaise en mouvement : L’absurdité de la vie, premier recueil de nouvelles de Ludovic Julien Kodia

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A Paris-Belleville, le 29 janvier 2018, l’incontournable Virginie Robert des éditions L’Harmattan m’a fait parvenir le recueil de nouvelles de Ludovic Julien Kodia intitulé L’absurdité de la vie paru en octobre 2017.

L’absurdité de la vie se présente comme un ensemble de six récits où l’univers de la chanson originale et originelle des deux rives du majestueux fleuve Congo est mis en relief. S’y découvrent aussi des textes de chanson qui fait la part belle aux mélodies de la grande école musicale African Jazz. D’un côté l’African Jazz nouvelle formule avec Kallé Jeff, Damoiseau, Bombenga Wewendo, Kouka Mathieu, Franklin Boukaka. De l’autre côté  Pascal Sinamoy dit Rochereau1 qui deviendra plus tard Tabu Ley, Roger Izeidi Mokoy, Nico Kasanda Wa Mikalaye, Déchaud Muamba, Willy Mbembé, Depouissant, Fracasseur, Mwena Laye… formant l’Africain Fiesta après l’éclatement de l’African Jazz original. Des récits où chanson et écriture s’harmonisent dans un mariage sémiotique et sémantique pour donner une autre signification à la littérature congolaise dans le coulé narratif. Six merveilleuses nouvelles fondées principalement sur la chanson où éclatent la poésie et la philosophie, en majeure partie, empruntées du terroir kongo.

Deux critiques, Pierre Ntsemou et Noël Kodia-Ramata ont donné leur point de vue à propos. L’inspecteur Pierre Ntsemou qui apparaît comme l’un des plus talentueux des préfaciers de la nouvelle génération avec une trentaine de présentations à son actif a écrit : « Voici un recueil de nouvelles dont la particularité tient de la consistance de l’auteur à mettre en relief dans chacun de ses six (6) textes, son amour obsessionnel de sa mère, Louzabéta. Ce personnage, puisqu’il en a fait un pour ses besoins de la narration fictionnelle, est au centre de gravité de chaque nouvelle, même si la trame narrative ici et là change par l’intrigue autour de laquelle est bâtie l’histoire – prétexte choisi habilement par l’auteur pour amener le lecteur à partager cet amour maternel. L’enfant qu’il demeure dans les souvenirs ne voudrait pas voir cet amour être conjugué au passé, mais plutôt au présent permanent et éternel » (p.7).

Quant à Noël Kodia-Ramata, ces six nouvelles sont « des sublimes micro textes qui pourraient se lire comme un macro texte où l’amour maternel effacé trop tôt dans la vie de l’auteur n’échappe pas au lecteur. Un amour avalé trop tôt par le destin inachevé d’une femme chère à l’auteur, car nommée presque dans tous les textes sur fond des chansons, véritables merveilles et pépites des années 60-70. Bref ! Une autre technique d’écrire les nouvelles qui pourrait étonner certes les lecteurs dans un premier temps pour les accepter ensuite, car, ce qui est nouveau prend du temps pour être accepté. Mais dans la création artistique, c’est bien le nouveau qui compte. La métamorphose de la musique de Rochereau devenu par la suite Tabu Ley, de l’African Jazz à l’Afrisa International en passant par l’Africain Fiesta 66, l’African Fiesta National, est un exemple patent qui montre cette évolution. Et c’est de ce côté que l’artiste devient immortel » (p.82-83).

Aux lecteurs d’apprécier ce premier recueil de nouvelles « musicales » de Ludovic Julien Kodia2. Un recueil où le thème de l’amour, dans les méandres de la société congolaise des deux rives (amour idyllique, amour maternel, amour patriotique), se découvre au fur et à mesure que le lecteur avance d’un récit à un autre.

Noël Kodia-Ramata

Rochereau en concert avec l’African Fiesta.

Notes

1 Admirateur de l’école Africain Jazz, je rencontre, à l’âge de 13 ans, pour la première fois, mon idole Rochereau, lors d’un concert de l’Africain Fiesta au bar « Super Jazz » de Poto- Poto en faisant le « nguembo » (manière d’assister à un concert depuis le haut d’un arbre ou d’un toit environnants).

2 Ludovic Julien Kodia est déjà auteur de trois romans : Mes larmes coulent en silence, éd. Edilis, 2005, Côte d’Ivoire, réédité chez Edilivre, 2014, Paris, Destin cruel, éd. Edilivre, 2011 et De l’amour à la haine, éd. Edilivre, 2014.

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