Les Bantous de la capitale, Suite du résumé chronologique des 60 ans – (Années 1980 – 1989) – Chapitre IV

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Les Bantous de la Capitale: Kouka Celio, Nino Malapet, Ganga Edo, Saturnin Pandi (1969).

CHAPITRE IV – 1980 – 1989 : Les difficultés d’un parcours instable.

1980 – 1986 – Sept ans de la traversée du désert

01) – Sept ans – De 1980 à 1986 Les Bantous vont connaître une véritable traversée du désert. La création de l’I.A.D. (l’Industrie Africaine du Disque) salué par tous les musiciens n’apporte pas de solutions à la qualité de vie des auteurs, en dépit de la sortie de plusieurs disques.

La production dans les dancings ne s’avère non plus rentable. Hélas! aucun effort ne sera fait pour pallier à la situation difficile que connait tous les groupes. Les Bantous se contenteront certes de la sortie de très peu de disques, lesquels ne seront pas en mesure d’améliorer leurs revenus, notamment : 3 disques 33 T (Editions Music Press) : 2 doubles albums et 1 album “Pamelo et Les Bantous” (Editions Tam-tam Bantous) – Participation à la réalisation du disque 33 T à l’IAD  sous le titre “Les refrains du 3ème congrès ordinaire du PCT du 27 au 31 juillet 1984″ avec deux titres signés Célestin Kouka et Edo Ganga.

Pendant que l’orchestre se débat pour rentabiliser sa situation, n’empêche qu’il rencontre des péripéties d’instabilité dues à des départs , des retours et des arrivées.

02) Les départs :

1982 – Gerry Gérard Biyela (guitare solo) pour l’orchestre d’Hydro Congo.

1983 – Joseph Samba “Mascott” (guitare accompagnement) pour la gestion  d’une entreprise informelle.

1983 – André Mbemba “Pamelo” (chant) pour une carrière solo

03) – Les Retours     

1981 – Théophile Bitsikou “Théo” (chant) après avoir évolué de 1974 à 1981 à Kinshasa dans le groupe “Jambo Jambo” de Gérard Kazembe.

31 décembre 1983 – Jean-Serge Essous (saxo) après plusieurs mois dans l’exercice des activités de production phonographique à Paris.

04) – Les Arrivées

1980 – Michel Ngoualali (flûte) en provenance de l’African Fiesta Sukisa du Dr Nico Kasanda.

1981 – Jean Félix Pouela “Du Pool” (percussion) ancien sociétaire de l’OK Jazz jusqu’en 1978.

1982 –  Boniface Otsoua et Roger Dembi (trompettes)

Fin 1984 – Célestin Pambou (chant)

1985Michel Moumpala – Emmanuel Boukaka “Ansco” (guitares)

Février 1983 Raphael Ngolo – David Sita “Atis” et Jean Serge Monkoua (ancien du groupe Continental de Kinshasa)  

05) – 1983- Création de l’IAD (Industrie Africaine du disque)

1983, La Socodi (Société congolaise du disque) ériger en 1970,  est remplacée par l’IAD (Industrie Africaine du disque) qui fut, à la fois, un studio  de 24 pistes, un label de production, de distribution et une usine de pressage de disque vinyle et de duplication des cassettes.

Les titres ci-après sont parmi les grands succès de cette écurie : “Josia Jee” (Pamelo), “Confession” (Kouka), “Bilongo” (Nino), “Alphabet” (Essous), “Getty” (Atis Sita), “Conséquence” (Ngollo), “BM21 en colère” (Dupool), “Yuda” (Mermans)….

Plus tard, la guerre civile du 5 juin 1997, assomme l’IAD  et lui porte le coup de grâce. Le studio sera complètement démantelé par des pillards. La Socodi comme l’IAD  vont sombrer corps et biens sans avoir réussi à sortir la musique congolaise de son continuel rafistolage.

Le sursaut de Jean-Jules Okabando, maire de Brazzaville

06) – 1986 – La grande perturbation qui sévit au sein de l’orchestre Les Bantous et qui l’a affaiblit considérablement inquiète plus d’un responsable politique du pays soucieux du rayonnement de la musique congolaise.

Le secours partira du Commissaire Politique , Maire de Brazzaville, Jean-Jules Okabando. Il va tenter un ballon d’essai en mettant la chaleur forte autour de cet orchestre. Il faut nécessairement convaincre tous les anciens musiciens qui avaient quitté le groupe à le réintégrer pour mettre en place de nouvelles structures capables de relancer au mieux les activités musicales.

Le Samedi 21 septembre 1986 donne lieu à cette rencontre mémorable qui voit le retour de Célestin Kouka “Célio”, Joseph Samba “Mascott”, Côme Mountouari “Cosmos”, Théophile Bitsikou  “Théo”, Arthur Samba “Nona” et André Bemba “Pamelo”.

Une atmosphère de grande fête a caractérisé le spectacle de la première sortie solennelle qui a lieu au cours d’un grand gala télévisé.

Cependant, un seul reproche, le pléthore de musiciens : 23 au total. Evidemment ce nombre se justifie par le retour de six anciens musiciens et le maintien des nouvelles recrues, avant la réconciliation et parmi lesquels Pouela “Dupool” (percussion), Michel Moumpala (guitariste). Une fois encore la grande machine Nino Malapet – Essous s’est mise en marche..

07) – 1987 – Sortie d’un nouvel album dédicacé par Jean-Jules Okabando, Maire de Brazzaville. Il constitue pour les collectionneurs une pièce historique. En effet, il s’agit du premier microsillon réalisé à l’IAD (Industrie Africaine du Disque) en souvenir du retour des anciens musiciens et de la réconciliation.

1988 – Les Bantous à Libreville (Gabon)

08) – Mars 1988Les Bantous de la capitale sont de nouveau à Libreville sur invitation officielle du président de la république Omar Bongo aux festivités  de l’AN 20 de la Rénovation. Les gabonais sont comblés par les possibilités musicales exploitées par l’orchestre et ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité du repertoire. Les Bantous est l’orchestre préféré du président Omar Bongo.

De retour à Brazzaville, Les Bantous redoublent d’activités et de bonnes initiatives. Mais hélas ! Celles-ci vont s’estomper avec le brusque départ  du guitariste Litimbi Aladji. Un nouveau guitariste mis-solo Kodia-Dinuka fait son entrée. Il comble le vide laissé par Samba “Mascott” qui lui a depuis quitté l’orchestre pour s’offrir des nouvelles activités dans le business.

Juillet 1988 – Les Bantous et l’OK Jazz en concert sur une même scène

09) – Le 29 Juillet 1988 – Les Bantous et l’OK Jazz (sans son chef Luambo Franco en soins en Belgique) sont à l’honneur au stade Massamba-Débat (alors stade de la révolution)au cours d’un grand gala de musique symbolisant l’unicité de la musique congolaise sur les deux rives du fleuve Congo.

Les Bantous vont saisir cette occasion pour commémorer un peu par avance le 21ème anniversaire de leur création le 15 Août 1959. Cette commémoration sera ponctuée par un rite très émouvant qui a consisté  :A faire le rappel historique du groupeA rendre hommage aux vétérans – A écouter les témoignages des membres du bureau exécutif du Club Bantous (présidé par Simon Diazabakana “Diazas”) et pour terminer avec l’exécution du pot-pourri qui a repris tous les grands succès de l’orchestre depuis les premiers enregistrements sur disque en 1960 jusqu’aux enregistrements des années 80.

Passionnante fut cette rencontre merveilleuse influencée par la grande prestation des deux virtuoses de la musique congolaise qui se sont livrés à un duel quasi amoureux, soutenu, emporté par deux répertoires bien distincts et très variés et qui ont permis la réussite  de la soirée dansante . Mais c’est sans prévoir le malheur qui devait frapper l’OK Jazz et la musique africaine; le décès trois mois après de Luambo-Makiadi Franco le 12 octobre 1989 à Namur (Belgique)

1989 – Jean Serge Essous : Un second départ

10) – Novembre 1989L’orchestre Les Bantous s’efforce d’accomplir un programme d’accomplir un programme d’enregistrement en studio à Brazzaville dans le but de réaliser des disques en France. Essous est retenu pour effectuer la mission à Paris. Il s’y rend avec toutes les maquettes. Mais comble de malheur, il ne revient pas. La surprise n’est pas grande, car Essous n’est pas à sa première fugue. on ne lui en voudra pas pour autant. Bien au contraire, on lui trouve un remplaçant en la personne dAntoine Bokassa, ancien saxophoniste de l’orchestre Mando Negro de Brazzaville.

(A suivre très prochainement le Chapitre V : Années 1990 – 1999)

Clément Ossinondé

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