L’école au chevet de la cohésion nationale

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Henri Blaise Nzonza

TRIBUNE. Lors du Conseil des ministres tenu à Brazzaville en République du Congo, le 20 novembre 2019 au palais de la nation sous l’autorité du président de la République chef de l’État SEM Denis SASSOU NGUESSO, plusieurs projets de loi ont été soumis par plusieurs ministres. Mais le plus emblématique à mes yeux est celui portant sur l’institution, l’organisation et statuts des lycées interdépartementaux prévus par la loi 25-95 du 17 novembre 1995 initiée sous le régime du président Pascal LISSOUBA.

Ces établissements interdépartementaux qui permettront à coup sûr le brassage de la population constituent un outil essentiel pouvant créer des liens séculaires entre les congolais, car on comprend mieux la personne lorsqu’on connait sa culture et ses habitudes. Notre pays a déjà connu une expérience similaire. On se rappellera des internats que nous avons connus dans les lycées d’établissements publics depuis les années 1970 juqu’aux années 1990 et dans lesquels on pouvait sans exceptions trouver des élèves venant de tous les coins de la République.

A titre d’exemple, l’internat mixte du lycée de la Libération devenu Pierre Savorgnan de BRAZZA , situé à Bacongo recevait des élèves venus des quatre coins du pays , de Ouesso dans le département de la Sangha à MVOUTI dans le département du Kouilou en passant par OWANDO, Mouyondzi et les autres localités du pays.

Ainsi tous ces élèves faisaient leurs courses au marché Total de Bacongo et découvraient la culture et les habitudes du coin. Certain(e)s internes trouvèrent même des copins et copines dans ce milieu et ont même fondé des familles avec les hommes et femmes rencontrés dans ce coin. Des exemples de ce genre se sont aussi produits au lycée Karl Max de Pointe Noire et dans les autres internats du pays et ont permis un brassage à ne point douter.

A notre époque le Lycée technique du Premier Mai de Brazzaville était le symbole même d’un pays dont la cohésion était de mise. Il y avait un brassage tel que toutes les ethnies s’y trouvaient. Ce brassage était tellement fort que les relations s’établissaient par appartenance à une génération, à une classe, aux séries et non par rapport aux ethnies.

Ainsi à titre personnel mon meilleur ami au lycée technique fût un certain GAKOSSO ONDONGO habitant le quartier Mikalou à Talangai, un quartier que j’avais fini par bien connaitre à force d’y aller souvent les week-ends et pendant les périodes de vacances scolaires. C’était donc la belle époque qui a malheureusement connu un coup de frein après l’avènement de la démocratie qui au lieu d’affermir la cohésion nationale a malheureusement consacré le repli ethnique avec la création de plusieurs partis politiques à connotation régionale.

Cette mesure qui consiste à lutter contre le tribalisme est certes nécessaire mais elle n’est pas suffisante, nous devrons aller plus loin dans les mesures à prendre afin d’éradiquer ce fléau qui plonge notre pays et sape la cohésion nationale indispensable au développement de notre pays.

J’avais, il y a peu, proposé la mise en place d’une haute autorité de lutte contre le tribalisme ( HALT ) et le vote d’une loi interdisant à un ministre de nommer aux postes de direction plus de 30% des cadres originaires du même département que lui. Des telles décisions peuvent s’appliquer facilement et permettront de stopper le spectacle désolant que nous voyons dans les cabinets ministériels transformés parfois en des cours dans lesquelles les parents, frère, sœurs ainsi que les ressortissants du même département que le ministre font la loi et sans nommés sans compter.

La volonté de faire revenir cette forme de brassage des populations en partant de l’école est un acte politique de grande portée qui peut faciliter la cohésion de notre peuple et la réaffirmation des liens inter-ethniques.
C’est ici l’occasion de rendre un hommage et de féliciter le ministre de l’enseignement primaire et secondaire Anatole COLLINET MAKOSSO pour avoir mis sur orbite cette idée novatrice qui dormait dans les tiroirs des salons feutrés de la république depuis 1995.

Il convient pour plus d’efficacité que le gouvernement de la république aille plus loin dans sa volonté de vouloir combattre sinon réduire l’ethnocentrisme et son corollaire, le tribalisme pour que notre pays retrouve sa cohésion d’antan.
Le Congo d’abord, le Congo pour toujours.

Fait à Paris le 28 novembre 2019
Henri Blaise NZONZA

dynamiquepourlecongo@yahoo.com

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