Le Maroc devrait connaître une récession de 4%

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L’activité économique de la région MENA devrait se contracter de 4,2%.

La pandémie de Covid-19 plonge l’économie mondiale dans une grave récession, la pire depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est ce que relève  la Banque mondiale dans sa dernière édition semestrielle des perspectives économiques mondiales soulignant que le Maroc devrait connaître une récession de 4%.

“Pour la première fois depuis 1870, un nombre sans précédent de pays vont enregistrer une baisse de leur production par habitant”, a-t-elle prevenu soulignant que toutes les régions du monde enregistreront un recul du revenu par habitant.

C’est notamment vrai pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) dont l’activité économique devrait se contracter de 4,2% sous l’effet conjugué de la pandémie et de l’évolution du marché de pétrole.

Comme l’a fait remarquer l’institution financière internationale, “la pandémie de Covid-19 et les mesures prises pour l’endiguer ont fortement ralenti l’activité à court terme de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, tout en accroissant l’aversion des investisseurs pour le risque”, soulignant que cette situation a exacerbé l’instabilité de la situation financière.

Dans son rapport, la BM a aussi noté la forte baisse de la demande mondiale de pétrole qui a réduit les exportations des pays producteurs et provoqué des répercussions sur les secteurs non pétroliers. Une situation aggravée par “des problèmes structurels de longue date qui freinent la croissance”, a constaté l’organisation.

A en croire ce document, l’activité économique des pays exportateurs de pétrole a ralenti sur tous les fronts en raison de la forte baisse de la demande mondiale de pétrole qui a contribué à l’effondrement des prix. 

Selon les auteurs dudit rapport, “les pays importateurs de pétrole accusent également un ralentissement économique du fait que les perturbations et restrictions liées au coronavirus limitent les possibilités touristiques et que la forte baisse de la demande extérieure a réduit d’autant les exportations”.

La Banque mondiale a toutefois relevé une bonne maîtrise de l’inflation dans la région. Ce qui, a-t-elle expliqué, aurait permis aux grandes économies comme l’Egypte de réduire leurs taux directeurs en réponse à la pandémie.

Qu’à cela ne tienne, “le secteur financier des pays de la région s’est ressenti de la baisse d’intérêt des investisseurs pour les marchés émergents et les pays en développement, comme en témoigne l’important recul des indices boursiers”, a souligné la Banque mondiale.

Concernant les perspectives de la région, il ressort de ce document que l’activité économique des pays exportateurs de pétrole devrait enregistrer une baisse de 5%, contre une croissance de 2% annoncée en début d’année. Ce repli est attribué à la chute des prix du pétrole.

Alors que l’Iran devrait voir son économie se contracter pour la troisième année consécutive (-5,3% cette année), les analystes de la BM annoncent que les mesures de réduction de la production pétrolière vont considérablement freiner la croissance de bon nombre de pays exportateurs de pétrole.

“Dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) (- 4,1%), les faibles cours du pétrole et l’incertitude liée au coronavirus pèseront lourdement sur les secteurs non pétroliers”, ont-ils prévenu soulignant que l’Algérie (-6,4%) et l’Iraq (-9,7%) sont toujours aux prises avec les conséquences de la baisse des cours du pétrole et des vulnérabilités structurelles.

S’agissant de l’activité économique des pays importateurs de pétrole de la région, il apparaît qu’elle devrait se contracter de 0,8% en 2020 avec la baisse du tourisme et la détérioration des perspectives d’exportation”, relevant que ces prévisions sont loin du taux de croissance de 4,4% prévu en janvier dernier.

Toujours selon le document, qui a été rendu public récemment, “l’investissement devrait rester atone dans le climat d’incertitude qui règne au niveau mondial et national, tandis que la consommation sera limitée par les mesures de riposte à la pandémie”. Et d’ajouter: le niveau élevé de la dette publique est un autre obstacle à la croissance des pays importateurs de pétrole.

En dépit de ces différentes situations on ne peut plus alarmistes, l’organisation est persuadée que “l’avancement des réformes structurelles dans la région peut contribuer à réduire les vulnérabilités à moyen terme” et à améliorer “les perspectives de croissance à moyen terme”.

Elle a également soutenu que les programmes structurels lancés dans des pays comme l’Egypte et les programmes de diversification en cours dans les pays du CCG devraient aider à promouvoir des réformes favorables à la croissance.

Enfin, le rapport conclut en affirmant que “l’effondrement récent des prix du pétrole et l’incertitude qui pèse sur leur évolution future constituent un risque important pour les perspectives régionales à court terme”.

L’institution internationale craint que la faiblesse persistante des prix du pétrole réduise l’espace budgétaire qui se trouve déjà limité ainsi que les investissements.

Par ailleurs, outre les risques de conflit qui restent élevés dans la région, la BM prévient que “des problèmes politiques pourraient venir encore perturber les programmes de réformes, notamment dans les petits pays importateurs de pétrole”.

Alain Bouithy

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