Le chômage reste le lot des jeunes et des diplômés (Maroc)

1
1584
Les lauréats des facultés et de la formation professionnelle particulièrement touchés.

«Les plus forts taux de chômage restent le lot des jeunes, des femmes et des diplômés ». C’est en ces termes que le Haut-commissariat au plan (HCP) résume la situation du marché du travail qui a prévalu en 2019.

Près d’une quinzaine de jours après la publication de sa note d’information relative à « la situation du marché du travail en 2019 », l’institution publique revient sur cette problématique en s’intéressant particulièrement aux principales caractéristiques de la population active en chômage telles qu’elles sont ressorties en 2019.

Dans sa dernière note, le HCP a ainsi relevé que le taux de chômage a atteint 24,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus, précisant qu’il a enregistré respectivement 39,2% et 9,9% en milieu urbain.

« Le phénomène du chômage touche les femmes plus que les hommes, avec des taux respectifs de 13,5% et de 7,8%. Dans les villes, le taux de chômage des femmes est plus que le double de celui des hommes avec respectivement 21,8% et 10,3% », a constaté l’institution.

Dans sa note, le HCP a souligné également que le taux de chômage croît avec le niveau de qualification. En 2019, il est ainsi passé de 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15,7% pour les détenteurs d’un diplôme et de 12,4% parmi les personnes ayant un diplôme moyen à 21,6% pour celles ayant un diplôme supérieur.

Le Haut-commissariat a toutefois relevé que ce taux « reste relativement plus élevé parmi certaines catégories de diplômés dont particulièrement les détenteurs des diplômes délivrés par les facultés (23,6%), des diplômes de techniciens et cadres moyens (23,9%) et des certificats en spécialisation professionnelle (20,9 %) ».

L’autre grand enseignement de cette étude est que les chômeurs sont en majorité des citadins, des hommes et des jeunes. En effet, les chiffres publiés par le HCP montrent que plus de 8 chômeurs sur 10 (83,8%) résident en milieu urbain, 2 sur 3 sont de sexe masculin (65%), 8 sur 10 (80,3%) sont âgés de 15 à 34 ans et 4 sur 10 (40,8%) sont détenteurs d’un diplôme supérieur.

Selon ces données statistiques, cinq régions ont abrité 71,6% des chômeurs l’année écoulée; Casablanca-Settat vient en première position avec 25%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), de Fès-Meknès (11%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et de l’Oriental (9,9%).

Il ressort également de toutes ces analyses que  6 chômeurs sur 10 sont des primo-demandeurs d’emploi. En détail, il apparaît que « 57,2% des chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi, 50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes », a souligné le HCP précisant que les primo-demandeurs d’emploi sont en majorité des citadins (85,2%), des jeunes âgés de 15 à 34 ans (92,9%) et des détenteurs d’un diplôme (91,9 %).

En outre, près des trois-quarts d’entre eux (73%) sont concentrés dans 5 régions, à savoir Casablanca-Settat avec 21%, Rabat-Salé-Kénitra (18%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,4%) et Marrakech-Safi (8,7%).

Sur un autre volet, l’étude a révélé une prépondérance du  chômage de longue durée, relevant que plus des deux-tiers des chômeurs (67,8%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus, les femmes plus que les hommes avec respectivement 75,9% et 63,5%, les jeunes de 15 à 34 ans plus que les personnes de 35 ans et plus (respectivement 71,1% et 54,8%) et les détenteurs d’un diplôme supérieur plus que ceux ayant un diplôme moyen (respectivement 78% et 67,5%).

S’il est un autre enseignement à tirer de ce travail, c’est bien le profil des chômeurs ayant déjà travaillé qu’il révèle.  A ce propos, il ressort qu’au cours de l’année dernière, « plus de 4 chômeurs sur 10 (42,7%) ont déjà exercé un emploi avant de se retrouver en situation de chômage. Ils sont en majorité des citadins avec 81,9%, des hommes (74,6%) et des jeunes de 15 à 34 ans (63,4%) », a fait savoir le HCP précisant que plus des deux-tiers (69,1%) ont un diplôme, 46,9% de niveau moyen et 22,2 % de niveau supérieur.

 
L’étude du Haut-commissariat a, par ailleurs, permis de se rendre compte que 87,9% de ces chômeurs étaient des salariés et 9,2% des indépendants et que près de la moitié d’entre eux (50,8%) exerçaient dans le secteur des services, 20,7% dans l’industrie y compris l’artisanat et 19,1% dans les BTP.

En outre, près d’un tiers exerçait en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs de petits métiers (30,4%),  tandis que 23% étaient des artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux et 20,7% des employés.

La répartition par région montre que la majorité des chômeurs ayant déjà travaillé (80%) sont concentrés dans 5 régions. A savoir : Casablanca-Settat avec 30,4%, l’Oriental (14,2%), Rabat-Salé-Kénitra (12,8%), Sous-Massa (12,1%) et Fès-Meknès (8,5%).

A noter que deux autres enseignements ont été relevés dans cette étude : le faible recours à l’intermédiation institutionnelle dans la recherche d’emploi et le salariat présenté comme le statut d’emploi le plus recherché.

Concernant le premier point, il ressort que dans leur recherche d’emploi, les deux-tiers des chômeurs (64,9%) font appel aux personnes parentes ou à l’entourage (31,4%) ou au contact direct des employeurs (33,5%). Ces deux modes sont employés par les hommes (70,6%) plus que les femmes (54,2%).

Si la participation aux concours et les réponses aux annonces ont été déclarées comme modes de recherche d’emploi par 18,2% des chômeurs, le recours aux institutions d’intermédiation ne représente que 5%.

Quant au deuxième point, il apparaît que près de 7 chômeurs sur 10 (71,9%) souhaitent travailler en tant que salariés. Ainsi que l’a affirmé le HCP, « ce statut est recherché par les femmes (78,3%) relativement plus que les hommes (68,4%) et par les détenteurs d’un diplôme supérieur (78,7%) plus que les non diplômés (64,9%) ».

Pour rappel, la population en chômage est passée, entre 2018 et 2019, de 1.137.000 à 1.107.000 personnes, selon le HCP. Dans sa précédente note, l’institution avait relevé que le taux de chômage est passé de 9,5% à 9,2% au niveau national, de 13,8% à 12,9% en milieu urbain et de 3,6% à 3,7% en milieu rural.

Alain Bouithy

1 COMMENTAIRE

  1. À qui s’adresse t’on en publiant ces statistiques alarmantes !
    Il faut avoir la maîtrise des chiffres pour
    Comprendre le message du HCP,d’autant plus que la catégorie la plus touchée par ce fléau est à 70/100 analphabète…
    Il faut proposer des solutions pour résorber le chômage aux conséquences dramatiques tel que délinquance juvénile, drogue,vol, criminalité…

LAISSER UN COMMENTAIRE