Le chômage devrait nettement augmenter cette année au Maroc

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Le FMI table sur une évolution à 12,5% en 2020.

La situation de l’emploi devrait sérieusement se dégrader dans les pays émergents et le taux de chômage devrait nettement grimper. C’est ce qu’a révélé le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport semestriel sur les perspectives de l’économie mondiale.

«Les projections de croissance laissent supposer des écarts de production négatifs de grande ampleur et des taux de chômage élevés cette année et en 2021, dans les pays avancés comme dans les pays émergents», a constaté l’institution internationale.

Quand bien même les chiffres du marché du travail sont moins complets pour les pays émergents, les résultats d’enquêtes et les estimations officielles disponibles montrent que «les taux de chômage devraient nettement augmenter cette année dans plusieurs pays émergents», a prévenu le FMI.

S’agissant du Maroc, les économistes de l’organisation basée à Washington tablent sur un taux de chômage de l’ordre de 12,5% contre 9,2% l’année dernière. Si l’on en croit le document rendu public mardi 13 octobre courant, il devrait baisser l’année prochaine à 10,5%.

Selon les anticipations du ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, le chômage franchirait les 13% au terme de cette année contre 12,3% actuellement tandis que l’inflation devrait pour sa part, atteindre 0,6% à fin décembre.

Lors de son intervention, lundi 28 septembre dernier à Rabat, devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, l’argentier du Royaume avait déclaré que la situation devrait s’aggraver du fait de la pandémie qui ferait perdre 10.000 emplois par jour.

Dans sa dernière revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière, Bank Al-Maghrib indique que les données relatives au marché du travail au titre du deuxième trimestre 2020 indiquent que l’économie nationale a accusé une perte de 589 mille emplois nets depuis le même trimestre de 2019, dont les quatre cinquièmes au niveau de l’agriculture.

Selon la revue parue au mois d’août dernier, «près des deux tiers des personnes en emploi ont travaillé moins que d’habitude et le nombre moyen d’heures travaillées par semaine et par personne a reculé de 45 à 22 heures, une baisse qui a concerné essentiellement les secteurs non agricoles».

Pour la Banque centrale, qui tient compte d’un retrait net de 93 mille demandeurs d’emplois, «le taux de chômage s’est aggravé de 8,1% à 12,3% globalement, de 11,7% à 15,6% dans les villes et de 3% à 7,2% dans les campagnes».

Commentant l’évolution de la situation de l’emploi et du chômage durant cette période marquée par la propagation de la pandémie de la Covid-19, l’état d’urgence et le plein confinement, le Haut-commissariat au plan (HCP) précise que le taux de chômage est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (33,4%), les diplômés (18,2%) et les femmes (15,6%).

Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre, l’institution note que « la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 957.000 personnes, avec un taux de 9,1%. Celle en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 402.000 personnes (3,8%) ».

Au final, le Haut-commissariat relève que le volume du sous-emploi, dans ses deux composantes, a atteint 1.359.000 personnes et que le taux global de sous-emploi est passé de 9% à 13% au niveau national, de 7,8% à 12,2% en milieu urbain et de 10,6% à 14,1% en milieu rural.

Revenons à l’échelle mondiale pour ajouter que la réduction du nombre d’heures de travail au deuxième trimestre 2020 par rapport au quatrième trimestre 2019 équivaut à la perte de 400 millions d’équivalents temps plein, selon l’Organisation internationale du travail (OIT) citée par le FMI. Ce qui traduit une aggravation par rapport aux 155 millions d’équivalents temps plein perdus au premier trimestre.

Alain Bouithy

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