L’Boulevard: 20 000 personnes chantent en chœur avec Dada, Madd, Draganov, El Grande Toto et Dizzy Dros

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Ph: L’Boulevard 2019

Un stade plein à craquer, un public en liesse et des icônes marocaines du rap et de la trap, suivies par des millions de personnes sur les réseaux sociaux et applaudies par des milliers de fans lors de leurs concerts à domicile. Bienvenue dans la deuxième étape du festival L’Boulevard 2019.

Depuis quelques années, l’engouement de la jeunesse pour le rap et la trap est quantifiable sur les réseaux sociaux. Pendant L’Boulevard, il l’est physiquement et concrètement, tant les rues adjacentes au R.U.C. sont noires de monde et tant le stade est plein à craquer, de la pelouse aux gradins jusque dans les plus petits recoins.

Pour cette deuxième étape de #LBoulevard19, près de 20 000 personnes sont venues encourager, hurler et chanter en chœur avec Dada, Madd, Draganov, El Grande Toto mais surtout Dizzy Dros, attendu comme le messie par une foule en délire, postée depuis le milieu de l’après-midi face à la scène.

En attendant Al Moutanabi 2.0 et les groupes programmés avant lui, les amateurs de hip hop sont allés motiver les jeunes MC au flow incertain, venus se frotter à la battle rap organisée par le collectif Block 10 sur la scène du souk, installée pour cette deuxième partie du festival et qui accueillera, tous les jours dès 16h, des scènes ouvertes ou des concerts en journée. Tout près de là, sur la pelouse, les mots fleuris des apprentis rappeurs ont laissé place, vers 18h, à la grâce du chorégraphe Chakib Yemlahi. Le danseur, qui avait dispensé des ateliers au même endroit le week-end dernier, a gratifié le public d’un spectacle de danse contemporaine poétique et hypnotique, loin de la clameur et des ardeurs du clash et de l’applaudimètre.

Chose promise, chose due : après une semaine de formations, les groupes lauréats de la compétition Tremplin catégorie hip hop, L’Mochaghib et 1150, sont remontés sur la scène qui les a sacré, et ont officié en première partie des groupes invités avec une énergie et des textes qui ont conquis un public qui ne les connaissait pas encore.

Vers 19h30, la scène du R.U.C. a accueilli Dada, rappeur trublion venu tout droit d’Agadir. Un MC amazigh et fier de l’être, habillé pour l’occasion par le styliste Yassine Morabite. Impossible de se douter que c’est sa première grande scène, tant le jeune homme est à l’aise, court partout, va à la rencontre du public, maîtrise la scène. Son motto, “Dada is everywhere”, lui va comme un gant. Le public répète après lui les paroles de son tube Vortex, écoute avec intérêt ses nouvelles chansons et accueille chaudement Madd, habitué de L’Boulevard et idole des jeunes, venu encourager et chanter avec le représentant du 33-34.

C’est ensuite le tour de Boummask, également habitué de L’Boulevard, de présenter son dernier projet, LBL, Lion Boulbtayn sur la grande scène du R.U.C. : un mélange de trip hop, rock psychédélique et rap, évidemment, relevé par la présence de danseurs hip hop invités. Le rappeur masqué a ensuite laissé sa place à Draganov, jeune rappeur et producteur oujdi apprécié par le public comme par les pros du rap. Généreux, il partage la scène du R.U.C. avec nombre d’entre eux, pour le plus grand plaisir d’une foule en délire : El Grande Toto, Spleux et bien d’autres MC avec lesquels Draganov a l’habitude de collaborer ont déboulé et mis le feu au stade, crachant leur énergie dans les micros, chauffant un stade déjà brûlant.

Mais depuis le début de la soirée, un mot est clamé, répété, tonné : 3azzy, 3azzy, 3azzy. C’est le surnom de Dizzy Dros, réclamé par son public et acclamé, enfin, dans un fracas de voix et d’applaudissements volcaniques. Le rappeur casablancais est en terrain conquis : les 20 000 personnes qui sautent quand il le demande et chantent quand il tend le micro sont autant de preuves vivantes de sa popularité. Tout comme les gradins qui débordent, la fosse qui gronde, les rues adjacentes bloquées et les 19 000 autres personnes qui suivent le livestream de chez eux. Dizzy Dros, enfant de L’Boulevard, rend également un bel hommage à notre défunt régisseur Saïd Ghaffouli, en chantant à sa mémoire pendant qu’une photo de lui est projetée en fond de scène. Un concert historique, pour Dizzy Dros comme pour son public.

La fin de cette journée mythique est signée DJ Netik, champion du monde toutes catégories DMC. Le jeune prodige français du turntablism a transformé la pelouse du R.U.C. en rave party géante, faisant même revenir certaines personnes du public, qui pensaient les concerts finis après le show de Dizzy Dros : aux premiers scratchs, ils ont rebroussé chemin et sont revenus danser au son des platines du DJ français le plus titré, clôturant cette journée rap/hip hop en beauté avant les douze coups de minuit.

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