L’aubaine du désastre annoncé

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Hervé Mahicka

TRIBUNE. Voici une semaine déjà que le chef de l’Etat a tenu un discours plutôt superficiel, nous renvoyant au gouvernement pour la prise des mesures concrètes permettant d’affronter l’ennemi invisible qu’est le coronavirus. Voici une semaine que le gouvernement n’a rien proposé, et à fortiori, rien mis en œuvre de concret.

Jamais dans l’histoire du débat public congolais nous n’avons vu des leaders d’opinion de la majorité et de l’opposition converger, comme c’est le cas en ce moment, accusant les mêmes travers, critiquant les mêmes insuffisances, fustigeant l’immobilisme du gouvernement qui ne prend pas la hauteur des enjeux.

Tous s’inquiètent de ne pas voir de plan d’action global et détaillé ; de constater que les commissions pléthoriques, budgétivores et sans pertinence, qui permettent de vider les caisses publiques par une bande de privilégiés, s’activent alors qu’aucune mesure sociale n’est annoncée pour aider la population à tenir le confinement.

Le peuple ne prend pas la mesure des enjeux parce qu’il ne fait pas confiance à ce gouvernement de profiteurs, de copinage, de violence, qui n’exprime aucune compassion pour lui.

J’ai été parmi ceux qui depuis 2016 ont soutenu que Mouamba était le moins mauvais des choix dans le PCT – il a en effet beaucoup joué pour ralentir les effets de la crise que nous traversons depuis 2014 – mais force est de constater qu’il n’est pas à la hauteur de l’enjeu d’urgence qui s’impose à nous. Accouplé à un chef d’Etat dont le dernier discours a confirmé le désir de fuir la situation, le chaos se met en place.

Or le pays a besoin d’un gouvernement de crise recentré sur l’essentiel, et bâti sur la compétence pour répondre aux défis qui se présentent en jouissant de la crédibilité de mobiliser les énergies pour la cause. Mais ça, apparemment, c’est pour des gouvernants qui pensent à réussir, car je commence à percevoir l’objectif de celui-ci.

En effet, l’autre choix pour le clan restreint qui règne dans le pays est de se dire qu’il ne faut pas paniquer et que peu importe les dégâts, l’essentiel est qu’à l’arrivée le pouvoir tienne. Le peuple en sortira si affaibli qu’il aura définitivement appris à ne plus rien nous demander.

Je ne demande qu’à me tromper et à être surpris. Mais je ne vois pas les choses comme l’étude française qui a fuité récemment. Au rythme où ils font les choses, ils semblent travailler pour qu’advienne ce désastre. Comment? Facile: ne rien faire, faire le moins possible, ou annoncer des choses qu’on confiera à ceux qui ne savent pas les faire.

Hervé Mahicka

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