L’aquaculture marocaine en phase de décollage

Une production annuelle de 500 tonnes pour un potentiel estimé à 380.000 tonnes selon une étude conjointe de la DEPF et l’ANDA

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Cartographie des fermes aquacoles actives au Maroc. Source: ANDA 2017
C’est ce qui ressort d’une étude élaborée conjointement par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) et l’Agence nationale de développement de l’aquaculture (ANDA) et qui vise à apporter un éclairage sur la situation et les tendances de l’aquaculture marine dans le monde et plus précisément dans le bassin méditerranéen.
Portant sur l’« Aquaculture marine marocaine : potentiel et nécessité de développement », l’étude vise également à examiner les dernières réalisations de l’aquaculture marine marocaine, identifier les opportunités de commercialisation sur le marché mondial des produits ciblés par la stratégie aquacole marocaine et à proposer des options de développement de l’aquaculture sur une base pérenne.
Bien que le Maroc affiche une ferme volonté politique pour le développement de ce secteur, l’étude relève que ce dernier demeure encore peu développé, comparativement à d’autres pays de la méditerranée tels que l’Espagne, la France, l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Egypte ou encore la Tunisie qui ont totalisé une production de près de 822.000 tonnes en 2015 au niveau de la région.
Une situation qui contraste avec le potentiel de production du pays estimé à 380.000 tonnes contre une production actuelle d’à peine 500 tonnes et les perspectives prometteuses de développement du secteur aussi bien au niveau national qu’international.
Toutefois, l’étude observe que la demande des produits halieutiques est en croissance permanente au niveau national. Une évolution due notamment à la croissance démographique, au changement des habitudes alimentaires, au développement de la restauration et du tourisme et au déploiement de la grande distribution sur l’ensemble du territoire, explique-t-elle.
Ce qui, à entendre les auteurs de l’étude, laisse présager un avenir prometteur pour le  secteur de l’aquaculture.
Soulignons que le Maroc, qui dispose d’un littoral de 3 500 km, a une grande vocation de pêche avec des captures qui se sont chiffrées à plus de 1,4 million de tonnes au titre de l’année 2015 et une contribution de l’ordre de 2,5% au PIB.
Et comme le souligne l’étude, « la production halieutique nationale est majoritairement dominée par les poissons pélagiques, notamment la sardine (Sardina pilchardus), ayant constitué près de 70% de la production totale en 2014, ce qui conforte la position du Maroc comme premier producteur et exportateur mondial de cette espèce ».
Par ailleurs, poursuit l’étude, le Maroc est classé parmi les dix premiers exportateurs de la farine de poisson, principal intrant de l’aliment de poisson destiné à la pisciculture, avec plus de 134.000 tonnes d’exportation destinées essentiellement à la Turquie (37 %), l’Allemagne (25 %) et la Chine (10%), au titre de l’année 2016.
Il est à  signaler qu’au titre de l’année 2016, la production aquacole marine s’est chiffrée à 510 tonnes, soit une production en valeur de l’ordre de 21 millions de dirhams.
Selon la DEPF et l’ANDA, deux espèces constituent la quasi-totalité de la production aquacole marine marocaine : il s’agit des huîtres (avec une part moyenne de 72%), produites dans la baie de Dakhla et la lagune de Oualidia et du loup-bar (26%) produit dans la baie de M’diq.
« Cette production est destinée principalement au marché national pour alimenter la grande distribution et les marchés de l’hôtellerie et de la restauration », précisent-elles.
En outre, l’étude assure que « les algues, de plus en plus utilisés dans l’agroalimentaire, la cosmétique, ou encore l’agriculture telle que l’alimentation animale et les engrais, feront désormais partie du paysage de la production aquacole nationale et sont produites dans la lagune de Marchica pour alimenter la filière de la transformation des algues ».
Pour rappel, le secteur aquacole national compte aujourd’hui une vingtaine de fermes aquacoles actives employant un peu plus de 250 personnes. Selon la DEPF, à ce jour, l’ANDA accompagne une vingtaine de projets aquacoles actifs dont la capacité de production dépasse les 3.000t, en plus d’une écloserie de coquillages disposant d’une capacité de production de 50 millions de naissains d’huîtres et 10 millions de naissains de palourdes.
Dans une note, la DEPF ajoute que d’autres projets aquacoles ont démarré leurs installations et les phases pilotes. « Leurs productions de croisière atteindraient plus de 4 400 tonnes, et ce en plus d’une deuxième écloserie dont la production cible est de 100 millions de naissains », précise-t-elle.
Soulignons enfin que cette étude fera, par ailleurs, l’objet d’un séminaire au cours du mois de février prochain avec l’ensemble des parties prenantes pour approfondir le débat sur le thème susmentionné.

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