L’amélioration des exportations n’infléchit pas le déficit de la balance commerciale (Maroc)

Accroissement des importations plus important que celui des exportations

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Le déficit commercial a poursuivi sa courbe ascendante au premier semestre 2019, a relevé la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa note de conjoncture du mois d’août 2019 (n°270).

« La hausse des exportations marocaines, notamment celles relevant des secteurs de l’agriculture et agroalimentaire, de l’aéronautique et de l’automobile, n’a pas pu infléchir le déficit de la balance commerciale », a constaté la DEPF.

En effet, il ressort des données recueillies que la situation des échanges extérieurs au cours de cette période a été marquée par une hausse du déficit commercial de 4,9% qui s’est établi à 102,5 milliards de dirhams.

Ces données confirment les observations de l’Office des changes publiées dernièrement dans sa note sur les indicateurs des échanges extérieurs du mois de juin. Laquelle note avait fait état d’un déficit commercial en progression de 4,9% au cours des six premiers mois de l’année.

Soulignons que le creusement rapporté par la DEPF a été alimenté par l’orientation haussière des importations des biens d’équipement, de demi-produits et des biens finis de consommation, notant un accroissement des importations de 3,8% plus important que celui des exportations qui a évolué de 3,1%. Alors que le taux de couverture s’est établi à 59,1% au lieu de 59,5% un an auparavant.

En détail, selon les statistiques de ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances, les exportations de biens ont affiché une progression de 3,1% à fin juin 2019, pour atteindre 148,1 milliards de dirhams.

Cette évolution est due à la hausse des exportations de la majorité des secteurs, essentiellement celles de l’agriculture et agro-alimentaire, de l’aéronautique et de l’automobile contribuant pour près de 83,7% à la hausse totale des exportations.

En effet, les exportations du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire ont atteint leur plus haut niveau sur les cinq dernières années, progressant de 6,7% à 34,4 milliards de dirhams, soit 23,2% des exportations totales.

Du côté des nouveaux métiers mondiaux du Maroc, il apparaît que les exportations du secteur automobile se sont accrues de 1,7% pour s’établir à 40,4 milliards de dirhams tandis que l’aéronautique a enregistré une hausse favorable de ses exportations (+12% à 8 milliards de dirhams).

Quant aux exportations de phosphates et dérivés, elles ont enregistré un accroissement de 1,1% sur une année totalisant 25,3 milliards de dirhams, enregistrant un accroissement de 1,1% sur une année.

S’il a été relevé que les exportations du secteur de l’industrie pharmaceutique, se sont légèrement accrues de 0,5% à 643 millions de dirhams, il apparaît que celles du secteur du textile et cuir ont enregistré un repli de 1,2% pour atteindre 19,1 milliards de dirhams, soit 12,9% des exportations totales.

Pour leur part, « les importations de biens ont avoisiné 250,6 milliards de dirhams à fin juin 2019, en hausse de 3,8% par rapport à la même période de l’année 2018 », tout en  précisant que ce résultat est attribuable principalement à l’augmentation des achats de biens d’équipement, de demi-produits et de produits finis de consommation.

A noter que les importations des biens d’équipement se sont accrues de 9,9% pour atteindre 65,4 milliards de dirhams à fin juin 2019, soit 26,1% des importations totales et représentant ainsi le premier poste d’importations marocaines.

A en croire la DEPF, « cette évolution est en relation avec la hausse des achats des avions et autres véhicules aériens (+6,7 milliards de dirhams), des machines et appareils divers (+1 milliard) et des appareils électriques (+417 millions) ».

Soulignons que les importations de demi-produits se sont parallèlement accrues de 5,7% à 53,9 milliards de dirhams. Tandis que les importations de produits finis de consommation ont porté sur 56,2 milliards de dirhams, en hausse de 3,2% sur une année.

Analysant l’évolution des autres postes de produits, la Direction a noté que « les achats de produits énergétiques ont baissé de 0,7% à plus de 38,4 milliards de dirhams, en rapport avec le retrait de l’énergie électrique (-1,3 milliard de dirhams), du gas-oil et fuel-oils (-509 millions) et de l’essence de pétrole (-224 millions) ».

Poursuivant ses observations, elle a de même relevé que les achats des produits bruts ont enregistré un retrait de 4,2% à 11,7 milliards de dirhams, recouvrant une baisse de l’huile d’olive brute ou raffinée (-237 millions de dirhams) et de minerai de cobalt (-214 millions).

A noter également le repli des importations des produits alimentaires de 2,8% à 24,9 milliards de dirhams.

Alain Bouithy

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