La vision d’une Transition exceptionnelle du MPDC et de la 3C-RDC avec Armand Mavinga Tsafunenga est incontournable pour un vrai changement en RDC et la paix véritable dans la région des Grands Lacs et en Afrique

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Armand MAVINGA TSAFUNENGA. Symphonie de la nouvelle grande société civile congolaise, Ambassadeur de paix engagé dans le dialogue des religions et des cultures, écrivain poète, combattant de la justice, ancien expert international, Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC).

TRIBUNE. La République Démocratique du Congo (RDC) n’est pas encore sortie de sa grave crise multiforme qui n’est pas une crise d’origine électorale. La crise électorale n’en est qu’une des émanations. La crise qui se profile à l’horizon en République Démocratique du Congo n’épargnera personne et aucun pays de la région.

Le Front Congolais pour le Congo (FCC), le Cap pour le Changement (CACH), le LAMUKA, le peuple congolais et notre pays en seront frappés de plein fouet, y compris nos pays voisins. Personne, alors personne n’en sera protégée.

Où va la République Démocratique du Congo ? Personne ne peut dire exactement où nous allons. Quand la lumière est éteinte, nous sommes condamnés de marcher dans les ténèbres. Que tous les Congolais sachent aujourd’hui que personne n’a gagné et personne n’a perdu, mais bientôt nous risquons  tous de perdre notre peuple et notre pays. Ce n’est pas du pessimisme, mais du réalisme. Toutes les forces vives congolaises doivent se retrouver d’urgence autour d’une table, dans un contexte et un cadre exceptionnels et justes, pour un Nouveau Pacte National politique, social, sécuritaire, économique et environnemental.

Tous les germes d’une grave crise mondiale, crise à la fois  terroriste de manière spéciale, sont déjà implantés en République Démocratique du Congo. Cette crise pourrait  être à  la  base de  plus

de 20.000.000 de morts dans la région et avec plus de 10.000.000 de personnes qui pourraient être poussées à l’immigration sauvage, brusque et non maîtrisée. Et aucun pays voisin de la République Démocratique du Congo  ne  s’en  sortira  indemne. Le prolongement de cette crise nous amènerait lentement et sûrement vers une Troisième Guerre mondiale  qui  risque d’être nucléaire, et qui sera

la fin du rêve de l’Afrique comme un continent d’avenir. Les intérêts de grandes puissances, notamment occidentales et émergentes, connaîtront un sacré coup terroriste. C’est la paix et l’avenir de l’humanité qui sont en danger, et les armées étrangères pléthoriques sur le sol congolais ne résoudront pas ce grave problème. Ce n’est ni plus ni moins une question de vie ou de mort pour le Peuple Congolais et la République Démocratique du Congo. C’est bien la disparition de notre beau pays, la République Démocratique du Congo, qui est en jeu avec à la clé le plus grand holocauste de l’histoire humaine après la seconde Guerre mondiale.

    Il est important de souligner que les chiffres avancés plus haut ne concernent pas le bilan désastreux actuel, à savoir : il y a déjà plus de 8.000.000 de morts, plus de 5.500.000 de Congolaises et Congolais déplacés de force et vivant comme des réfugiés abandonnés sur le sol de nos ancêtres, plus de 2.000.000 de femmes et enfants violées et traumatisées, des millions de Congolais poussés à l’immigration sauvage.

      La vision d’une transition exceptionnelle du MPDC et de la 3C-RDC avec Armand MAVINGA TSAFUNENGA est incontournable en République Démocratique du Congo pour éviter un suicide collectif de notre peuple et de notre pays. C’est un piège suicidaire de réduire la crise congolaise à la dimension d’une simple crise électorale. Toutes les transitions réduites au simple schéma électoral ont échoué dans notre pays depuis la Conférence Nationale Souveraine (CNS) (07 août 1991-06 décembre 1992). Un peuple qui oublie son histoire est un peuple condamné à la disparition et exclu de l’histoire des peuples et nations libres, stables et prospères. En dépit de l’organisation des élections injustes, inadaptées, humiliantes, voire iniques en 2006, 2011 et 2018-2019, la République Démocratique du Congo reste toujours un pays en transition depuis le 24 avril 1990 et en grave crise. En effet, le tennis politique injuste, inadapté, criminel et suicidaire, lancé depuis le 24 avril 1990, est toujours en vigueur dans notre pays. Les crises électorales n’en sont que des émanations. L’accord ou deal boiteux   signé par le FCC et le CACH en décembre 2018, dans le cadre des élections catastrophiques que nous déplorons aujourd’hui, est le point culminant de ce tennis politique avilissant  et  inadapté. Tout processus fondé sur la corruption, le mensonge, la fraude, la duplicité et les crimes organisés est un processus qui conduit inévitablement à un vrai chaos.

Diriger, c’est savoir discerner les signes des temps et anticiper. Demain n’est pas à attendre, mais à inventer. Le MPDC prépare une transition exceptionnelle depuis mai 2006

      N’en déplaisent aux uns et aux autres, notre pays a pris un mauvais départ avec les élections injustes, non crédibles, clientélistes et criminelles de 2006. Les faits continuent de donner  raison au MPDC. La crise s’est accentuée, le processus électoral s’est encore empiré avec les records de la fraude et de la corruption aux élections de décembre 2018 et de début de 2019. Le pays est au bord de l’implosion. Nous allons de cacophonie en cacophonie. Le suffrage du peuple souverain n’est jamais respecté. Le peuple est toujours roulé dans la farine dans un semblant de démocratie. Le peuple congolais est parmi les peuples les plus pauvres de l’humanité, pour ne pas dire les plus misérables. Le grand écrivain Birago Diop disait : « les morts ne sont pas morts ». Le grand combattant Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA sera inhumé bientôt. Il risque de tourner mille fois dans sa tombe, en voyant la dimension prise par la crise congolaise. Le mal est devenu le bien et le bien est devenu le mal.

      Diriger, c’est savoir discerner les signes des temps et anticiper. Dès le mois de mai 2006,   le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) a commencé à préparer une transition exceptionnelle, comme notre pays avait pris un  mauvais  départ. En mai 2006,

le MPDC a publié ainsi un Programme triennal d’urgence politique, social, sécuritaire et économique. Quand le MPDC a commencé à écrire sur  une  transition  exceptionnelle  après  les élections de  2006,  cela  paraissait comme une  folie, comme une utopie. Des critiques étaient parfois violentes. Mais le Président Armand MAVINGA TSAFUNENGA n’a cessé de rappeler que notre utopie n’est pas de l’idéalisme, mais une nouvelle façon de dénoncer et d’annoncer : une façon de dénoncer les pratiques, méthodes, structures et approches déshumanisantes, et une façon d’annoncer des pratiques, méthodes, structures  et approches humanisantes.

     En 2012, après la tragédie des élections de 2011, le MPDC et la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) ont pris 20 engagements républicains pertinents pour une transition exceptionnelle. Le MPDC salue le grand travail accompli pour la préparation d’une transition exceptionnelle dans le cadre de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) et des Forces Neutres de la République Démocratique du Congo (FONERDC).

     Petit à petit, l’idée d’une transition a fait son bonhomme de chemin avec l’aggravation de la crise congolaise et les échecs successifs de tous les processus électoraux depuis 2006. Nous venons d’assister, en décembre 2018 et début 2019, à un processus électoral parmi les plus iniques et cyniques de l’histoire des peuples et des nations au 21ème  siècle. Trois élections où se pose toujours le même problème de vérité des urnes. C’est toujours un Président non élu qui est proclamé gagnant. Le mal est donc profond.  Le MPDC et la 3C-RDC remercient et félicitent  toutes les forces vives de la diaspora congolaise et du pays qui ont enrichi et circonscrit brillamment le cadre juridique et programmatique d’une transition exceptionnelle en République Démocratique du Congo ; il salue aussi la mobilisation extraordinaire de la diaspora congolaise et de plusieurs forces vives au pays pour la mise en place de cette transition exceptionnelle.

        Comme nous n’avons cessé de le souligner,  demain n’est pas à attendre, mais à inventer. Demain se prépare aujourd’hui. C’est aujourd’hui que nous devons tous ensemble préparer le Grand Congo du 21ème siècle. Il nous faut une transition exceptionnelle pour un vrai nouveau départ, comme une solide charnière entre l’ancien Congo qui doit se terminer maintenant et le nouveau Congo, le Grand Congo du 21ème siècle que nous comptons tous bâtir,  qui doit commencer pour le bien de notre peuple, de l’Afrique et du monde. » C’est un changement profond de refondation de notre pays et non un simplement changement d’hommes et de femmes dans le contexte de la justice.

La trompette de l’histoire a sonné. Les Congolais sont tous en face du dernier et grand rendez-vous de leur histoire avant le chaos final de leur pays. L’invitation à la mise en place d’une transition politique viable.

    Comme nous pouvons le constater modestement tous, après plusieurs ratés : l’absence d’un scrutin sincère, les mauvais accords politiques, de faux dialogues, l’impossibilité de mettre en place des institutions politiques légitimes, crédibles et fortes, les tractations politiques interminables, la corruption généralisée, des millions de morts, de déplacés et de femmes violées, l’insécurité, le pays est toujours plongé dans une crise qui dure depuis des années. A dire vrai, depuis le départ de MOBUTU, le congolais qui a rêvé une transformation profonde de la société : l’avènement d’un monde nouveau, n’a rien vu de meilleur, pire, il devient déboussolé. Ce fut une illusion. Et le terrorisme, qui est déjà bien installé chez nous, est prêt à faire éclater notre pays.

    La République Démocratique du Congo (RDC) est un don de Dieu. La misère matérielle et spirituelle dans laquelle se  trouve  notre  pays  ne s’explique pas. Sinon par la faillite des élites. Le

Congo mérite aussi des élites de qualité pour réaliser la construction d’une grande société stable, pacifique, juste et prospère, et pour ainsi faire éclater le génie congolais. Après tout au Congo, comme ailleurs, il y’a un génie, A l’instar de nos ancêtres et de nos Pères de l’indépendance, nous devons donner le meilleur de nous-mêmes pour inventer ensemble un meilleur avenir pour les futures générations.

     La vertu de partage, la création et la redistribution juste des richesses, l’Etat droit modèle de la justice en Afrique, une vision originale de la démocratie, la revalorisation de la jeunesse et de la femme, le développement véritablement durable sont parmi les piliers de la nouvelle gouvernance. Face au risque majeur d’une catastrophe imminente, la transition exceptionnelle constitue une soupape de sécurité. Persister dans l’erreur, c’est une faute politique grave aux conséquences imaginables. Dans un tel contexte sociopolitique grave, seule notre humilité pourrait nous permettre d’entreprendre une transition, en se mettant tous autour de la table.

     Ainsi, l’invitation à la réflexion inclusive de la marche de l’Etat devient un devoir civique et un impératif de survie. C’est pourquoi, il devient inutile de multiplier des accords peu viables, pires, capables de détruire toutes les familles politiques sans exception. Il question de réinventer un nouveau système politique sur des bases solides, évidemment de créer les conditions pour remettre le citoyen au centre de la vie politique. La politique est l’affaire de tous. N’abusons pas de la confiance des militants, des citoyens. Il faut éviter le risque du rejet total du politique par le peuple souverain.

      La quête d’une gouvernance digne d’un pays de près de 90 millions d’âmes est une mission sacrée pour le bien commun. Où va notre pays, la RDC ? Organiser une transition exceptionnelle en RDC est un pari, et non une certitude. Comme quoi, il y a des risques à prendre pour sa réalisation. Soyons modestes afin de mobiliser le plus grand nombre, de créer des réseaux, de combattre les résistances possibles. Trouver la Voie n’est pas une mince affaire, surtout dans une scène politique où les égos sont légions. Quelle que soit notre intelligence, il n’existe pas, dans ce pays, une personne qui soit capable toute seule de faire un diagnostic objectif et complet pour bâtir une vision, une ambition collective où le commun des mortels va se retrouver. La République est ingouvernable. Les guerres fratricides en chaine nous entrainent dans l’embrasement. Le Navire sombre, laissons nos égos à la maison, mettons-nous au centre de la cité. La sagesse nous apprend que la paix sociale avec toutes filles et fils du Congo est primordiale, au lieu d’aller chercher des investisseurs étrangers, cela s’appelle mettre la charrue avant les bœufs. Investissons-nous d’abord tous dans la rédaction d’un Nouveau Pacte National social, politique, sécuritaire, économique, culturel et environnemental.

       Le peuple congolais mérite une société démocratique et non une oligarchie irresponsable et indifférente à ses besoins sociaux. Il y a urgence de créer les conditions de bien-être des congolais face à l’oligarchie liée aux puissances occultes. C’est un défi noble.  Il nous faut un nouvel ordre politique congolais. Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) avaient raison de commencer à préparer la transition exceptionnelle en 2006  avec le MPDC et en 2012 ensemble avec la 3C-RDC. Oui, diriger, c’est savoir lire les signes des temps et anticiper. La politique est un art, l’art de la transition. Le système politique actuel n’inspire aucune confiance dans l’avenir. L’aveuglement et l’appétit du pouvoir pour le pouvoir ne peuvent pas du tout changer les choses. Les hommes politiques, à très peu d’exceptions près,  n’ont plus d’ambition collective, mais chacun recherche la part du gâteau. Le salut de la nation viendra d’une rencontre citoyenne exceptionnelle des filles et fils capables de  produire une  grande  parole politique, digne de ce grand peuple. Une rencontre originale différente de toutes les rencontres que nous avons connues depuis la Conférence Nationale Souveraine (CNS) (1991-1992).

     La transition que nous proposons est la première transition exceptionnelle de notre pays, car c’est elle qui permettra enfin à notre pays de prendre définitivement un nouveau et bon départ  vers  la  construction du Grand Congo du 21ème siècle. N’en déplaisent aux vendeurs de

faux rêves, notre pays a pris un mauvais départ depuis les élections de 2006 jusqu’à ce jour. Il est impossible de bâtir un grand pays stable, pacifique et prospère sur les fondements de : crimes graves organisés, pillage et bradage des ressources naturelles, trahison avérée, corruption institutionnalisée, vision inadaptée, fraudes, mensonges, viols massifs des femmes et enfants comme armes de guerre, déshumanisation de l’être humain, ignorance avérée des enjeux de l’histoire.

       La transition exceptionnelle n’est pas la transition de la Conférence Nationale Souveraine (CNS),  du Mont-Ngaliema, d’Addis-Abeba,  de Sun City, de la Cité de l’OUA et de la Saint-Sylvestre. Le deal du FCC avec le CACH est une mauvaise transition. Mais il s’agit bien ici d’une transition entre l’ancien Congo qui doit se terminer maintenant et le nouveau Congo qui doit commencer. Ce sera aussi une transition exceptionnelle pour la jeunesse, la femme et la nouvelle société civile congolaises. Elle ne sera plus une transition de partage des postes au détriment des intérêts du peuple congolais et du Grand Congo. Elle ne sera pas non plus la transition du tennis politique injuste et inadapté, de la corruption, de la trahison, du tribalisme, du clientélisme sombre et ridicule. Elle sera « exceptionnelle » dans  son fondement, parce qu’elle sera une réponse exceptionnelle et appropriée à la trompette de  l’histoire qui a sonné pour le Peuple Congolais et pour une nouvelle et vraie République Démocratique du Congo. La transition exceptionnelle doit impérativement mettre fin au tennis politique injuste, inadapté et vicieux en vigueur dans notre pays depuis le 20 avril 1990 avec la transition injuste et inadaptée sous Mobutu.

     Le jeu politique ne fonctionne plus. Le microcosme a perdu la capacité d’invention. D’où l’intérêt d’associer la grande et nouvelle société civile. Le spontanéisme social peut d’un coup tout balayer sur son chemin. Et le Congo risque de devenir un pays jeté dans la rue au moment où les gens sont en train de dépecer le Congo pour satisfaire leurs ambitions et intérêts strictement personnels. C’est la raison pour laquelle le MPDC et la 3C-RDC ont, dès 2012, formulé dès 20 engagements républicains et pertinents, qui font autorité, pour une transition démocratique et pacifique exceptionnelle en République Démocratique du Congo. Vous pouvez lire avec intérêt l’ouvrage ci-après : « MAVINGA TSAFUNENGA Armand, Les 20 engagements pour une transition démocratique et pacifique exceptionnelle en République Démocratique du Congo, Paris, 3C-RDC, 2017, 222p. »

    L’absence de transparence des élections de 2018 pouvait-elle produire d’autres résultats que ceux que nous vivons ? En participant au scrutin, organisé par la CENI sous l’égide de Mr Joseph Kabila, les gens s’attendaient à quoi ? Cela signifie consciemment ou inconsciemment être avec Mr Joseph Kabila, une complicité consciente ou inconsciente. Jusqu’où ira la contestation ou la recherche de la vérité des urnes de Mr Martin Fayulu dans ce système politique inique et inadapté longtemps en vigueur dans notre pays ? En dépit du fait que la vérité des urnes est un processus obligatoire de justice qui vaut son pesant d’or.

    Il nous faut un Nouveau Pacte National. Arrêtons-nous, soyons lucides pour mériter la confiance des congolais comme des élites responsables ayant à cœur l’intérêt suprême de la nation congolaise pour être au nouveau grand rendez-vous de l’Histoire.

Le piège du tennis politique injuste, inadapté et ridicule des cercles vicieux en vigueur depuis le 24 avril 1990

       Le Peuple Congolais est piégé dans un système savamment monté des cercles vicieux du tennis politique humiliant, injuste, inadapté et vicieux en vigueur dans notre pays depuis le 24 avril

1990. Dans  le  cadre  de  ce  tennis politique, les  élections sont transformées en  une séance de nomination des élus par le pouvoir en place. Il n’est donc pas étonnant que le Président illégitime sortant nomme lui-même ou choisisse son Président illégitime remplaçant pour que le jeu de tennis politique continue. La République Démocratique du Congo a pris un  mauvais  départ  depuis

les élections criminelles et injustes de 2006. Nous devons cesser de mentir et de mentir à nous-mêmes.  Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), en tant mouvement citoyen, et la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) avaient prévenu très tôt que le processus électoral, préparé par la CENI avec Mr Corneille Nangaa, était un des processus électoraux les plus cyniques et iniques de l’histoire des peuples et des nations au 21ème siècle. Ils ne s’étaient pas trompés. Le record de la corruption d’une élection a été battu au vu et au su de tout le monde. Le principe de qui perd gagne les élections est institutionnalisé. C’est le symbole d’un pays mis de force par terre par des médiocres décriés par le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA. Le pays se retrouve dans une situation où il y a un « Président honoraire » qui a encore du pouvoir, un « Président nommé » qui peine à trouver ses marques et un « Président élu » déterminé à mobiliser la population pour la vérité des urnes et la justice. L’Eglise Catholique, qui a bien assumé sa mission d’observation des élections comme d’habitude, a clairement reconnu la victoire de Mr Martin FAYULU à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. Mais l’Eglise Catholique est obligée maintenant de se retrouver en face de Mr Félix TSHILOMBO TSHISEKEDI. La Commission Electorale Nationale « Indépendante » (CENI) est incapable, depuis le 30 décembre 2018, de publier les procès-verbaux des résultats des élections bureau de vote par bureau de vote, comme le recommande la loi. Scandale sans cesse dénoncé par la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (SYMOCEL). Il importe de souligner que le MPDC et la 3C-RDC ne sont ni pour quelqu’un ni contre quelqu’un, mais agissent par réalisme politique pour le bien commun.

       Le tennis politique en vigueur dans notre pays depuis 1990 exclut la vérité des urnes et met en place des binômes politiques des cercles vicieux savamment montés. Le combat pour la vérité des urnes est un combat noble de la justice que le MPDC appuie. Comme en 2006, 2011, il n’y aura pas de vérité des urnes des élections de 2018. Le tennis politique injuste et inadapté amène des urnes jetées, cachées, trouées, dispersées, voire brûlées. Ce tennis oblige d’exclure du jeu ou de bloquer de manière cynique et inique une troisième force appelée « Président élu ».

       Ce tennis politique a produit un système politique hideux. Pour ne citer que quelques unes de ses conséquences, il y a lieu d’indiquer ce qui suit :

  • Le tennis politique a installé durablement un système où les acteurs travaillent pour leurs intérêts personnels dans un théâtre de distribution des rôles, de partage des postes et du butin, en plongeant le peuple congolais dans la distraction totale d’une fausse démocratie.
  • Le tennis politique a créé et introduit de faux joueurs de la démocratie dans tous les camps pour renforcer la stratégie de diviser pour bien régner, et pour réduire ainsi la force de l’opposition, de la résistance et de la société civile.
  • Le tennis politique a conduit au dédoublement des partis et des plateformes politiques. Dédoublement sans cesse facilité et parfois  appelé  « aile » portant  le nom  de  leaders  démissionnaires  ou sécessionnistes. L’histoire est riche des ailes UDPS, des foisonnements des plateformes politiques dont plusieurs sont créées pour permettre aux dictateurs ou aux acteurs du pouvoir en place  d’être toujours les maîtres de jeux d’une fausse démocratie. Ce tennis   permet  au  dictateur ou  au  pouvoir  en  place  illégitime  de créer  lui-même  plusieurs

plateformes de l’opposition complaisante qu’il va tenir comme une vraie opposition et de s’en référer régulièrement. Ce pouvoir finance même les faux opposants, les faux acteurs pour détruire    toute   opposition.   Avec   ce   tennis,  le   Combattant   Etienne  TSHISEKEDI   wa

MULUMBA ne pouvait pas réussir son combat légendaire pour un Etat de droit.

  • Le tennis politique conduit donc à un système politique égoïste des individus au détriment des institutions et du peuple congolais. Les acteurs sont pris au piège d’agir pour leurs intérêts vitaux. Ainsi émerge souvent l’approche de gestion corporative, clientéliste, tribale, voire familiale des institutions. La corruption devient  la  règle  principale de jeu. Faire  de  la politique devient un simple métier, parfois même banal, pour nourrir sa famille et ses proches. Ce n’est plus la mise en œuvre d’une vision pour le pays et son peuple.
  • Le tennis politique a conduit à l’émergence d’une pépinière de délinquants et prostitués politiques, acteurs clés d’un système politique qui ignore les intérêts du Peuple Congolais et de

la République Démocratique du Congo. Ces délinquants et prostitués politiques, faux opposants par essence, sont devenus de solides appuis ou des colonnes inestimables de dictateurs et usurpateurs du pouvoir en République Démocratique du Congo. La trahison devient une habile et facile coutume.

  • Le tennis politique exclut et tient à détruire un troisième acteur qui dérangerait le jeu de tennis politique. Ce tennis illustre la vision souvent inadaptée d’un chef de file de l’opposition ou d’un porte-parole de l’opposition, car le tennis permet au pouvoir de le fabriquer à sa guise, de le manipuler et de le nommer de manière rusée. Quand le joueur en face de la fausse opposition prend de l’envergure pour changer le jeu établi du tennis politique, le pouvoir en place fabrique un autre joueur pour l’anéantir, le ramener à sa place ou le remplacer.
  • Le tennis politique permet la manipulation totale des élections et il ne peut y avoir de vérité des urnes dans le théâtre qui est organisé au détriment du peuple. Le peuple est roulé dans la farine et ne voit que du feu. Les urnes de ce tennis sont soit altérées et trouées, soit jetées dans l’oubli ou brûlées. Le tennis privilégie le cafouillage et la nomination des candidats. Le peuple congolais se trouve enfin de compte dans un système des cercles vicieux des élections inutiles pour son avenir.

N’en déplaisent aux uns et aux autres, il n’y a pas eu de passation civilisée du pouvoir en République Démocratique du Congo en décembre 2018 et janvier 2019

     Nous ne sommes pas un peuple qui existe depuis la Conférence de Berlin au 19ème siècle, mais un peuple millénaire ayant une civilisation que nous appelons la civilisation du « Muntu ». Dans « Muntu », il y a le « ntu » qui signifie la tête. Nous ne nous définissons pas comme un animal pensant, mais comme la tête, lieu du génie, de l’intelligence et de la sagesse.  « Muntu » signifie aussi l’être humain, un vrai être humain plein d’humanité. La civilisation du « Muntu », en tant que civilisation du génie de l’être humain, n’est pas fondée du tout sur l’iniquité, la trahison, la fraude, la corruption, le mensonge, la violence, les viols massifs des femmes et enfants, et les crimes organisés. La civilisation du « Muntu » est une civilisation de la sacralité de la vie humaine, de la justice, de la vérité, de la liberté égale de la solidarité, de l’hospitalité légendaire, de la réciprocité et de la « semblabilité ». C’est une civilisation d’un grand humanisme.

     Nous venons d’assister au vu et au su de tout le monde à la négociation des résultats de l’élection présidentielle entre le Front Commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le Changement (CACH), ainsi qu’à la nomination des députés nationaux et provinciaux. On ne négocie jamais les résultats des élections avant sa publication. Le MPDC et la 3C-RDC avaient souligné longtemps d’avance que les conditions n’étaient pas réunies du tout pour l’organisation des élections acceptables en 2018. La tragicomédie des élections de décembre 2018 dans notre pays constitue un des processus électoraux les plus injustes, iniques et cyniques de l’histoire des peuples et des nations au 21ème siècle. C’est une honte pour l’Afrique de voir des groupes qui négocient des résultats au vu et au su de tout le monde avant leur publication. Tous les résultats étaient déjà publiés pendant que des procès-verbaux dormaient par terre sporadiquement sans avoir

été  totalement  analysés. Une  partie de  la  population a  été d’abord  exclue des élections à  Béni,

Butembo et Yumbi de manière brusque, surprenante et folklorique. Pour le MPDC, les candidats à l’élection notamment présidentielle de 2018 montaient dans le bateau Titanic piloté par le pouvoir illégitime en place.

     Il est important de souligner que le MPDC est un mouvement citoyen qui n’est ni pour ni contre  les  uns  et  les autres.  Il n’est pas  de  LAMUKA ni de CACH et pas aussi du FCC Il  est  totalement   pour  la justice,  car  c’est  la  justice  qui  élève  une nation et  affermit  le pouvoir. Il est pour l’avènement du  grand Peuple Congolais et du Grand Congo. Il  ne s’agit

plus de tour des uns et des autres, ni de tour du centre, du nord, de l’ouest ou de l’est. Il s’agit maintenant du seul et unique tour du Peuple Congolais et du Grand Congo.

     Le MPDC demande à la CENI, dirigée par Mr Corneille Nangaa, de publier avant le 15 juin 2019 tous les procès-verbaux des élections de tous les bureaux de vote. La République Démocratique du Congo étant à la porte d’un chaos irréversible, le MPDC demande aussi à la Cour Constitutionnelle de publier toutes les preuves à sa disposition qui lui ont permis de prendre ses arrêts sur les élections avant le 15 juin 2019. Les esprits faibles diront que nous n’avons pas le droit de le demander à la CENI et à la Cour Constitutionnelle. Mais une force supérieure, voire invisible, les y amènera dans un meilleur délai. Un accord scellé pour le bien d’un peuple et d’un pays ne peut être caché avec la plus haute surveillance. Le MPDC demande au duo FCC- CACH de publier avant le 15 juin 2019 l’accord secret que ces deux parties ont signé avant la sortie des résultats négociés des élections, parce qu’ils ont déclaré l’avoir fait pour la paix dans notre pays et le bien du peuple. Si tel est le cas, il s’agit donc d’un document noble qui doit être mis d’urgence  sur la place publique.

    Attention au bateau Titanic des élections de décembre 2018 et de début de 2019. Le Congo est-il transformé en royaume de la fraude, de la corruption et du mensonge ? Il n’y a pas eu de passation civilisée du pouvoir dans notre pays, car notre civilisation du « Muntu » n’est pas une civilisation des deals nocturnes et suspects, de la fraude, de la corruption, du mensonge et des crimes organisés. Il n’y a pas eu de passation pacifique du pouvoir, car ce processus électoral, négocié contre tous les principes démocratiques, va nous conduire au chaos, voire à la balkanisation de notre pays. Somme toute, il y a eu passation cynique et inique du pouvoir dans notre pays. Il s’agit donc d’une passation « non civilisée »  du pouvoir, eu égard aux valeurs de la civilisation millénaire du « Muntu ». Pour s’en convaincre, nous demandons à la CENI, à la Cour Constitutionnelle et au duo FCC-CACH de publier les documents que nous avons demandés avant le 15 juin 2019. Qu’ils publient les preuves qui contredisent les observateurs des élections, notamment l’Eglise Catholique, qui ont déclaré que les résultats publiés par la CENI n’étaient pas conformes à la vérité. N’oublions pas que le peuple congolais est à plus de 80% un peuple croyant. « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira » (Jean 8 :32). Sans la vérité, il n’y a pas de justice ni de libération. Une nation construite sur les mensonges, la corruption et la fraude ne peut que s’écrouler tôt ou tard.

    Il est temps d’être lucide et d’arrêter la chanson de la première alternance politique ou démocratique dans notre pays. Il y va de l’intérêt de nous tous sans exception pour éviter le naufrage collectif. La sagesse élevée nous enseigne ceci : « malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal » (Esaïe 5 :20). Il n’y a pas eu de vraie alternance politique ou démocratique dans notre pays. Il s’agit une fois de plus d’une passation cynique  et  inique  du  pouvoir  entre  un  Président sortant  illégitime et hors mandat, qui détient encore du pouvoir, et un autre Président illégitime entrant aux marges de manœuvre très réduites suite au deal qui l’a porté au pouvoir. Comment un vrai Président, réellement élu lors d’une même élection couplée, doit échouer lamentablement aux élections législatives et provinciales ? Et son camp échoue plus tard de manière dramatique dans l’élection des Sénateurs et des Gouverneurs. De quel jeu mathématique s’agit.-il ? A chacun de répondre consciencieusement sans fanatisme ni esprit de clientélisme et de tribalisme. La vérité finira par nous rattraper tous. 

     Nous disons tout ceci pour le bien de nous tous et de ceux qui sont déjà montés dans le bateau Titanic. C’est le moment de la repentance. Il s’agit donc d’une opération urgente de sauvetage des acteurs politiques, d’un peuple et d’un pays en danger. La mobilisation spontanée et déterminante de la population congolaise pour les élections a mis en lumière son souci  majeur et  tenace  de  mettre fin  à  l’ancien  système, représenté par la kabilie, et de changer

fondamentalement le tout.  Il convient de souligner que ce système n’a pas commencé avec Mr Joseph Kabila, mais s’est terriblement empiré sous sa présidence avec son groupe. On ne coalise jamais avec le mal, mais on résiste et on rompt avec le mal. Dans une magnifique démocratie,

la rupture avec un Etat du mal est une approche formidable de continuité de l’Etat. La coalition avec le mal  est  une  trahison de  soi-même et  des  autres. La  coalition avec  le  mal

est  une  façon  de  procéder totalement contraire à l’esprit de l’Etat de droit de nos ancêtres et notamment du grand combattant Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA qui en avait fait

le leitmotiv de son combat politique. On résiste à l’Etat du mal. Le MPDC ne s’inscrit pas dans la coalition avec l’Etat du mal, mais bien dans la rupture avec l’Etat du mal.

     L’heure est grave pour tout le peuple congolais et tout le pays. L’avenir du monde se joue en République Démocratique du Congo. C’est ainsi que  la grande crise économique, financière et géostratégique mondiale s’abat sur notre peuple et sur notre pays, avec à la clé le plus grand holocauste de l’histoire des peuples et des nations après la seconde Guerre Mondiale. Et il n’est pas exclu que la République Démocratique du Congo soit au cœur du plus grand mouvement terroriste international et d’une possible troisième guerre mondiale qui serait cette fois-ci une guerre mondiale nucléaire. Ce n’est plus un simple problème de Joseph Kabila, de Félix Tshilombo Tshisekedi et de Martin Fayulu, plus une histoire de LAMUKA, de FCC et de CACH. Mais il s’agit désormais d’une terrible et longue crise multiforme qui risque de devenir un suicide collectif pour notre peuple et notre pays. Il ne s’agit pas d’une approche pessimiste pour les membres du MPDC engagés dans le positivisme et le réalisme. Nous ne sommes pas des prophètes du mal, mais des acteurs qui savent lire les signes des temps et anticiper pour le bien de tout un peuple et d’un grand pays d’avenir qu’est la République Démocratique du Congo.

Arrêtons de diaboliser le concept de « transition » à cause de nos échecs depuis la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Nous avons aujourd’hui tous besoin d’une « transition exceptionnelle » pour poser de nouvelles fondations solides et appropriées de notre société en grave danger

     Nous entendons depuis 2015 des acteurs au pouvoir et récemment ceux de la coalition « FCC-CACH » dire qu’on fait tout pour leur imposer une transition. Qui veulent leur imposer une transition ? Sous-entendent-ils les puissances occidentales ? La vision d’une transition exceptionnelle a toujours été une vision endogène de forces vives congolaises de la diaspora et du pays.  La question qu’il faut se poser est celle de savoir en quoi consiste cette transition. Il y a de bonnes et mauvaises transitions. Depuis la fin de la Conférence Nationale Souveraine (1991-1992)  jusqu’à ce jour, il n’y a eu que des transitions mitigées, ridicules, voire négatives dans un processus savamment monté des cercles vicieux. Toutes les transitions, fondées sur l’approche électorale, ont grosso modo échoué et se sont soldées par  des scènes iniques des assassinats  et  de

partage ridicule des postes au vu et au su du peuple congolais abandonné à son triste sort. Les élections de 2006, 2011 et de 2018-2019 n’ont pas démenti cette triste réalité. Le processus électoral de 2018-2019 est aussi une mauvaise transition, car il n’a pas permis le vrai changement tant attendu par le peuple congolais qui s’est totalement mobilisé pour ces élections. La transition de l’ancien Congo vers un nouveau Congo n’a pas eu lieu. Le système ancien du pouvoir supposé « sortant » reste et se renforce par sa majorité écrasante et surprenante partout (Assemblée Nationale, Sénat, Assemblées provinciales et   Gouvernorats). Ce qui illustre clairement que la crise congolaise n’est pas une crise électorale, mais une crise multiforme profonde fondée essentiellement sur le pillage des ressources naturelles importantes  et  stratégiques  de  notre

pays et le projet de sa balkanisation à cette fin. Sinon les élections qui viennent de se tenir aller nous faire sortir de la crise. Au contraire, elles renforcent la grave crise existante.

      Pour trouver des solutions appropriées de sortie collective de notre longue crise multiforme, il importe d’appeler le chat par son nom. Il ne faut pas  prêter à la transition un sens qu’elle n’a pas. Les acteurs longtemps au pouvoir et ceux de la coalition FCC-CACH assimilent le mot « transition » à un processus visant à  les  chasser  du  pouvoir  illégitime. Le  terme « Transition »  

est  devenu  un épouvantail pour eux. Certains responsables disent même : « notre parti  politique  a  lutté  pendant 37 ans pour avoir le pouvoir et on veut nous chasser du pouvoir en voulant nous imposer une transition ». Nous devons éviter la confusion, la cacophonie et des contradictions. La

transition exceptionnelle est un processus juste, adapté, endogène et équilibré qui engage toutes les forces vives de la nation congolaise. La transition ne consiste pas à jeter tous les acteurs de l’ancien pouvoir et leurs nouveaux partenaires de CACH dans le fleuve. Que signifie « déboulonner un mauvais système » ? Peut-on être partenaire fidèle d’un système qu’on veut déboulonner ? Une expression nous dit : « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es ». Le processus de déboulonnement d’un système n’est-il pas un processus ferme de transition d’un ancien système vers un nouveau système juste ? N’est-ce pas un appel à une transition de rupture ? Quand  on  veut déboulonnement un système, on  veut réellement faire quoi ? N’est-ce pas chercher à changer de fond et en comble un système. Même pour déboulonner, on ne déboulonne pas n’importe comment, de peur d’ouvrir une grande porte à une vraie guerre civile et régionale visant  le  pillage  continu  et  la  destruction définitive de la République Démocratique du Congo. Beaucoup d’acteurs congolais ont promis de changer le système de l’intérieur. Ils y sont entrés sans avoir les moyens de s’en sortir. Ils ont été tous corrompus et noyés dans le mal de l’égoïsme, de la trahison des intérêts du peuple et du pays. C’est ainsi que notre vision d’une transition exceptionnelle a toujours été la vision d’une vraie transition qui met fin à l’ancien Congo, donc à l’ancien système, en mettant en place  une solide charnière avec le nouveau Congo qui doit commencer pour que le pays ne se brise pas brusquement.

      Il s’agit d’une transition exceptionnelle qui ne sera pas comme toutes les autres que nous avons connues depuis le 24 avril 1990. C’est une transition appropriée qui ne sera plus celle du partage injuste et cynique des postes et de la trahison des intérêts du peuple et du pays sur le sang de nos nombreux martyrs. C’est une transition pour un Nouveau Pacte National politique, sécuritaire, social, économique, culturel et environnemental.  Pourquoi toutes les transitions à vocation électorale ont échoué dans notre pays ? C’est ainsi que le projet d’une transition avec des administrateurs, initiée notamment par la plateforme « Paix et Solidarité » de notre grand compatriote BELE, en dépit de sa pertinence, a été bloqué. La transition avec les administrateurs paraissait déjà toute tracée, mais il fallait bien analyser tous les enjeux en présence. La gravité de la crise congolaise, mêlée dans la crise économique et géostratégique mondiale, oblige la mise en place d’une transition exceptionnelle et non d’une transition simplement électorale bloquée depuis la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Il s’agit de jeter les nouvelles bases pour que la République Démocratique du Congo devienne une lumière pour elle-même et pour l’Afrique et le monde, et non un feu qui va brûler l’Afrique supposée avenir de l’humanité. N’ayons donc pas peur de cette transition exceptionnelle, mais engageons-nous tous pour éviter un suicide collectif pour notre peuple et notre pays en grave danger.

La transition exceptionnelle n’est pas une course au pouvoir de la société civile, de l’opposition, de la résistance et des autres forces vives congolaises

      L’heure n’est plus à la foire politique qui a suivi la Conférence Nationale Souveraine en République Démocratique du Congo.  Il est très important de souligner que la transition exceptionnelle n’est pas une course cycliste de la société civile, de l’opposition, de la résistance et des autres forces vives congolaises. C’est une des justifications de son caractère exceptionnel.  Un peuple qui ignore son histoire est un peuple appelé à reproduire les  mêmes  erreurs  du  passé  et  à

être piégé continuellement dans des cercles vicieux. Un tel peuple est exclu de l’histoire des peuples et nations libres, stables et prospères. Une erreur répétée peut être monstrueusement fatale. Nous devons éviter nos erreurs de l’histoire. L’histoire de notre pays a prouvé qu’il y a une bonne opposition comme une fausse et mauvaise opposition. Il y a aussi une bonne société civile comme une fausse et mauvaise société civile. L’histoire récente nous enseigne aussi qu’il y a de même une

bonne résistance comme une fausse et mauvaise résistance. Il y a de vrais patriotes et de faux patriotes. Il faut donc de la lucidité pour faire de bons choix.

      Il faut éviter les erreurs fatales commises à la sortie de la Conférence Nationale Souveraine où il y avait une confusion totale entre les différentes forces vives congolaises. Confusion alimentée par le tennis politique injuste, inadapté et inefficace en vigueur. Nous avons assisté et assistons à des mouvements de danse des va et vient de l’opposition, de la société civile et de la majorité. Une personne qui échoue le matin comme acteur politique devient le soir membre  de  la  société civile. Un membre de la société civile corrompu le matin prend le goût du lucre et devient le soir un acteur politique pour préserver ses avantages. Un membre de la majorité le matin devient curieusement opposant le soir, si pas un membre de la société civile. Un membre de l’opposition ou de la société civile le matin devient le soir membre de la majorité. Il y a des conflits d’intérêts partout au sein de la majorité illégitime, de l’opposition dispersée, de la société civile plurielle et de la résistance. L’histoire a  prouvé qu’il n’y a jamais eu d’union de l’opposition ni d’union de la société civile dans le cadre du sale jeu de tennis politique en vigueur dans notre pays depuis le 24 avril 1990. Beaucoup de membres de la majorité, de l’opposition et de la société civile ont apporté leur triste contribution à l’échec de toutes les transitions menées après la Conférence Nationale Souveraine. Il faut donc un diagnostic profond de la grave crise congolaise. Proposer une transition électorale dirigée seulement par des membres de la société civile, c’est ignorer scandaleusement l’histoire de notre pays. Il faut éviter la précipitation et des conflits d’intérêts montés de toutes pièces. Il faut donc une mobilisation inédite de toutes les forces vives congolaises engagées pour le vrai changement.

     La transition exceptionnelle sera une transition de toutes les forces vives congolaises, notamment celles  de la bonne société civile, de la bonne opposition et de la bonne résistance et des autres forces vives du vrai changement. Il nous faut une transition assumée par des personnes intègres, aux mains propres, qui ne sont pas impliquées dans des crimes humains, économiques, financiers et environnementaux. Des personnes craignant Dieu, car un vrai « Muntu » craint la justice de l’Etre suprême ou de son Dieu.

Les urgences d’une transition exceptionnelle en République Démocratique du Congo aux fins d’éviter une crise nationale et régionale qui risque d’embraser l’Afrique et le monde

   Une transition exceptionnelle s’impose d’urgence en République Démocratique du Congo après les élections iniques et cyniques qui viennent d’être organisées, car une grave crise arrive. Il faut donc anticiper. Les enjeux sont de taille. Il s’agit notamment de :

  • Sauver de manière urgente la République Démocratique du Congo du chaos qui risque de détruire  définitivement notre pays et d’embraser totalement la Région des Grands Lacs et l’Afrique. C’est ainsi que nous ne devons pas rater le dernier grand rendez-vous de l’histoire qui s’offre à nous pour l’organisation d’une transition exceptionnelle, puisant dans nos valeurs exceptionnelles du dialogue, de l’humilité et du consensus chères à nos ancêtres. Notre longue crise remonte à notre accession à l’indépendance en 1960. Mais elle a pris une tournure plus grave en 1996 avec l’arrivée de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), un mouvement rebelle d’origine étrangère, qui a amené plusieurs armées  étrangères sur le sol de notre pays pour chasser du pouvoir Mr Mobutu. Aujourd’hui, les armées, les milices et rébellions étrangères entrent comme elles veulent sur notre territoire national. La souveraineté nationale et l’autorité de l’Etat sont bafouées. Au  lieu  de  la libération, le  pays  est  dans  l’asservissement. Quel est  le

bilan de notre pays depuis le départ du Président Mobutu Sese Seko du pouvoir le 17 mai 1997 ? Soyons honnêtes pour reconnaître que nous avons échoué presque sur tous les plans et le pays est resté bloqué au 20ème quand les autres sont déjà au 21ème siècle. Toutes les transitions injustes et clientélistes ont échoué depuis la Conférence Nationale Souveraine (1991-1992). Au lieu de la démocratie, nous avons développé la médiocratie. La République

Démocratique du Congo est le seul pays au monde à avoir sur son sol un nombre impressionnant d’armées étrangères et la plus grande et la plus longue mission de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui a déjà fait plus de 20 ans. Notre pays est devenu donc un pays volcan qui peut entrer en irruption à tout moment. Le système de tennis politique injuste, inadapté et ridicule hérité de la transition avec Mobutu est encore en vigueur jusqu’à nos jours dans notre pays. Ayant été incapables d’inventer un nouveau système politique, de maintenir l’autorité de l’Etat et de donner de l’espoir à notre peuple depuis le départ  de  Mr Mobutu, le  chaos  final est  à  nos pieds. Ce  chaos risque  de  nous surprendre tous de manière

très grave. Le nouveau gouvernement très attendu, à l’instar d’autres qui l’ont précédé, n’y pourra rien du tout, car il n’en aura pas les moyens. Une transition exceptionnelle s’impose à nous tous pour un nouveau Pacte National politique, social, sécuritaire, économique, culturel et environnemental pour éviter le grand chaos final. Il faut, pour ce faire, une transition bien pensée de 36 mois, soit 3 ans, dans le cadre d’un Programme triennal d’urgence.

  • Mettre véritablement et de manière originale la République Démocratique du Congo sur les rails des Etats de droit modernes en jetant les bases de la refondation de la nation congolaise. Il faut mener toutes les réformes urgentes de l’Etat. Nous avons échoué à tous nos rendez-vous de l’histoire. Bâtir un Etat de droit est devenu un slogan creux. La République Démocratique du Congo devra relever le défi colossal de devenir un pays modèle de la justice, car la justice élève une Nation et affermit le pouvoir. Il faut impérativement sortir la République Démocratique du Congo du tennis politique injuste, inadapté, criminel et suicidaire en vigueur dans notre pays depuis le 24 avril 1990. Tennis qui consacre la médiocratie. Il convient de rétablir réellement l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, affaiblie depuis 1996, notamment par certains pays voisins. La transition devant conduire à l’adoption d’un Nouveau Pacte National politique, social, sécuritaire, économique, culturel et environnemental,  tout devra débuter par un audit rigoureux, complet et profond de l’Etat Congolais. La gestion de toutes les institutions congolaises devront être passées au peigne fin. Cet audit devra déboucher sur une publication concernant l’état actuel de la nation congolaise. Un programme triennal d’urgence sera réajusté sur la base des résultats de cet audit sans complaisance, réalisé par des experts nationaux et des cabinets indépendants.
  • Etablir un pont ou une solide charnière entre l’ancien Congo, entendu l’ancien système qui nous a avilis tous et qui doit se terminer maintenant, et le nouveau Congo, attendu par tout le monde, un Congo solide, stable, uni, prospère, libre et solidaire, fondé sur la Justice qui élève une nation et affermit le pouvoir. Il s’agira de mettre une solide charnière pour que notre pays ne se brise pas totalement et définitivement. Il s’agit d’une approche bien pensée et stratégique pour une transition qui a été bien préparée.
  • Résoudre l’urgence sécuritaire pour éviter une crise qui va embraser toute la région et l’Afrique. Il faut une réforme titanesque urgente de l’armée, de la police et des services des renseignements. Il faut mettre fin à l’insécurité généralisée sur le territoire national, notamment au nord, à l’est et au sud-est. Il faut prendre des dispositions spéciales pour éviter le développement d’un nouveau grand réseau terroriste qui se met en place en République Démocratique du Congo. Réseau que   nous  dénommons  « Apocalypse   du   Terrorisme  Camouflé   des  Etats  (ATCE)  ou « Apocalypse of the Camouflaged Terrorism of the States (ACTS). Un nouveau réseau qui risque de donner naissance à de nouveaux groupes terroristes qu’il sera difficile de maîtriser. Ce nouveau réseau terroriste sonnera la vraie fin de notre pays et ouvrira la voie à une guerre régionale et internationale sur notre territoire et dans la région. La crise pourrait conduire à plus de 20.000.000 de morts et à plus de 10.000.000 de personnes poussées à l’immigration  sauvage  et  non  maîtrisée. Tous  les  pays  voisins  seront

frappés durement. Les bases terroristes islamistes sont déjà enracinées dans notre pays et risquent de devenir des bases terroristes pires qu’en Syrie, Irak et Afghanistan. Les intérêts de

puissances occidentales et émergentes vont  connaître un sacré coup. Il s’agit, dans le même contexte, d’éviter une troisième Guerre mondiale découlant de la guerre du contrôle et du pillage  des   ressources  naturelles  stratégiques  de  la  République  Démocratique  du  Congo.

Guerre où il n’y aura ni vainqueurs ni vaincus, car elle risque de devenir une guerre nucléaire. Cette guerre pourrait atteindre les quatre coins de la planète et briser à jamais le rêve de l’Afrique comme continent d’avenir. La transition exceptionnelle doit arrêter d’urgence le processus d’extermination de la population congolaise, en particulier au nord et à l’est,  pour faciliter de manière terroriste l’implantation des populations étrangères.

  • Créer un cadre approprié de la sécurité des personnes et des biens, dans le contexte global de la justice et de la réconciliation nationale pour éviter des scènes macabres des règlements des comptes, des vengeances et des revanches qui se profilent à l’horizon, ainsi que pour ôter la peur très noire des autorités ayant dirigé le pays. Le deal secret signé entre le FCC et le CACH n’est pas du tout un gage de sécurité, mais bien un piège qui risque de se retourner contre leurs auteurs. Il s’impose d’assurer de manière juste et appropriée, dans le contexte national, la sécurité de l’ancien Président, de ses collaborateurs et de ses membres de famille. Il faut donc un processus original de justice et de réconciliation nationale qui ne sera pas calqué sur le modèle sud-africain. Processus qui permettra d’asseoir une vraie approche globale, équilibrée et juste de la sécurité des personnes et des biens. Il importe de souligner que, pour le MPDC et ses partenaires de 3C-RDC, la réconciliation ne précède jamais la justice, mais elle est un acte et une recherche de la justice ; elle n’est pas non plus une scène publique des faux pardons et des pardons hypocrites. Les dossiers de vérité des urnes entrent dans le contexte de la justice. La transition exceptionnelle doit permettre une réforme titanesque de la Justice, car c’est la justice qui élève une nation et qui affermit le pouvoir.
  • Sortir définitivement la République Démocratique du Congo de la tragicomédie des élections iniques, cyniques et criminelles, des élections de nomination des candidats par le pouvoir au détriment de la volonté du peuple. La transition exceptionnelle devra se terminer par l’organisation historique des élections incontestées et incontestables, en commençant par les élections locales. On ne commence jamais la construction de la maison par la toiture.  Il ne s’agit pas simplement d’organiser des élections crédibles, libres, transparentes et justes, mais avant tout et surtout de mettre en place une tradition des élections transparentes, libres, justes, adaptées, incontestées et incontestables, puisant dans notre patrimoine millénaire comme peuple. Il ne s’agit pas d’une simple transition pour organiser des élections. Il faut d’abord jeter les bases qui permettront désormais que l’organisation des élections crédibles, libres, incontestées et incontestables,  puise dans notre patrimoine culturel  pour sa pérennité. Nous devons nous poser une bonne question ici : Pourquoi le processus des élections contestées, iniques et cyniques n’existait pas chez nos ancêtres ?
  • Introduire le génie congolais et la sacralité congolaise dans la Constitution de la République Démocratique du Congo. Il nous faut une Constitution digne d’une grande nation, eu égard aux enjeux nationaux et mondiaux. La Constitution de 2006 a été rédigée dans le cadre d’un petit Congo. Cette Constitution contient des dispositions qui consacrent des conflits d’intérêts, une certaine impunité, le clientélisme et une vision inadaptée du Congo conçu  comme un  Etat curieusement sans  identité. Deux  lacunes graves  se  remarquent  dans

cette Constitution, à savoir l’absence du génie congolais et de la sacralité congolaise. Ainsi, la Constitution peut devenir un simple règlement d’ordre intérieur d’un pouvoir dictatorial. La Constitution est le fruit du génie d’un peuple par rapport à son identité profonde et incontournable, à ses réalités et aux grands enjeux mondiaux de paix, de justice, de liberté, de solidarité, de prospérité et de sécurité. Ce qui illustre l’importance de l’exception culturelle dans la vision de la Nation et de l’Etat Congolais.

  • Créer un nouveau cadre qui permet l’ouverture de la République Démocratique du Congo au monde de manière juste, pacifique, équilibrée, libre et solidaire, en tenant compte de nos partenaires traditionnels et de grands enjeux mondiaux où les multinationales tiennent leur place. Il faudra trouver de nouvelles stratégies pour concilier des intérêts diamétralement opposés qui nous exposent aux conflits d’ampleur régionale et mondiale. Il faut bien préciser le nouveau cadre de la coopération bilatérale et multilatérale dans le cadre d’une stabilité politique et sociale. Des mesures incitatives doivent être prises pour faciliter de vrais et grands investissements pour la construction du Grand Congo dans le cadre du Programme triennal d’urgence politique, sociale, sécuritaire, économique, culturelle et environnementale.
  • Jeter enfin les bases qui permettent de résoudre définitivement le paradoxe d’un pays potentiellement très riche et dont les habitants sont parmi les plus pauvres de l’humanité. Toutes les conditions de décollage économique devront être réunies par la formulation d’une nouvelle politique économique et financière. Il faut arrêter une nouvelle politique ambitieuse de création des richesses. Toutes les bases d’une bonne planification nationale et régionale doivent être jetées. Outre l’audit national prévu plus haut, il faut une identification stratégique de la population en organisant un recensement national de la population. Il faudra formuler aussi une politique stratégique en matière de population. Le recensement de la population est importante non seulement pour son identification en vue de l’organisation de bonnes élections, mais avant tout et surtout pour l’élaboration de plans de développement à court, moyen et long termes.

    Bientôt le peuple congolais comprendra le sens du combat du MPDC et 3C-RDC pour une transition exceptionnelle qui nous permettra de prendre un nouveau départ en rompant avec l’Etat du mal, avec l’ancien système et en mettant le génie congolais au cœur d’un Grand Nouveau Pacte National Politique, Social, Sécuritaire, Economique, Culturel et Environnemental du Grand Congo du 21ème siècle. Cette transition permettra ainsi d’instaurer notre tradition millénaire des élections incontestées et incontestables du génie du Peuple Congolais, et d’éviter le grand chaos qui se prépare pour détruire définitivement notre peuple et notre pays, le grand et beau Congo.

     Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo et leur Président Armand MAVINGA TSAFUNENGA se mettent à la disposition du Peuple Congolais et de la Nation Congolaise, et en particulier de toutes les forces vives congolaises au pays et dans la diaspora pour un Nouveau Pacte National du vrai décollage de la République Démocratique du Congo, après le départ chaque fois raté des élections de 2006, 2011 et 2018. A la vérité des urnes, les ennemis du Peuple Congolais et de la République Démocratique du Congo sont déterminés de répondre par un grand chaos savamment monté. La programmation triennale stratégique  de notre transition exceptionnelle ne peut être mise sur le lieu public. Elle sera mise à la disposition du peuple souverain de manière appropriée.

Que Dieu bénisse le Peuple Congolais et le Grand Congo.

Fait à Paris, le 20 mai 2019

Armand MAVINGA TSAFUNENGA

Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC)

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