La région de Casablanca-Settat abrite un quart des chômeurs

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Persistance d’un taux de chômage élevé parmi les jeunes, les femmes et les diplômés, selon le HCP

L’année 2019 n’a pas changé grand-chose à la situation du marché de l’emploi au Maroc. A bien y regarder, elle n’a représenté qu’une maigre lueur d’espoir pour de nombreux jeunes, femmes et diplômés qui broient toujours du noir.

Malgré la baisse du taux de chômage de 9,5% à 9,2% au niveau national, de 13,8% à 12,9% en milieu urbain et de 3,6% à 3,7% en milieu rural, la situation reste préoccupante au terme de l’année écoulée.

Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), entre 2018 et 2019, le nombre total de chômeurs a baissé de 30.000 personnes au niveau national (-2,6%), passant de 1.137.000 à 1.107.000 personnes. Ce recul s’explique par la baisse de 33.000 personnes en milieu urbain et d’une hausse de 3.000 personnes en milieu rural.

En dépit de cette légère baisse, «les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (24,9% contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus), les détenteurs d’un diplôme (15,7% contre 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) et les femmes (13,5% contre 7,8% parmi les hommes)», a relevé le HCP.

Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2019, le Haut-commissariat a noté que le taux de chômage des détenteurs d’un diplôme de formation professionnelle a été de 22%, soulignant qu’«il est nettement plus élevé parmi les femmes (33,1%) et les jeunes âgés de 15 à 29 ans (35,4%)».

Selon la même source, près de 6 chômeurs sur 10 (57,2%) sont à la recherche de leur premier emploi (50,9% parmi les hommes et 69% parmi les femmes). Alors que plus de 2 chômeurs sur 3 (68,2%) sont à la recherche d’un emploi depuis une année ou plus (63,8% parmi les hommes et 76,3% parmi les femmes).

On apprend, en outre, que « 36,2% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur ».

Selon les données statistiques recueillies, à fin 2019, cinq régions concentraient près des trois quarts des chômeurs (71,6%) au niveau national : Casablanca-Settat (25%), Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), Fès-Meknès (11%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et l’Oriental (9,9%).

Soulignons qu’au terme de cette même année, les taux de chômage les plus élevés ont été observés dans les régions du Sud (16,3%) et de l’Oriental (13,8%) et qu’« avec une acuité moindre, trois autres régions dépassent la moyenne nationale (9,2%) à savoir Rabat-Salé-Kénitra (10,7%), Souss-Massa (10,3%) et Casablanca-Settat (10%)», a indiqué le HCP. Et de préciser, en revanche, que les régions de Béni Mellal-Khénifra et de Drâa-Tafilalet enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 5,4% et 5,6%.

Notons également que la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 385.000 personnes au niveau national, avec un taux de 3,5%.

A en croire le HCP, «la population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 616.000 personnes (5,7%). Au total, 1.001.000 personnes souffrent de sous-emploi aux normes du BIT », a-t-il relevé précisant que le taux global de sous-emploi est ainsi passé de 9,3% à 9,2%, au niveau national, de 8,4% à 8,3% en milieu urbain et de 10,6% à 10,4% en milieu rural.

Plus généralement, l’économie marocaine a créé 165.000 postes d’emploi (+1,5%) en 2019, résultant d’une création de 250.000 postes en milieu urbain et une perte de 85.000 en milieu rural, contre une création de 111.000 une année auparavant.

Selon le Haut-commissariat, le secteur des “services” a créé 267.000 emplois contre 142.000 emplois enregistrés une année auparavant (5,7%) ; celui des  “BTP” 24.000 postes contre une perte de 30.000 emplois entre 2017 et 2018 (2,1%) et l’”industrie y compris l’artisanat” 17.000 postes d’emploi contre une création de 44.000 une année auparavant (1,3%).

Quant au secteur de l’”agriculture, forêt et pêche”, il «a, en revanche, perdu 146.000 emplois au niveau national, correspondant à une baisse de 3,9%,  résultat d’une perte de 160.000 emplois en milieu rural et d’une création de 14.000 en milieu urbain, contre une perte de 46.000 emplois entre 2017 et 2018», a souligné le Haut-commissariat.

Au  niveau régional, il ressort des principaux indicateurs du marché du travail que cinq régions ont abrité 71,9% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus au cours de l’année dernière.

Selon les données statistiques, il s’agit des régions de Casablanca-Settat qui vient en première position avec 22,9% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,6%), Marrakech-Safi (13,4%), Fès-Meknès (11,5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,6%).

De la situation régionale du marché du travail, il ressort que «trois régions enregistrent des taux d’activité supérieurs à  la moyenne nationale (45,8%). Il s’agit de Casablanca-Settat (50%), Marrakech-Safi (47,4%) et régions du Sud (46%)», a fait savoir le HCP, précisant, en revanche, que les taux les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet (41,6%) et de Souss-Massa (42,9%).

Alain Bouithy

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