La production céréalière accuse une baisse significative (Maroc)

La valeur ajoutée agricole reste néanmoins quasi stable, assure le ministère de l’Agriculture

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La production céréalière au titre de la campagne 2018-2019 a accusé une baisse significative, selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture, de la pPche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts.

Dans un communiqué rendu public récemment, ce ministère a estimé la production définitive des trois céréales principales à seulement 52 millions de quintaux. Ce qui correspond à « une baisse de 30% en comparaison avec une année moyenne sous Plan Maroc Vert (75 millions de quintaux) »,  a-t-il indiqué.

D’après le département que dirige Aziz Akhannouch, l’actuelle campagne a enregistré une baisse de 49% par rapport à la campagne précédente qui était une année exceptionnelle pour la production des céréales.

Soulignons que les conclusions du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts se basent sur l’analyse de près de 5000 échantillons prélevés sur des champs de céréales dans les différentes régions du Royaume.

Poursuivant son analyse de la situation de la production céréalière au titre de l’actuelle campagne, le ministère a noté aussi que la superficie céréalière semée au titre de ladite campagne est de 3,6 millions d’ha.

Par espèce, poursuit la même source, la production céréalière a atteint à 26,8 millions Qx de blé tendre, 13,4 millions QX de blé dur et 11,6 millions Qx d’orge.

Pour rappel, le Haut-commissariat au plan (HCP) avait au tout début du mois dernier fait savoir qu’après deux bonnes années successives, la campagne agricole 2018-2019 s‘annonçait moyenne pour les céréales.

Lors d’une rencontre consacrée à la situation économique du Maroc en 2019 et aux perspectives de 2020, le Haut-commissariat avait indiqué qu’«avec un cumul des précipitations de 290,5 mm vers la fin du mois de l’année en cours, la production céréalière atteindrait 61 millions de quintaux, en régression d’environ 40% par rapport à 2018 ».

De son côté, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) avait estimé récemment que la production céréalière de la campagne agricole 2018-2019 s’établirait à 61 millions de quintaux.

Dans sa note de conjoncture du mois de juillet (N°269), ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances avait ainsi fait état d’un recul de 40,5% par rapport à la campagne précédente.

D’après ses prévisions, « le rendement céréalier moyen se serait établi à 13 quintaux par hectare, en baisse de 43% par rapport à la campagne 2017/2018. La production serait répartie à hauteur de 35 millions de quintaux de blé tendre, 13,3 millions de quintaux de blé dur et 12,5 millions de quintaux d’orge ».

Expliquant la variation de la production céréalière, la DEPF avait pointé du doigt la mauvaise répartition temporelle des précipitations relevant que le volume pluviométrique a enregistré un repli de 23%.

A ce propos, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a indiqué que l’actuelle campagne a enregistré une pluviométrie ayant atteint à fin mai 2019, 290,5 mm en baisse de 11% par rapport à la moyenne de 30 ans (326,3 mm) et de 23% par rapport à la campagne précédente (375,3 mm) à la même date.

Selon ce département, « la pluviométrie de cette campagne a également été caractérisée par une mauvaise répartition temporelle », soulignant que près de ¾ des précipitations ont eu lieu durant les trois mois de démarrage avec de fortes précipitations ayant duré jusqu’au mois de janvier.

Ainsi, il estime que « la très faible pluviométrie, voire son absence dans plusieurs régions durant les mois qui ont suivi, a engendré un retard de croissance des céréales et une baisse des rendements plus ou moins importante selon les régions ».

Soulignons toutefois qu’en dépit de la baisse de la production céréalière, la bonne performance de production des autres filières, notamment les agrumes, les olives et les cultures industrielles a permis de résorber la baisse de la production céréalière.

Le ministère en déduit que la valeur ajoutée agricole au titre de cette campagne devrait se situer à 120 milliards de DH.

Alain Bouithy

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