" La morgue, poumon de la Mairie". A clamé Mr Christian Okemba, Maire de Brazzaville. Des paroles ahurissantes, insupportables. Indignes d'un Maire.

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Ouabari Marioti

TRIBUNE. En biologie, c’est grâce aux poumons que l’Homme respire. Au cas où ce serait par le fait de la morgue, poumon de la Mairie de Brazzaville, comme l’affirme son Maire, que celle-ci respire, autrement dit, vit, il y a lieu de déduire que le Maire, par ces mots, a commis une grave faute d’appréciation politique, économique et sociale.

Plusieurs années passées, les pompes funèbres étaient un secteur libéralisé.
La nationalisation de ces activités est intervenue parce que le pouvoir du Président Marien Ngouabi estimait, de par son orientation socialiste, qu’il fallait travailler, sur l’ensemble des domaines de la vie socio économique nationale, à ne pas alourdir les charges des populations. Une généreuse ligne politique.

Ainsi, depuis lors, les pompes funèbres sont du domaine public. Gérées par les municipalités.

Maintenant, si elles deviennent des outils majeurs permettant aux Mairies de faire face à leurs charges dont on ne comprend pas toujours les tenants et les aboutissants, l’orientation initiale du President Marien Ngouabi a perdu son sens.

Il est à redouter que la non modernisation des structures hospitalières au CHU, entraînant décès sur décès, soit considérée comme une manière complice de faire engranger de grosses recettes à la Mairie de Brazzaville, suite à ces morts qu’enregistre la morgue municipale.

Le Conseil Municipal de Brazzaville devrait être convoquée, en session spéciale, pour obtenir du Maire Christian Okemba des explications sur une telle déclaration, tout à la fois, inhumaine et honteuse.

En tout état de cause, au point où se renchérissent les enterrements au Congo, alors que le pouvoir d’achat des populations s’est considérablement fragilisé, il est utile de réétudier un retour intelligent à la libéralisation de la filière des pompes funèbres pour faire jouer, à fond, la règle de la concurrence entre opérateurs qui s’y engageraient. Et ainsi, créer l’effet d’entraînement de la baisse de leurs coûts.

Par filière des pompes funèbres, entendre morgues, cercueils, corbillards et autres accessoires y afférents. Les cimetières étant déjà privatisés.
Des morgues pourraient être rattachées aux hôpitaux où surviennent les décès, cliniques médicales privées assermentées comprises.

Il reste compris qu’une instance paritaire de régulation, pouvoirs publics- secteur privé, assurerait la surveillance du respect du cahier de charges des parties contractantes.

Paris le 11 décembre 2019
Ouabari Mariotti

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