La Banque mondiale mise sur un rebond de la croissance dans la région MENA

Les réformes des politiques publiques favoriseraient la croissance en 2019

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Les réformes des politiques publiques devraient avoir un impact positif sur la croissance des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), si l’on en croit la Banque mondiale (BM). 

En effet, malgré le ralentissement du commerce international et le durcissement des conditions de financement extérieur, l’institution financière internationale mise sur une croissance de la région qui devrait progresser à 1,9 % en 2019. 

Selon l’édition de janvier de ses «Perspectives pour l’économie mondiale », la croissance de  la région devrait être favorisée par des facteurs intérieurs tels que les réformes des politiques publiques notamment. 

En détail, « les pays exportateurs de pétrole devraient connaître une légère amélioration de la conjoncture économique cette année, la croissance collective des membres du CCG augmentant rapidement pour atteindre 2,6 %, contre 2 % en 2018 », a indiqué l’institution. 

Selon les données recoupées par la BM, ce taux devrait augmenter davantage à la faveur d’un surcroît d’investissements et de la réforme des cadres réglementaires. 

Soulignons toutefois que tous les pays de la région ne connaîtront pas la même évolution, notamment l’Iran et l’Algérie. En effet, la BM s’attend à ce que la croissance de l’Iran ralentisse, cette année, en raison des sanctions qui commenceront à peser sur l’économie de ce pays. Ainsi, elle prévoit un ralentissement de sa croissance qui se ferait au rythme de 3,6 %. 

De son côté, et en raison de la diminution progressive des dépenses publiques, qui avaient connu une augmentation considérable en 2018, l’Algérie devrait également être logée à la même enseigne. La croissance du pays devrait décélérer à 2,3 %, a prévenu l’institution. 

Les perspectives s’annoncent plutôt meilleures pour l’Egypte qui devrait voir sa croissance s’accélérer pour atteindre 5,6 % durant l’exercice 2019, selon la Banque mondiale faisant remarquer que les réformes entamées dans ce pays tendaient à renforcer le climat des affaires et à stimuler l’investissement tout en améliorant la consommation des ménages. 

Pour leur part et grâce aux réformes entreprises et à l’amélioration de l’activité touristique, les taux de croissance devraient s’établir à 2,9 % au Maroc et en Tunisie, selon les prévisions de l’institution de Bretton Woods. 
Comme nous l’avions relevé dans nos précédentes éditions, l’institution a également annoncé dans ses prévisions que la croissance du Maroc devrait atteindre au cours des deux prochaines années 3,5%. 

Ajoutons enfin, et c’est à prendre en considération, que la Banque mondiale a insisté sur le fait que « les prévisions de croissance pour la région reposent sur le double postulat que les tensions géopolitiques ne s’intensifient pas de façon considérable, et que les conflits affectant certaines économies auront des répercussions limitées sur le reste de la région ». 

Cette précision est importante d’autant plus que la balance des risques penche négativement sur les perspectives régionales. 

En effet, « de nouveaux conflits dans les économies fragiles pourraient dégénérer et porter davantage atteinte aux revenus et à l’activité économique des populations, sans parler de la santé et du bien-être de ces dernières », a prévenu la BM assurant qu’ils pourraient en outre accroître l’impact de la crise des réfugiés sur les économies d’accueil et d’origine. 

Par ailleurs, a prévenu la BM, une escalade des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran aurait des conséquences néfastes sur la région. Et pour cause : «Les facteurs géopolitiques, combinés à l’incertitude autour des volumes de production attendus des pays exportateurs de pétrole, pourraient provoquer l’instabilité des prix du pétrole », a-t-elle précisé. 

Pour l’institution, il ne fait aucun doute que des prix plus bas assombriraient les perspectives de la région, particulièrement des pays exportateurs de pétrole, alors qu’ils pourraient avoir un effet bénéfique sur les pays importateurs. 

Et ce n’est pas tout. L’autre crique à craindre viendrait du durcissement des conditions de financement à l’échelle mondiale qui pourrait affecter les pays importateurs et exportateurs de la région de la même manière. 

A en croire la BM, « le niveau élevé de la dette extérieure libellée en devises dans certains pays importateurs laisse à penser que ceux-ci risqueraient de souffrir d’une forte appréciation du dollar. En revanche, l’augmentation des dépenses de reconstruction dans les économies touchées par un conflit pourrait avoir des retombées positives sur les pays voisins », a-t-elle soutenu. 

Soulignons qu’en 2018, les dernières estimations de la Banque mondiale faisaient état d’une amélioration de la croissance dans la région qui a atteint un taux de 1,7 %. 

L’institution attribue cette évolution à l’accélération de l’activité à la fois dans les pays exportateurs et importateurs de pétrole.

Alain Bouithy

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