Les ingénieurs topographes francophones se mettent à l’heure des nouvelles technologies

Création du Collectif des femmes et du Réseau des jeunes géomètres francophones

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Le Palais des congrès de Skhirate à Rabat a abrité, du 29 novembre au 1er décembre, la 7ème Conférence des géomètres francophones, une édition marquée par la création du Collectif des femmes géomètres francophones et du Réseau des jeunes géomètres francophones.

Organisée conjointement par l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes (ONIGT) et la Fédération des géomètres francophones (FGF), cette rencontre internationale s’est déroulée à un moment particulier pour cette profession au Maroc.

En effet, elle se tenait alors que le Conseil de gouvernement venait d’adopter le projet de décret N. 2.18.493 relatif à l’application de la liste des obligations professionnelles des ingénieurs géomètres topographes.Il est à souligner que cet important rendez-vous pour la communauté d’ingénieurs géomètres topographes francophones a constitué la 7ème Journée nationale de l’ingénieur géomètre topographe.

En effet, « après Niamey, Ouagadougou, Yaoundé, Dakar, Cotonou, Abidjan et Lomé pour les 7èmes Universités de perfectionnement de la FGF, il a été décidé d’organiser l’événement en partenariat avec l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes du Maroc », a expliqué Marc Vanderschueren, président de la Fédération des géomètres francophones. Ce qui a permis une forte participation de quelque 700 personnes.

Cette manifestation, qui se tenait en ce même lieu, trois ans après les Assises nationales sur la politique foncière de l’Etat et son rôle dans le développement économique et social,  « traduit la Haute sollicitude dont Sa Majesté entoure la profession et les professionnels de l’ingénierie topographique, une sollicitude qui nous honore et nous encourage à redoubler d’efforts pour contribuer significativement et efficacement au développement socioéconomique de notre pays », a déclaré le président de l’ONIGT, Khalid Yousfi.

Organisée sous forme de master class avec des conférences, débats, sessions techniques, elle était placée sous le signe des « Technologies avancées pour des politiques foncières efficaces ».

L’événement, qui a réuni plusieurs personnalités de divers horizons dont des décideurs, élus, professionnels de l’ingénierie, opérateurs publics et privés, experts et chercheurs, a ainsi été l’occasion d’échanger sur diverses questions relatives aux technologies avancées qui sont en passe de révolutionner la société des hommes et la structure de leur économie, de plus en plus numérique, de plus en plus dématérialisée, souligneront les organisateurs.

« Le thème a été choisi pour s’aligner sur les nouveaux besoins et répondre efficacement aux nouvelles exigences opérationnelles de nos sociétés pour faciliter l’intégration des nouvelles technologies et améliorer le paradigme des politiques foncières des pays », a indiqué Moha El Ayachi, directeur de la conférence.

Un avis partagé par le président de l’Ordre des géomètres experts de Côte d’Ivoire, Aboubacar Yacouba Sonogo,  persuadé que « les nouvelles technologies sont importantes pour la profession dans ce sens qu’elles constituent un outil de facilitation de notre
travail ».

Cet ingénieur géomètre, diplômé de l’Institut national polytechnique Houphouët Boigny de Yamoussoukro,  en veut pour preuve que « le GPS et les drones nous permettent d’avoir un gain de temps considérable et d’agir de façon positive sur la gestion de nos cabinets. Grâce à la technologie numérique, ce que l’on réalisait hier en 30 jours se fait aujourd’hui en une semaine, au plus 10 jours».

A ce propos, Marc Vanderschueren rappelle que sur le continent, le Maroc est un pionnier en matière d’utilisation des nouvelles technologies dans la gestion foncière.

Outre ce sujet, les participants se sont aussi intéressés aux problématiques complexes qui empêchent encore d’avoir des politiques foncières efficaces et au rôle de cette communauté  « de proposer et de débattre des solutions possibles, dans l’ère des temps, à ces problématiques, parfois vieilles et archaïques, dans un cadre institutionnel de coopération et de concertation », a souligné K. Yousfi.

Et ce dernier d’insister sur la nécessité d’« approfondir les pistes de réflexions sur le partenariat, ses enjeux et ses dimensions, appréhender également la pédagogie et la philosophie ayant présidé à l’instauration de réseaux de formation et d’excellence et de saisir la portée de toutes les idées novatrices et fédératrices autour de la problématique du développement ».

Quoi qu’il en soi, pour Marc Vanderschueren, la tenue de cette conférence offrait l’occasion « d’optimiser les échanges entre les professionnels géomètres, le monde scientifique et académique, le monde politique et la société civile ».

Créée en 205 à Rabat, la Fédération des géomètres francophones réunit aujourd’hui 30 organisations d’ingénieurs géomètres des pays francophones de trois continents.
Cette instance, au sein de laquelle le Maroc occupe le poste de secrétaire général depuis mars 2018, est devenue le principal réseau francophone, au monde, des professionnels et enseignants qui exercent des activités s’appliquant à la mesure de la Terre, à sa représentation à toutes échelles, à la définition et l’estimation des biens, et à l’aménagement du territoire.

Précisons toutefois qu’elle n’en comptait que 27 avant cette rencontre. En effet, trois nouveaux pays ont rejoint la communauté. Il s’agit de la République des Comores, de la Suisse et du Rwanda.

Marc Vanderschueren, président de la Fédération des géomètres francophones

Le Maroc est un pionnier en matière d’utilisation des nouvelles technologies dans la gestion foncière

« Les nouvelles technologies sont d’un apport important pour le métier de géomètre. C’est quelque chose de primordial. Il faut dire que la technologie numérique ne se présente pas à nous, elle s’impose à notre profession. Et celui qui ne la suit pas, ne sera pas compétitif. A nous acteurs de la gouvernance foncière, d’intégrer ces nouvelles technologies dans notre expertise, nos compétences et notre savoir-faire.  Bien entendu, nous devons garder les valeurs qui sont les nôtres, les processus au niveau du travail et l’éthique vu que le numérique ne fait pas tout. Il reste donc d’autres processus, par exemple, juridiques, qui font partie intégrante de nos processus. Et s’agissant du Maroc, que j‘ai eu l’occasion de visiter à maintes reprises, je peux dire qu’il est un pionnier au niveau de l’Afrique. Et ce qu’il faut saluer ici, c’est l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II qui forme des ingénieurs géomètres marocains mais aussi à travers l’Afrique».

Khalid Yousfi, président de l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes du Maroc

Les technologies avancées offrent un éventail d’applications à la profession

« Nous sommes très attentifs, dans le cadre de cette francophonie intelligente et tournée vers l’avenir et le progrès, aux perspectives que nous ouvrent aujourd’hui, les technologies avancées auxquelles la communauté d’ingénieurs géomètres topographes leur réserve, en effet, un intérêt particulier au regard du large éventail d’applications qu’elles offrent dans de nombreux domaines stratégiques liés aux champs de la cartographie et du cadastre, au vaste champ de l’aménagement du territoire ainsi qu’en matière de protection du couvert végétal et de lutte contre l’ensablement et la désertification, notamment.
La profession de l’ingénierie topographique au Maroc, qui a réalisé des avancées notoires dans l’adoption et l’utilisation desdites technologies avancées, tout comme dans la valorisation du rôle de l’ingénieur géomètre topographe, dans la réalisation des projets de développement, saisit cette rencontre, pour exprimer toute l’ambition qui l’anime pour faire chemin ensemble avec tous ses partenaires du réseau des ingénieurs géomètres francophones tout comme avec les confrères des pays d’Afrique».

Aboubacar Yacouba Sonogo, président de l’Ordre des géomètres experts de Côte d’Ivoire

Nous repartons en Côte d’Ivoire avec une grande expérience

« La Côte d’Ivoire est un partenaire privilégié du Maroc depuis un certain moment et étant membre de la Fédération des géomètres francophones (FGF) et de la Fédération internationale des géomètres (FIG), c’est avec beaucoup de plaisir que nous venons dans le cadre du partage des expériences avec ce pays frère. Nous avons appris beaucoup en termes d’aménagement et de gestion de l’espace urbain qui est aujourd’hui une priorité pour la Côte d’Ivoire parce que toutes les villes sont en train d’être revues sur le plan urbaniste. Nous sommes en train de faire des schémas directeurs d’aménagement urbain pour toutes les grandes villes de la Côte d’Ivoire. Ce qui me permet de penser que ce que nous avons vu au Maroc nous inspire en tant que conseillers du ministère ivoirien de l’Urbanisme. Nous repartons donc en Côte d’Ivoire avec une grande expérience que nous avons vécue ici ».

Alain Bouithy

 

Le projet de décret relatif à l’application de la liste des obligations professionnelles des ingénieurs géomètres topographes adopté en Conseil de gouvernement

Le Conseil de gouvernement, réuni la semaine dernière sous la présidence du chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani, a adopté le projet de décret n° 2.18.493 relatif à l’application de la liste des obligations professionnelles des ingénieurs géomètres-topographes.
Présenté par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Aziz Akhannouch, le projet de décret vise à mettre en place un meilleur encadrement des règles déontologiques et éthiques du métier et des obligations professionnelles de l’ingénieur géomètre-topographe, telles que présentées et approuvées par l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes (ONIGT), a indiqué le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, dans un communiqué lu à l’issue de la réunion du Conseil, rapporte la MAP.
Ce texte concerne, en effet, l’élaboration du règlement intérieur, du guide des honoraires, de “la charte de l’ingénieur géomètres-topographe” et d’une liste des obligations professionnelles, et ce conformément à la loi n° 30.96 portant promulgation du dahir n° 1.94.125 du 14 Ramadan 1414 (25 février 1994) relatif à l’exercice de la profession d’ingénieur géomètre-topographe et instituant l’Ordre national des ingénieurs géomètres-topographes, a ajouté M. El Khalfi.
La liste prévoit des dispositions générales relatives au comportement professionnel auxquelles sont soumis tous les ingénieurs géomètres-topographes, notamment en ce qui concerne l’intérêt national, les obligations professionnelles, la préservation de l’indépendance professionnelle, le conflit d’intérêt et le respect du secret professionnel, des règles d’honneur, de dignité et de rectitude.
Ladite liste porte également sur la définition des obligations professionnelles relatives aux différentes relations concernant l’ingénieur géomètre-topographe durant l’exercice de sa profession, notamment en ce qui concerne le respect des dispositions de la loi précitée et celles de la liste des obligations professionnelles des ingénieurs géomètres-topographes, a-t-il fait savoir.
Les obligations concernent aussi l’adoption d’une conduite digne de l’appartenance à l’Ordre, la consolidation de ses informations et de ses capacités professionnelles de l’ingénieur, ainsi que celles de ses assistants, l’alignement aux valeurs du respect mutuel, de la coopération, de l’assiduité, de la protection, de l’équité, et d’honneur de l’ingénieur envers ses collègues, ses assistants, ses clients et le grand public, outre le rejet de toute activité relevant du conflit d’intérêt ou d’une concurrence déloyale, a-t-il ajouté.

 

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