IMF – Congo : un accord cache misère de la Françafrique

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Andrea Ngombet

TRIBUNE. L’accord validé entre la République du Congo et le Fond Monétaire International ce 11 juillet 2019 place la préservation de la zone FCFA Afrique centrale au dessus de l’intérêt du peuple congolais à une gouvernance crédible. Il est le résultat d’une vision à court terme qui aura pour l’Afrique et le Monde des conséquences désastreuses.

L’axe Chine – Club de Paris consolide ainsi l’agenda du recul démocratique et offre une prime à la Kleptocratie.

En effet, les responsables de la déroute économique du pays sont pour la plupart toujours aux commandes. Des individus comme Henri Djombo, Denis Christel Sassou Nguesso, Claudia Sassou Nguesso, Lucien Ebata, Jean-Jacques Bouya, Antoinette Sassou Nguesso, Wilfried Nguesso, Ondongo Gilbert, Ingoba Descalzi, Justin Koumba, Maxime et Yoan Gandzion, Denis Sassou Nguesso etc. n’ont fait malgré les révélations sur les malversations financières l’objet d’aucune enquête indépendante du parquet de Brazzaville.

Pour cet accord, l’indépendance de la justice française a été violée avec le report des mises en examen des dirigeants congolais dans l’affaire des biens mal acquis. Il est donc risible de lire la communication du FMI se féliciter d’avancer imaginaire alors que le climat politique est toujours crispé avec le refus du régime d’appliquer les avis de libération immédiate des prisonniers politiques Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa.

En ce qui concerne la mobilisation des ressources internes, le régime a asphyxié l’économie formelle et informelle avec des taxes confiscatoires ce qui a eu pour effet une aggravation de la crise. La cession de la route Pointe-Noire / Brazzaville pour 30 ans à un consortium chino-franco-congolais avec en passager clandestin le sulfureux Hubert Pendino est la marque même de l’esprit des réformes selon ce régime : une vente à la découpe du Congo où les fleurons de l’Etat sont transférés à des hommes d’affaire véreux ou à des membres du clan comme dans le cas de la société Electricité du Congo.

Au-delà de notre indignation, nous remercions chaleureusement tous ceux qui se sont battus pour que cet accord reflète au maximum l’intérêt du peuple congolais. Le FMI se ment à lui même quand il pense la présente administration capable d’engager les réformes.

Un accord a été approuvé entre la République du Congo et le FMI mais il ne résout en rien la question de l’incertitude financière. Pour résoudre cette question, il faut donner à la République du Congo un gouvernement légitime à conduire les réformes nécessaires. Pour cela nous ne pouvons pas faire l’économie d’une élection présidentielle anticipée organisée par une troïka (Nations Unies, Union Africaine et Union Européenne).

Andréa NGOMBET
Candidat déclaré à la Présidence de la République du Congo

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