Il n’y a aucune alternative crédible au dialogue politique au Congo Brazzaville

0
449
Henri Blaise Nzonza

TRIBUNE. Lors de son séjour dans la capitale congolaise, Le représentant du secrétaire général de l’Onu, François LOUCENY FALL a rencontré les responsables des partis politiques du pouvoir comme de l’opposition pour parler du dialogue politique initié par maître Martin MBERI, secrétaire permanent du Conseil National du Dialogue.

Dans une interview accordée à la presse, l’onusien a exhorté les responsables politiques congolais de tous bords politiques à ne pas poser des préalables pouvant empêcher et paralyser la tenue de ce dialogue, car il est selon lui le lieu idéal pour débattre de tous les sujets et aboutir à la résolution des différents problèmes qui minent notre pays.

Ce dialogue qui réunira les principales forces politiques et sociales du pays, dégagera sans nul doute une feuille de route susceptible de donner espoir au peuple congolais, d’assainir la gestion des finances publiques mais sera certainement aussi un dialogue susceptible de tracer les voies d’un renouveau démocratique dans notre pays.

Osons se dire la vérité et reconnaitre qu’Il y a bel et bien une volonté manifeste aujourd’hui d’aller au dialogue. Au vu de ce que notre pays a connu dans un passé récent, ne nous trompons pas, c’est le moment ou jamais de nous parler pour régler certains contentieux car après il sera trop tard. La tournure des choses, et la trajectoire de notre pays dépendront donc de notre capacité à nous parler sincèrement et dans l’intérêt du pays.

Pour la cohésion, la stabilité et la pérennisation de la paix dans notre pays, Il faut sortir de notre confort personnel et mettre les égos de côté. Avec le dialogue on peut rassurer tout le monde et convenir d’un agenda commun pour notre cher et beau pays, le Congo Brazzaville.

Le dialogue dans notre pays est de l’ordre de la nécessité. Il demeure à tout point de vue la seule alternative au règlement des divergences politiques. Aujourd’hui l’urgence est d’élaborer une solution politique ambitieuse, raisonnable et réalisable, loin des règlements de compte et des calculs étroits.

Il est connu de tous que l’autre alternative possible au dialogue semble être la violence. Or, Nous savons quel est le prix que notre population a déjà payé après des violences nées des conflits politiques. Dans notre pays, le département du pool par exemple, est dans un cycle infernal qui met la population de ce département en grande détresse et dans une situation d’insécurité et de drame. Il est urgent que le dialogue politique trouve une solution idoine pouvant permettre à ce département de vivre comme les autres départements du Congo, c’est-à-dire sans violences nées des conflits politiques. Il porte encore aujourd’hui, les stigmates de la bêtise humaine née de crises politiques successives et dont la dernière est celle du 04 avril 2016.

A l’orée de l’élection présidentielle de 2021, il devient donc impérieux de tout faire afin de permettre à la population de ce département de continuer de vivre en toute quiétude, mais surtout de ne plus tomber dans le cycle de violence récurrent dans lequel il est plongé depuis plus de 20 ans.

En toute logique, je comprends la revendication et l’étonnement de Madame Claudine MUNARI sur le nombre des représentants attribués à l’opposition dont un seul (1) membre a été attribué à la composante JM3. Je pense que ce nombre est insuffisant vu le poids politique de cette composante, à comparer avec le quota donné aux partis politique du centre qui n’ont presque aucune influence et poids politiques dans notre pays. Mais je ne comprends pas le préalable paralysant du dialogue consistant à conditionner leur participation à la sortie des prisonniers politiques avant tout dialogue et le fait de ne pas aussi exiger la présence du révérend pasteur NTUMI à ce grand rendez-vous politique alors que tout le monde connait le rôle et l’influence de celui-ci dans le département du Pool. En quoi la présence à ce dialogue des prisonniers politiques sera-t-elle plus importante que celle du pasteur NTUMI dont les hommes (ex- Ninjas) attendent encore la concrétisation du programme de réinsertion?.

Le dialogue n’est-il pas l”espace approprié pour aborder et régler le problème des prisonniers politiques? Si la condition de la libération des prisonniers politiques n’est pas remplie, l’opposition congolaise boycottera -t-elle encore le dialogue ou elle enverra encore les jeunes dans la rue comme ce fut le cas le 20 octobre 2015 lors du débat et le vote sur le référendum du 25 octobre 2015 avec les conséquences que tout le monde connait en termes de perte en vie humaines à Bacongo et à Makélékélé ? Le peuple congolais en a assez de ces divergences politiciennes qui le prennent en otage.

Depuis que notre pays connait une crise née de la contestation, par une partie de l’opposition, des résultats de l’élection présidentielle du 20 mars 2016, nous sommes aujourd’hui plus proche que jamais d’une solution, et les conditions du règlement de la crise sont à notre portée plus qu’elles ne l’ont été durant les trois années passées.

Le dialogue national est désormais plus qu’un choix, il est devenu une nécessité vitale dont dépend l’intérêt suprême de notre nation.

Le dialogue politique ne sera que le début d’un parcours et non sa fin, il doit devenir une norme à pérenniser dans notre pays. Pour l’avenir du Congo, la seule alternative au dialogue devrait être le dialogue et non pas les crises politiques à répétition ponctuées des joutes verbales et la violence .

Le Congo d’abord, le Congo pour toujours.

Fait à Paris le 16 Novembre 2019
Henri Blaise NZONZA

LAISSER UN COMMENTAIRE