Il était une fois “Maître Taureau”, figure mythique congolaise de la musique, du spectacle et du sport

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L’inspirateur de la variété musicale. Chanteur, danseur, sportif, producteur et animateur culturel, “Maître Taureau” de son vrai nom François Ngombe Baseko a consacré toute sa vie à la chanson, au spectacle et aux autres. Il était devenu l’un des visages les plus populaires de la musique congolaise moderne. Il est décédé à l’âge de 94 ans, le lundi 16 Mai 2016 à 00h10 à Kinshasa.

Issu de la région des grands musiciens

Très souvent en avance sur son époque, François Ngombe “Maître Taureau”, originaire de Bolobo (Bandundu)  s’est illustré très jeune aux sonorités congolaises des années 50, à la danse, au sport et à l’animation culturelle tout azimut. 

Le groupe Vastoria en 1944 – Les Associations “La Reine Politesse” et “Filles modernes”

Il fut l’un des plus grands danseurs de Léopoldville des années 40 et 50 (au même titre qu’Emile Gentil Okemba à Brazzaville) Musicien, fondateur du groupe Vastoria en 1944. Ce groupe musical va particulièrement servir de base à l’orientation des garçons et filles vers l’apprentissage des danses modernes comme le Rock, le tango, le boléro, la valse, etc… Deux associations de femmes animatrices et talentueuses danseuses marqueront cette période : “La reine Politesse” de Germaine Ngongolo (Maman de “Mère Eve”, une des pionnières de la danse tradi-moderne congolaise à Brazzaville) et le Groupe “Filles modernes” de Pauline Bibi dit “La Comtesse” (épouse du tenancier de OK Bar : Gaston Germain Cassien).

Une des premières vedettes des Editions Loningisa en 1952

Musicien, “Maitre Taureau” intègre la firme Loningisa de l’éditeur grec Papadimitriou en 1952 et en devient une des grandes vedettes. Parmi ses meilleurs succès enregistrés, on compte “Albertine mokonzi ya bar”, “Taureau alobi”, “Kalaka”, “Kongo ya sika“, “Nzungu te”, “Likambo eluki nganga”… Il fut avec Henri Bowane les brillants animateurs des spectacles au “Parc de Boeck”, (aujourd’hui parc du zoo) célèbre scène d’attractions de Léopoldville à l’époque.

Animateur socioculturel de grande envergure

Concours de danses, élections de miss (il a emmené pour la 1ère fois Miss Congo à l’élection Miss Univers en 1969 aux Etats-Unis), défilés de mode, pièces de théâtre, animateur sportif (un des premiers joueurs du club Daring Motema pembe, crée en 1936 par le Père Raphaël de la Kethulle) comptent parmi les nombreuses activités  promotionnées par l’homme à tout faire qu’était “Me Taureau”.

Tout au long des années après l’indépendance, “Me Taureau” s’est créé d’autres activités comme tenancier d’un Bar-dancing à Yolo Sud, promoteur et encadreur des jeunes orchestres comme “Stukas Boys” de Lita Bembo, “Continental”, “Emancipation”(constitué uniquement des artistes féminins) et un groupe de théâtre.

Les actions caritatives de “Me Taureau”

“Me Taureau” est demeuré dynamique jusqu’à un âge avancé, pour avoir mis en place des activités non lucratives qui avaient pour but de venir en aide aux personnes démunies, précisément, le recueillement des enfants déshérités, tout comme l’association “Sambole”, pour l’émancipation de la femme congolaise.

Reconnaissance de la Nation congolaise

“Me Taureau” fait partie des 90 artistes décorés du “Prix national de mérite de la culture et des arts”, dans l’ordre de commandeur, le 29 décembre 2015, par le président de l’Assemblée nationale de la RDC, au nom du Président de la République, Joseph Kabila Kabange.

Clément Ossinondé

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