Global Witness : « Denis Christel Sassou-Nguesso a profité de plus de 50 millions de dollars provenant du Trésor congolais »

L’argent aurait été utilisé pour des paiements réalisés auprès d'entreprises basées en Pologne, au Portugal, en Espagne et en Suisse

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Denis Christel Sassou-Nguesso. DR

ANTIVALEURS. Dans une nouvelle enquête, Global Witness accuse Denis Christel Sassou-Nguesso, le fils du Président de la République du Congo, davoir détourné plus de 50 millions de dollars de fonds publics, précisément du Trésor congolais, pour son bénéfice personnel.

D’après cette ONG, spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption politique qui l’accompagne, l’argent détourné aurait été acheminé à travers six pays européens, ainsi qu’à travers les États-Unis et les Îles Britanniques.

Au centre d’une enquête portugaise sur la corruption et le blanchiment d’argent au Congo, José Veiga, un homme d’affaires controversé, aurait joué un rôle clé au sein de cette affaire, selon les conclusions de ses investigations.

A en croire cette dernière, Denis Christel Sassou-Nguesso et José Veiga auraient mis en place un système présumé de blanchiment d’argent en utilisant des juridictions secrètes, des sociétés fictives et un faux contrat de travaux publics pour dissimuler l’origine des fonds.

Pour Global Witness, il ne fait aucun doute que « cette manœuvre reflète le modèle et la structure d’un arrangement utilisé à peu près à la même époque par la sœur de Denis Christel Sassou-Nguesso, Claudia Sassou-Nguesso », responsable de la communication présidentielle et, comme son frère, membre du parlement congolais.

Pour rappel, dans une enquête précédente (avril 2019), l’ONG avait révélé le détournement par Claudia Sassou-Nguesso de près de 20 millions de dollars de fonds publics et l’utilisation par celle-ci d’une partie de somme pour acheter un appartement de luxe dans le Trump International Hotel and Tower à New York.

Revenant à sa récente enquête, elle affirme que « les documents examinés par Global Witness retracent l’extorsion de plus d’un demi-milliard de dollars du Trésor congolais et le transit de sommes de plusieurs millions de dollars, représentant au total plus de 50 millions de dollars, par des sociétés dans l’État américain du Delaware et les Îles Vierges Britanniques, avant d’atteindre Chypre ».

Au fil de ses enquêtes, Global Witness se serait rendu compte que « les entreprises chypriotes secrètement détenues par Denis Christel Sassou-Nguesso ont reçu de l’argent, que celui-ci a ensuite utilisé pour effectuer des paiements à des entreprises installées en Pologne, au Portugal, en Espagne et en Suisse ».

Chargée de Campagne chez Global Witness, Mariana Abreu explique : « en retraçant le parcours de l’argent, nous avons constaté qu’il avait été acheminé à travers de nombreuses juridictions telles que l’Union Européenne et les États-Unis, qui s’enorgueillissent d’avoir des réglementations solides en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. »

Adrien Thyg

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