Gérard BITSINDOU, l’Artiste Musicien

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Gérard Bitsindou (droite) et Los Rumbamberos -1965 debout deg.à dr.Matingou-Amoyen-N'Kouri-Bitsindou-Accroupis Bemba-Massengo.

Si le pulic congolais pleure en Gérard BITSINDOU, un bon parent, un administrateur et un homme d’Etat émérite, Cependant, les artistes musiciens congolais pleurent la perte d’un chanteur-compositeur qui a marqué dans l’ombre quelques aspects de l’évolution de la section rythmique de l’African Jazz dans les années 60.
Il était empreint d’une grande originalité dont l’élément mélodique était prépondérant, comme dans « L’Amore », « Lolita », deux compositions signées Club Kallé, avec l’accompagnement de l’African Jazz.

Le goût du romantisme le conduit à composer en espagnol. Réservant toute son attention à ses prouesses vocales, son style se caractérise par la simplicité de la mélodie dont le thème des chansons sont demeurées profondément romantiques.
Gérard BITSINDOU est celui qui le premier a créé le lien avec Joseph KABASELLE, son ami, avant de mettre sur pied le « CLUB KALLE », et le groupe RUMBAMBEROS »
En effet, en 1963, grâce à ses relations personnelles, Joseph KABASELLE entre en contact avec des Brazzavillois qui ne cachent pas leur sympathie pour sa carrière. Parmi eux Gérard BITSINDOU, de son état administrateur du travail, et incomparable mélodiste qui aurait pu se faire un grand nom dans la musique congolaise de variétés.
Rendez-vous est pris avec les autres têtes d’affiche de l’African Jazz à Brazzaville. Nico KASANDA reconnait volontiers tout ce qu’il doit à la cithare de Sylvain BEMBA des Rumbamberos, influences décelables dans ce que le Docteur NICO a produit au sein de l’African Fiesta où il a véritablement fait une guitare de rêve. Ce dernier aurait effectué un séjour d’apprentissage à Brazzaville. Au moins, treize œuvres (pour citer Mfumu Fylla) de l’orchestre Rumbamberos auraient été enregistrées par l’African Jazz, au moment de leurs relations musicales.

La création du « Club Kallé » et du groupe Rumbamberos de Brazzaville avait pour objectif de contribuer à l’épanouissement de l’œuvre de Joseph KABASELLE. Son soutien moral et culturel.
Le groupe Rumbamberos en 1965, au moment de ses relations musicales avec le grand African Jazz de KABASELLE, avec sa cithare qui a inspiré de belle manière KASANDA le « Docteur Nico », était composé de : Gérard BITSINDOU, Sylvain BEMBA, Prosper N’KOURI, Firmin TEMBE, Clément MASSENGO, BIBANZOULOU « Amoyen », et MATINGOU ; Le groupe Rumbamberos est précisément né en Juillet 1965.
Un peu plus tard, à la création de l’orchestre LE PEUPLE du trio CEPAKOS en Septembre 1972, Gérard BITSINDOU, en bon connaisseur de la chanson congolaise va contribuer au succès bien mérité de cet ensemble. Avec lui Patrice WALEMBO « Ndzay », et autres.

Gérard BITSINDOU, président de la Cour constitutionnelle du Congo est décédé à Paris (hôpital américain de Neuilly) dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 août des suites d’une maladie. Evacué en France fin juin, il avait été l’un des grands absents des festivités commémorant la fête nationale à Kinkala le 15 Août dernier.

« Enfin la cithare s’est tue ! Laissez-nous l’appeler ainsi ! Car il fut un artiste, et ce qu’il fut, il le fut par l’art. Les épines de la vie l’avaient profondément blessé, et comme le bateau qui a perdu le rivage, il chercha refuge dans tes bras, ô Toi frère souverain du Bon et du Vrai, baume de la douleur, toi l’Art venu du ciel ! A toi se cramponna, et même quand était close la porte par laquelle tu gagnais son intérieur et lui parlais, lorsque son oreille sourde l’avait rendu aveugle à ton visage, il continua de porter dans son cœur ton image, qu’au moment de mourir il avait encore en lui. Il fut un artiste, et qui peut se mettre sur les rangs, a côté de lui ?
Il fut un artiste, mais un homme également, un homme à tous les sens, au plus haut sens du mot. Ainsi fut-il, ainsi fut sa mort, ainsi vivra-t-il jusqu’à la fin des temps. Vous ne l’avez point perdu, vous l’avez gagné. Aucun vivant ne pénètre dans l’enceinte de l’immortalité. Le corps doit périr pour que ses portes s’ouvrent. Celui que vous pleurez se trouve désormais parmi les grands de la nation, intangible à jamais. Tristes, mais résignés ! Et chaque fois que vous saisit l’élan, la force de ses créations, chaque fois que l’enthousiasme vous inonde, au milieu de ceux qui ne sont pas encore nés, souvenez vous de cette heure là, et pensez : nous y étions, lorsqu’on le mit en terre, et quand il mourut, nous pleurâmes » … (Franz Grillparzer)

Adieu l’artiste

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