Gabon : huit personnes arrêtées dans le cadre d'une opération anticorruption

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Vue de Libreville, la capitale du Gabon, en janvier 2017. © Mike Hutchings, Reuters.

Régulièrement pointé du doigt pour des affaires de détournement de fonds, le Gabon est le théâtre d’un feuilleton politico-judiciaire depuis plusieurs semaines. Jeudi, huit personnes ont été interpellées pour corruption et détournement de fonds publics.

Une vaste opération anticorruption secoue le Gabon et les têtes tombent les unes après les autres. Huit personnes ont été placées sous mandat de dépôt, a annoncé jeudi 28 novembre le procureur de Libreville, André Patrick Roponat.

“Des poursuites sont exercées contre des compatriotes pour des faits de détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux (…) Il y a huit personnes qui ont été placées en détention préventive à la maison d’arrêt, et d’autres en liberté provisoire”, a annoncé le procureur dans une déclaration diffusée à la télévision nationale.

Dans ce pays d’Afrique centrale régulièrement pointé du doigt dans des affaires de détournement de fonds, un nouveau feuilleton politico-judiciaire a éclaté il y a quelques semaines. D’une ampleur inédite cette fois, car touchant l’entourage de l’ancien homme fort de la présidence gabonaise, Brice Laccruche Alihanga. Il a été limogé le 7 novembre du poste de directeur de cabinet de la présidence d’Ali Bongo Ondimba, fonction qu’il occupait depuis plus de deux ans.

Des interpellations en série 

Après lui, une vingtaine de personnes ont été interpellées, notamment l’ancien directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAMGS), Renaud Allogho Akoue, mais également le directeur de la communication présidentielle, Ike Ngouon, considéré comme le bras droit de Brice Laccruche.

Aujourd’hui simple ministre, ce dernier fait profil bas, alors qu’il n’avait cessé de gagner en influence depuis l’accident vasculaire cérébral du président Bongo en octobre 2018. Mais l’étau semble se resserrer, avec la publication mercredi d’une double page dans le quotidien progouvernemental l’Union affirmant que plus de 85 milliards de francs CFA (129 millions d’euros) se sont “volatilisés” ces deux dernières années au sein de la Gabon Oil compagny (GOC). Une entreprise publique gérée par un certain Patrichi Tanasa, proche de Brice Laccruche, en garde à vue depuis lundi. 

L’enquête de l’Union cible notamment la Dupont Consulting Compagny, une société privée dont les administrateurs se trouvent être l’actuel ministre de l’Énergie, Tony Ondo Mba, et le frère de Brice Laccruche, Gregory. Ce dernier a été interpellé mercredi, a indiqué à l’AFP une source proche du pouvoir.

France24

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