« Les Frères MAKOUAYA », les nouveaux maîtres congolais de la diaspora

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Les Frères MAKOUAYA dans Kitoko
LE PARI DES « FRERES MAKOUALA »
De tradition et de sensibilité bantoue, les nouveaux chantres du Congo profond se révèlent dans une forme éblouissante dans leur premier album : « Kitoko ».Cet album constitue une exceptionnelle réussite et, surtout, un espoir – pour le chant original…. – D’abord, il se distingue de la production « courante » par sa cohérence, évidente à tous les niveaux, de la conception à la réalisation et jusqu’aux prolongements qu’il annonce. (A ce propos, il convient de souligner l’importance des deux frères MAKOUAYA, responsables ici de la plupart des arrangements, donc en grande partie, de cette cohérence). De fait l’on chercherait en vain dans cette suite une ombre de gratuité, que ce soit du point de vue de l’instrumentation, des références thématiques, des influences ou même du point de vue de l’improvisation, particulièrement lorsqu’elle atteint un degré paroxystique.

Onze titres, d’emblée, nous révèlent avec précision les intentions du duo MAKOUAYA : nous raconter à sa manière « le soleil couchant au village », « l’ambiance musicale à Brazzaville », « le fleuve est une route, » « la tombe d’un fossoyeur », « les caractéristiques des mangroves congolais », « ce que c’est qu’un « Béti Bantou »…. Au demeurant, le chant s’inscrit ici comme couleur instrumentale, cela grâce aux intonations et à la flexibilité des voix des frères « Makouaya ». Un album-halte, en somme, qui prouve que le palier atteint est déjà respectable. Voilà de la musique confortable ; on s’y sent bien comme chez soi.

RETOUR SUR LES ENFANTS PRODIGES

Musiciens et conteurs, Christian et Amour MAKOUAYA sont également Luthiers (guitare) et fabricant de divers instruments de musique africains. Notamment, ceux qu’ils utilisent ; la Sanza (likembe ou kalimba), la guitare, et les percussions.

Ayant grandi dans un foyer musical, ils sont très tôt initiés aux arts « Kôngo » de la sanza, du chant et du conte. Ils bénéficient d’une très bonne formation auprès de leur grand père DEPEO, un des précurseurs de l’usage de la sanza dans la musique congolaise moderne. Avec lui Antoine MOUNDANDA, un autre virtuose de la sanza, un des grands détenteurs de cette tradition séculaire, vulgarisée à travers le monde, grâce à son groupe légendaire « Likembé Géant ». Cependant, jouer de la sanza c’est bien, mais arriver à la fabriquer soi-même, c’est merveilleux. C’est à quoi, les frères MAKOUAYA ont appris à fabriquer auprès des artisans de leur descendance MABAYA et Jacques MALANDA qui leur ont révélé les dessous de la fabrication des instruments de base de la musique traditionnelle congolaise.

Anciens étudiants à l’Université Marien NGOUABI de Brazzaville, où ils ont étudié la Civilisation et la Littérature, ils bénéficieront plus tard d’une bourse de L’UNESCO en France, pour suivre une formation de Lutherie orientée vers les guitares acoustiques, électriques, électro-acoustiques et basse.

Les frères MAKOUAYA qui ne sont plus revenus au Congo, animent depuis 2004, les ateliers de pratique instrumentale à la Cité de la Musique de Paris, dans le cadre du programme pédagogique des musiques à transmission orale. Depuis, ils partagent leur temps entre les concerts, les spectacles de contes qui font toujours salle comble, et le travail du bois en tant que luthiers.

« KITOKO » leur premier album est dans les bacs depuis juin 2012

Contact : cyriaquebassoka@hotmail.com

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