François Louncény Fall: la crise du Pool a fait à ce jour 81.000 déplacés

Le Guinéen est le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique centrale

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Le Guinéen François Louncény Fall est le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique centrale. unmissions.org

La crise qui secoue le département du Pool depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso en avril 2016 a fait à ce jour 81.000 déplacés, selon le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, François Louncény Fall.

Le diplomate Guinéen, qui présentera le mardi 13 juin courant le dernier rapport du secrétariat général de l’ONU sur la sous-région devant le Conseil de sécurité de l’ONU, était l’invité de RFI.

« La situation devient de plus en plus grave dans cette zone. Il y a aussi plusieurs districts de la région du Pool qui ne sont pas accessibles à l’humanitaire, et on craint une crise alimentaire. Une malnutrition nous a été signalée, nous sommes très préoccupés par cette situation et aussi par les centres de santé qui ne fonctionnent pas », a déclaré à RFI François Fall.

Dans cet entretien, il a aussi affirmé que « depuis, il n’y a pas eu encore de troupes des Nations unies qui ont pu y avoir accès. Y compris le PAM (Programme alimentaire mondial), le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) et les organisations des droits de l’Homme », estimant qu’il y a beaucoup de problèmes.

Outre la situation humanitaire préoccupante, François Fall évoque aussi la question des violations des droits de l’homme qui serait. Et pour cause, « de nombreux témoignages de déplacés – de nombreux déplacés – font état d’exactions commises par les partisans du pasteur Ntumi, mais aussi et surtout par les forces armées congolaises », a-t-il souligné.

Même s’il assure avoir lu beaucoup de rapports venant des ONG, le diplomate reconnait qu’« il nous est très difficile de confirmer ou d’infirmer. Ce que je peux dire c’est qu’il y a près de 81 000 déplacés de la zone et ce déplacement continue, du fait de l’insécurité qui ne cesse de croître. Donc, il y a lieu de s’inquiéter sur les droits de l’homme à l’intérieur du Pool », a-t-il affirmé.

Face à tous les récits d’exactions attribuées notamment à l’armée congolaise, il a estimé que s’il y avait l’accès, « je pense qu’on aurait fait la lumière sur toutes ces questions. Et cela est de l’intérêt aussi bien du gouvernement congolais, des populations que de la communauté internationale ».

François Fall pense que le gouvernement devrait aussi beaucoup plus communiquer sur la situation du Pool, et non pas laisser les ONG seulement dire ce qu’elles veulent. Ce qui est certain, a-t-il soutenu, c’est que le gouvernement seulement n’est pas le seul à intervenir militairement.

En effet, il a expliqué qu’« il y a aussi les troupes de Ntumi qui sont en état de rébellion et qui tiennent les populations en otage, il faut le dire également. Et il faut trouver une solution à cela ».

Une solution qui ne serait sans doute pas militaire d’autant que les Nations Unies ne sont pas pour cette option. « Le gouvernement m’a dit qu’il était en rébellion, qu’il devait sortir et se présenter devant les juridictions pour être jugé. Nous, ce que nous recommandons, c’est que cette voie-là soit trouvée rapidement, pour que les combats puissent cesser dans cette zone et que les populations soient préservées. Ils ont déjà réglé le problème du Pool dans le passé. Je pense que le gouvernement doit pouvoir le faire », a-t-il rappelé.

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