Le FMI exhorte le Congo à faire des réformes « fortes et immédiates » en matière de gouvernance

L’accumulation d'arriérés de l'État met en péril l'activité du secteur privé, selon le Fonds monétaire international

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Brazzaville, capitale du Congo.

Les autorités congolaises devront faire des réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance pour ancrer les attentes d’un changement positif dans la gestion des ressources publiques, a estimé le Fonds monétaire international (FMI).

A l’issue d’une visite qu’il a effectuée récemment à Brazzaville à la tête d’une mission du FMI, Abdoul Aziz Wane a indiqué que « ces réformes devraient inclure la mise en place d’un ensemble d’organes indépendants de lutte contre la corruption, la déclaration d’actifs pour les hauts fonctionnaires, la mise en place et le renforcement de mécanismes de contrôle de certaines structures publiques, notamment les sociétés pétrolières publiques et les grands projets d’investissement ».

Saluant l’intention du gouvernement d’approuver début 2018 une étude sur la gouvernance qui guidera les futures réformes, il a noté que les autorités et la mission ont fait des progrès dans la formulation de politiques macroéconomiques et structurelles à moyen terme qui pourraient être soutenues par le FMI.

Abdoul Aziz Wane a, en outre, affirmé que « la mission accueille favorablement le projet de budget pour l’exercice 2018, qui contribuera à rétablir la viabilité budgétaire et la stabilité extérieure régionale, tout en augmentant le soutien aux groupes vulnérables, dont les femmes ».

Dans une déclaration rendue publiques dernièrement, ce cadre de Fonds monétaire a affirmé que la mission a également pris note des mesures envisagées par les autorités pour restaurer la viabilité de la dette à moyen terme et a indiqué qu’« elle a encouragé les autorités à finaliser le recrutement de conseillers juridiques et financiers à cet effet ».

En dépit des progrès relevés par l’institution, le FMI a toutefois indiqué que  l’économie du Congo continue de subir les contrecoups de la baisse des prix du pétrole, d’une dette insoutenable et des faiblesses dans la gouvernance.

L’institution de Bretton Woods a estimé qu’« une récession plus profonde de l’économie non pétrolière en 2017 – avec une baisse de 9,2% – nuit aux segments les plus vulnérables de la population ».

Autre constat relevé par le FMI, c’est que l’ajustement budgétaire soutenu entrepris depuis 2015 a réduit les déséquilibres économiques, mais ces derniers restent toutefois importants du fait que les marges budgétaires du gouvernement sont presque épuisées.

Par ailleurs, le FMI a déclaré que « l’accumulation d’arriérés de l’État met en péril l’activité du secteur privé, contribuant aux pénuries de liquidités bancaires et compromettant la provision des services sociaux », soulignant que la faiblesse des organismes de lutte contre la corruption et des statistiques limite la mise en œuvre des lois et règlements, et augmentent les vulnérabilités économiques.

Au terme de la mission, Abdoul Aziz Wane a assuré les autorités congolaises de ce que l’équipe du FMI continuera à travailler avec elles au cours des prochaines semaines dans plusieurs domaines, notamment sur le rétablissement de la viabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et le financement adéquat du programme.

Il a aussi promis qu’« un arrangement financier visant à soutenir le programme économique du Congo sera discuté au niveau du personnel du FMI » une fois ce travail achevé et que celui-ci sera proposé pour examen au Conseil d’administration du FMI.

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